Brigades moudjahidines

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Les brigades moudjahidines (arabe : كتائب المجاهدين) sont la branche armée du Mouvement moudjahidine palestinien arabe : حركة المجاهدين الفلسطينية). Les brigades opèrent dans les territoires palestiniens occupés de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jénine.

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Brigades moudjahidines
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Ailes politique et militaire

Son aile politique est le Mouvement moudjahidine palestinien (arabe : حركة المجاهدين الفلسطينية)[note 1]. Il s'agit de l’une des factions islamistes les plus influentes parmi les combattants palestiniens de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

Les brigades moudjahidines constituent l'aile militaire. Elles opèrent indépendamment du Hamas, mais collaborent étroitement avec les combattants de la branche armée du Jihad islamique palestinien, les brigades Al-Qods[1],[2].

Martyrs de l'intérieur occupé

Ce mouvement possède une autre division armée, appelée l'unité des « martyrs de l'Intérieur occupé » (arabe : شهداء الداخل المحتل), ou « Dāham » (داهم)[3]. Cette unité est spécialisée dans les attaques en Israël, à l'intérieur de la Ligne verte[3]. Le Long War Journal indique que le groupe est actif en Cisjordanie[4].

Leur logo représente un oiseau de proie tenant une matraque[4].

Groupe des Califes bien guidés

Ce nom fait référence aux quatre premiers califes de l'islam (Abou Bakr, Omar, Othman et Ali), considérés comme « bien guidés ». Les brigades moudjahidines promeuvent souvent ou soutiennent un groupe religieux palestinien appelé les « Califes bien guidés » (مجمع الخلفاء الراشدين الدعوي)[5],[6].

Histoire

L'organisation est fondée par Omar Abou Charia (arabe : عمر أبو شريعة)[7],[8],[9] en 2006[7], ou en 2001, au début de la seconde Intifada[8],[10].

Les brigades moudjahidines – et leur aile politique – ont commencé comme une faction dissidente du mouvement Fatah. Avant la scission, l'organisation était connue sous le nom de brigade du martyr Jamal Al-Amari et faisait partie des brigades des martyrs d'Al-Aqsa du Fatah[note 2]. En grandissant, elle a changé de nom, passant de bataillon moudjahidines (كتيبة المجاهدين) à brigades moudjahidines (arabe : كتائب المجاهدين)[12].

Au moment de leur création, les brigades comptaient environ 2 000 combattants, avant que leur nombre n’augmente par la suite. Leur effectif actuel est inconnu[13].

Direction

Davantage d’informations N°, Nom ...
Dirigeants des brigades moudjahidines
Nom Prise de fonctions Fin de fonctions Cause du décès
1. Omar Abou Charia 2006 Avril 2007 Mort des suites de ses blessures plusieurs mois après avoir été touché par une frappe aérienne israélienne en 2006[14].
2. Assad Abou Charia 24 avril 2007 7 juin 2025 Tué par une frappe aérienne israélienne en 2025[15].
3. Ali Saadi Wasfi al-Agha 7 juin 2025 20 juin 2025 Tué par une frappe aérienne israélienne en 2025[16].
4. Mousbah Salim Mousbah Dayyah 20 juin 2025 3 septembre 2025 Tué par une frappe aérienne israélienne en 2025[17].
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Activité armée

Les brigades moudjahidines revendiquent des affrontements directs avec Israël et collaborent régulièrement avec d'autres groupes combattants palestiniens.

Les brigades ont pour mission principale de mener des actions de guérilla armée contre Israël, en combinant combats directs et tirs de roquettes. Leurs activités s'inscrivent dans le cadre du conflit plus vaste entre Israël et les groupes armés palestiniens[18]. Elles organisent des entraînements militaires et des exercices dans la bande de Gaza, destinés à améliorer les compétences de leurs combattants et à préparer des opérations offensives contre des objectifs israéliens[18].

Au cours des années, le mouvement a rejoint le gouvernement dirigé par le Hamas à Gaza et a collaboré avec lui dans le cadre d'opérations, en apportant un soutien en armes et en entraînement[19].

