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Côtes-de-millau

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un côtes-de-millau[note 2] est un vin français AOC dont le vignoble est situé dans le département de l'Aveyron, dans la vallée du Tarn, autour de Millau. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest. Il est produit en rouge, en rosé et en blanc.

Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1981 (VDP), 1994 (VDQS) et 2011 (AOC)
PaysDrapeau de la France France
Région parentevignoble du Sud-Ouest
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
Côtes-de-millau
Image illustrative de l’article Côtes-de-millau
Bouteilles de côtes-de-millau.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1981 (VDP), 1994 (VDQS) et 2011 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) Massif central méridional (Rouergue)
Localisation Aveyron
Climat océanique dégradé avec influences montagnarde et méditerranéenne
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 197 heures (à Millau)
Superficie plantée 15 hectares (moyenne 2022-2024)[1]
Cépages dominants gamay N[note 1], syrah N et chenin B
Vins produits 66 % rouges, 34 % rosés et très peu de blancs[2]
Production 500 hectolitres[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 500 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 29 hl/ha en rouge et 35 en rosé (en 2023)[1]
Fermer

L'appellation côtes-de-millau a accédé au statuts d'AOC par le décret du [3]. La superficie de production est approximativement de 15 hectares (moyenne 2022-2024[1]). Les vins rouges représentent 2/3 et les vins rosés 1/3 de la production (moyenne 2022-2024[1]). La production de vins blancs est quant à elle anecdotique. Les vins rouges ont le gamay N et la syrah N comme cépages principaux, les vins rosés le seul gamay N et les vins blancs le chenin B[3].

Historique

Le vignoble de Millau date probablement de l'époque romaine. Millau, Condatomagus sous l'Empire romain, était un grand centre de production de poteries sigillées, comme l'ont prouvé les fouilles du site archéologique de La Graufesenque. Au Moyen Âge, les vignes sont entretenues pour servir de vin de messe et de boisson aux pèlerins, en particulier à Compeyre où le vin est apprécié par les Papes en Avignon, grâce entre autres à la qualité de sa conservation dans les 80 caves à fleurines que recense cette commune. L'aristocratie locale veut ensuite avoir sa production et les abords de Millau sont encépagés.

À la Révolution, les parcelles sont redistribuées ; elles fournissent le vin de consommation familiale. Dans les années 1870, le vignoble subit les assauts du phylloxéra et du chemin de fer. Le vin bon marché arrive par le train du Languedoc voisin. Beaucoup de parcelles sont abandonnées, les autres étant replantées soit en cépages venus d'ailleurs, gamay par exemple ou en hybrides producteurs directs. Entre 1914 et 1918, de nombreuses parcelles sont aussi abandonnées, faute de bras pour les travailler.

Paradoxalement, c'est le gel de 1956 qui va amorcer le renouveau du vignoble moribond. Les producteurs qui décident de replanter sont les seuls motivés par la viticulture. Les parcelles sont encépagées avec des cépages de qualités, conservant le gamay, redécouvrant les cépages locaux et introduisant la syrah. Une cave coopérative est créée et le vin devient en 1981 le « vin de pays des gorges et côtes de Millau »[4]. Par le décret du , il est reconnu comme vin délimité de qualité supérieure (VDQS) et raccourcit son nom en « côtes de Millau »[5], puis en 2011 il passe en appellation d'origine contrôlée (AOC)[3].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble est implanté autour de Millau, une trentaine de kilomètres vers l'amont et une vingtaine vers l'aval. L'aire d'appellation s'étend sur 17 communes du département de l'Aveyron : Aguessac, Broquiès, Castelnau-Pégayrols, Compeyre, Comprégnac, Creissels, La Cresse, Millau, Montjaux, Mostuéjouls, Paulhe, Peyreleau, Rivière-sur-Tarn, Saint-Georges-de-Luzençon, Saint-Rome-de-Tarn, Le Truel et Viala-du-Tarn[3].

Les communes de Broquières et de Truel, situées sur le Tarn en aval de l'aire d'appellation, forment un îlot séparé de quelques kilomètres à l'ouest de celle-ci.

Le vignoble du côtes-de-millau est le plus occidental des appellations du vignoble du Sud-Ouest.

Orographie et géologie

Le vignoble est implanté sur des bandes de terres en terrasses (« fáyssos »), aménagées sur le milieu des versants de la vallée du Tarn et de certains de ses affluents, de manière discontinue le long d’une bande étroite d’environ cinquante kilomètres, dont la largeur n’excède pas deux kilomètres.

Le terroir repose sur des sols contrastés selon la position dans la vallée :

  • à l’est du Tarn et au nord de Millau, des sols de colluvions caillouteuses issus des formations sédimentaires jurassiques des causses ;
  • à l’ouest du Tarn et au sud‑ouest de Millau, des sols jeunes développés sur des grès du Trias, non calcaires, parfois à caractère acide et lessivé.