Projets d'enlèvement d'otages en 2012

En 2012, une cellule du mouvement basée à Hébron et dans la bande de Gaza a élaboré un projet d'enlèvement d'un citoyen israélien, visant à s'en servir comme levier pour négocier la libération de ses membres détenus en Israël[20].

Crise israélo-palestinienne de 2021

Les brigades moudjahidines ont pris part à la crise israélo-palestinienne de 2021[21].

Guerre de Gaza de 2023-2025

Les brigades moudjahidines ont pris part à la guerre de Gaza, menant des attaques contre les forces israéliennes dans l'enveloppe de Gaza, la bande de Gaza[22],[23] et la Cisjordanie[22],[23]. Elles ont participé aux attaques du 7 octobre 2023 orchestrés par la branche armée des brigades al-Qassam du Hamas[24],[25],[26].

Couverture médiatique

Pendant les premiers mois de la guerre de Gaza, les brigades moudjahidines sont largement passées inaperçues dans les médias, jusqu'à ce que leurs vidéos soient diffusées début 2024 sur des chaînes d’information en arabe telles qu'Al Jazeera et Al Araby. Dans certaines de leurs vidéos de propagande, les brigades utilisent un triangle bleu pour marquer les cibles[27],[28],[29], contrairement au triangle rouge utilisé dans celles des brigades Al-Qassam[30],[31],[32].

Ciblages des familles de dirigeants

Les leaders et fondateurs du mouvement des moudjahidines palestiniens proviennent des familles Al-Hasayna (arabe : الحساينة) à Gaza, avec des racines bédouines. Le , les habitations de ces deux familles ont été détruites lors d'une frappe aérienne, qui aurait fait 93 victimes palestiniennes[33],[34],[35]. Aucune des parties impliquées n'a reconnu avoir ciblé ces lieux, et seules des pertes civiles ont été rapportées[33],[34]. Le même jour, Assad Abou Charia, secrétaire général du mouvement, annonce que de nombreux membres de sa famille proche et élargie ont été tués dans ces frappes. Parmi les victimes figurent l'épouse et les enfants du chef du mouvement, son frère aîné Bassam Attia Abou Charia, ainsi que plusieurs autres membres de sa famille[36],[37]. Le groupe a aussi précisé que la famille du leader avait déjà été visée au début du conflit, entraînant la mort de sa sœur ainsi que de trois générations de sa parenté[38],[39].

Enlèvement de la famille Bibas

Les brigades moudjahidines ont détenu trois membres de la famille Bibas en otage à Khan Younès[25]. Cette information fut confirmée par des images de vidéosurveillance recueillies sur place[24],[25],[40].

Le , Shiri Bibas et ses deux jeunes enfants, Ariel (4 ans) et Kfir (9 mois), ont été enlevés du kibboutz de Nir Oz. Kfir Bibas est le plus jeune otage enlevé puis détenu par les groupes armés de Gaza[41]. Certaines sources rapportent que des civils auraient participé à l'attaque contre Nir Oz[42]. Tsahal a d'abord attribué l'enlèvement au Hamas, puis a indiqué que les otages étaient entre les mains « d'un autre groupe », après leur exclusion de l'échange de prisonniers israélo-palestinien de [26].

Les brigades ont clairement revendiqué l'enlèvement initial de la mère et de ses deux enfants de la famille Bibas[43]. Yarden Bibas, quant à lui, a été capturé séparément par des combattants du Hamas[44]. La famille disposait d'une arme à feu pour se protéger, mais elle n'a pas suffi face à des combattants armés[45].

En , l'organisation déclare sur les réseaux sociaux détenir la famille Bibas[1].

Le , pendant les négociations sur les otages, le Hamas affirme que Shiri Bibas et ses enfants ont été tués lors d'une frappe aérienne israélienne pendant leur captivité[46],[47],[48]. En , l'armée israélienne indique ne pas être sûre que le Hamas détienne les trois otages[49]. Le , une vidéo est diffusée montrant Shiri et ses enfants toujours vivants, quelques jours après leur enlèvement, probablement dans le sud de Gaza[50]. Les brigades al-Qassam publient une vidéo où Yarden Bibas apprend que sa famille est morte[51]. Le Hamas propose de rendre les corps, mais Israël ne répond pas[52].

Les déclarations des brigades moudjahidines sont restées largement méconnues en dehors d'Israël et du monde arabe, mais une communication ultérieure de l'armée israélienne a suscité une attention internationale en . Des images de vidéosurveillance captées à Khan Younès ont permis de confirmer que la famille Bibas était bien retenue par les brigades moudjahidines[24],[25],[41].

Le Hamas n'a jamais publié de photos ni fourni d’autres preuves indirectes, mais en , l'organisation propose de remettre les corps des trois otages ainsi que Yarden Bibas, encore en vie, pour des raisons humanitaires. Israël refuse cette offre, la qualifiant de « guerre psychologique »[51],[53].

Le , Abou Bilal, porte-parole des brigades moudjahidines, confirme que trois membres de la famille Bibas ont péri dans une frappe aérienne israélienne environ trois semaines après leur enlèvement le [54],[55],[56]. Il accuse Netanyahou d'avoir « délibérément visé ces otages avec les missiles de son armée afin d'éviter de payer le prix de leur libération »[55],[57],[58],[59].

En , le Hamas propose de libérer Yarden Bibas pour les funérailles[53], offre refusée par Israël. Yarden restera à Gaza 14 mois supplémentaires. Lors de sa libération début 2025, Tsahal déclare ne pas pouvoir confirmer si les autres membres de la famille sont encore vivants ou décédés, tout en demandant au Hamas une clarification de leur situation[60],[61],[62]. Selon l'accord de cessez-le-feu, les femmes et enfants vivants doivent être libérés en priorité, les corps des personnes décédées étant remis en dernier[62].

Le , le Hamas annonce que les corps des membres de la famille Bibas seront remis dans le cadre de la libération des otages décédés, conformément aux termes du cessez-le-feu[63],[64],[65]. Toutefois, certains rapports indiquent que le Hamas aurait choisi de restituer les corps de la famille Bibas en premier, peut-être même de manière anticipée. Le négociateur Khalil al-Hayya déclare que le mouvement « a décidé de remettre quatre corps jeudi, parmi lesquels ceux de la famille Bibas »[66].

Lors de la restitution des corps de Shirin Bibas et de ses enfants, les brigades moudjahidines ont déclaré être à l'origine de leur enlèvement et ont réaffirmé que la famille a été tuée par l'armée israélienne[67]. Malgré cela, certains grands médias occidentaux ainsi que des figures de l'extrême droite américaine ont, à tort, affirmé que la famille avait été capturée par le Hamas, une affirmation contredite y compris par les sources israéliennes[24],[25].

Après le retour des corps en Israël et leur analyse médico-légale, des responsables israéliens ont affirmé que celui présenté comme étant celui de Shiri Bibas ne correspondait pas. Après avoir écarté l'hypothèse qu'il puisse s'agir d'une autre otage grâce à des tests ADN, l'armée israélienne a publié un message sur les réseaux sociaux décrivant le corps comme celui d'une « personne non identifiée »[68],[69]. Le mouvement des moudjahidines et le Hamas ont publié plusieurs déclarations en réponse, indiquant qu'il a pu y avoir une confusion dans les corps[70],[71]. Après les expertises médico-légales effectuées sur les dépouilles des Bibas, il s'avèrera que chacun d'eux a été tué « à mains nues »[72],[73],[74] et leurs corps ensuite mutilés pour faire croire à un autre type de mort[75],[73],[76],[77],[74].

Sanctions

Les brigades moudjahidines figurent sur la liste des ressortissants spécialement désignés et des personnes bloquées (« SDN List ») de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) des États-Unis[78],[79]. Elles sont également inscrites sur la liste consolidée de contrôle des exportations des États-Unis (US Trade Consolidated Screening List), ce qui entraîne des restrictions sur certaines exportations, réexportations ou transferts de biens.

Notes et références

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