Climat

Les vignes sont en exposition sud, sur des terres maigres et drainantes, à l'abri des vents dominants, vent du nord et vent d'autan. Trois influences climatiques se font sentir :

  • au printemps et en automne, les vents d'ouest et du sud-ouest déterminent un climat de type océanique ;
  • en été, les vents du sud-est font prédominer un climat de type méditerranéen mais ces vents peuvent aussi perturber le cours normal des saisons à toute époque de l'année ;
  • en hiver, les vents du nord soumettent ce pays aux rigueurs du climat continental.

La station météorologique de Millau (au lieu-dit Soulobres, près du viaduc, à 712 mètres d'altitude : 44° 07′ 06″ N, 3° 01′ 10″ E)[6] est représentative de l'aire d'appellation.

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Millau de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 6,3 7,7 11,5 14,3 18,2 22,7 25,7 25,8 20,9 15,8 10,1 7,2 15,5
Moyenne 3,4 4 7,2 9,7 13,5 17,5 20,1 20,1 16 12,1 7 4,3 11,2
Minimale moyenne 0,5 0,4 3 5,2 8,8 12,3 14,5 14,5 11,2 8,4 4 1,5 7
Nombre de jours avec gel 12,9 11,8 5,9 1,3 0,1 0 0 0 0 0,5 5,1 10,6 48,2
Précipitations
Hauteur (mm) 55,1 39,4 41,6 68,6 75,3 57,2 42,7 56,5 73,9 74,4 72,1 56,4 713,2
Ensoleillement
Heures 97,9 129,3 173 186,8 223,6 267,1 300,7 269,7 212,4 140,2 98,4 97,9 2 197
Fermer
6,3
0,5
55,1
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
7,7
0,4
39,4
fév.
11,5
3
41,6
mars
14,3
5,2
68,6
avril
18,2
8,8
75,3
mai
22,7
12,3
57,2
juin
25,7
14,5
42,7
jui.
25,8
14,5
56,5
août
20,9
11,2
73,9
sep.
15,8
8,4
74,4
oct.
10,1
4
72,1
nov.
7,2
1,5
56,4
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les vins rouges ont pour cépages principaux la syrah N[note 1] et le gamay N (représentant ensemble au moins 30 % de l'encépagement et de l'assemblage), le cabernet sauvignon N comme cépage complémentaire (entre 10 % et 30 %) et le fer servadou N et le duras N comme cépages accessoires (chacun inférieur à 20 %)[3].

Les vins rosés ont le gamay N pour cépage principal (au moins 50 % de l'encépagement et 30 % de l'assemblage), les cépages accessoires étant le cabernet sauvignon N, le duras N, le fer servadou N et la syrah N, sans contrainte d'assemblage[3].

Les vins blancs ont le chenin B pour cépage principal (au moins 50 % de l'encépagement et de l'assemblage) et le mauzac B pour cépage complémentaire (au moins 10 %)[3].

Rendements

Le rendement visé est fixé à 55 hectolitres par hectare et le rendement butoir est de 60 hl/ha pour l'ensemble des vins[3].

Méthodes culturales

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 500 pieds par hectare, avec un écartement entre les rangs de 2,50 m maximum. Les vignes sont conduites en taille Guyot simple ou taille courte à coursons avec un maximum de 15 yeux francs (pour le cabernet sauvignon N et le fer servadou N) et 12 yeux francs pour les autres cépages. La charge maximale est de 8 500 kilogrammes par hectare[3].

Normes analytiques

La richesse minimale en sucre des raisins à la récolte est de 189g/l de moût pour les vins rouges et les vins rosés (170 g/l pour les vins blancs). Le titre alcoométrique volumétrique naturel est de 11 % pour les vins rouges et les vins rosés (10,5 % pour les vins blancs). Après enrichissement, le titre alcoométrique volumétrique maximal est de 13 % pour les vins rouges et les vins rosés (12,5 % pour les vins blancs)[3].

Vins

Volumes

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Davantage d’informations Année, superficie (ha) ...
Annéecôtes-de-millau rouge côtes-de-millau rosé
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
202212,96320254,1015538
202310,96318295,2118435
2024n.c.3215,8917430
Fermer

En raison du faible niveau de production, aucune donnée statistique publique n’est publiée pour les vins blancs ; c'est également le cas pour la superficie de production des vins rouges en 2024.

Gastronomie

Le vignoble produit 60 % de rouges, fruités et tanniques, les rosés, qui représentent 30 % de la production, sont des vins aux arômes de petits fruits rouges, les blancs donnent des vins floraux avec une touche de fruits secs.

Les rouges, au nez agréable et parfumé, ont une réelle persistance aromatique. Ils peuvent vieillir entre trois et quatre ans. Les rosés, aux notes fruitées, et les blancs, beaucoup plus floraux et longs en bouche sont à boire jeunes et très frais.

Structure des exploitations

Selon les sources INAO de 2005, il y avait 52 ha produisant 1 991 hl. On compte 17 viticulteurs et 10 vinificateurs (6 caves particulières, 2 caves coopératives et 2 négociants.

Notes et références

Voir aussi

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Timelines

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