Café Métropole (Bruxelles)
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Le Café Métropole est un édifice de style éclectique construit en 1872 à Bruxelles en Belgique par l'architecte Gédéon Bordiau, à la suite des travaux de voûtement de la Senne et de la création des « boulevards du Centre ».
L'immeuble a remporté le treizième prix du concours d'architecture organisé par la Ville de Bruxelles en 1872-1876.
L'immeuble se dresse aux numéros 33-35 de la place de Brouckère[1], face à l'Hôtel Continental de l'architecte Eugène Carpentier et à gauche de l'Hôtel Métropole, situé au numéro 31.
Il se situe dans un quartier très riche en immeubles éclectiques, comme la Maison des chats de l'architecte Henri Beyaert (premier prix au même concours), l'Immeuble « Le Printemps » (quatrième prix, architecte Adolphe Vanderheggen), la Maison Thonet (Bruxelles) (septième prix, architecte Félix Laureys), la Maison presbytérale de l'église Notre-Dame du Finistère (huitième prix, architecte Constant Almain de Hase) ainsi que le Passage du Nord (architecte Henri Rieck).
Historique
Voûtement de la Senne et création des boulevards du Centre
Décrite, au XVIIIe siècle encore, comme une rivière au « cours utile et agréable »[2], la Senne n'est plus, au siècle suivant, qu'un « dépotoir, non seulement des industries groupées sur ses bords, mais de toutes les maisons riveraines »[3].
En 1865, le roi Léopold II, s'adressant au jeune bourgmestre de Bruxelles Jules Anspach, formule le vœu que Bruxelles « réussira à se débarrasser de ce cloaque qu'on appelle la Senne » avant la fin de son règne[4].
En , le conseil communal de la ville de Bruxelles adopte un projet établi par l'architecte Léon Suys qui vise à supprimer les bras secondaires de la rivière, à rectifier le cours sinueux de son bras principal et à le voûter entre la gare du Midi et le nord de la ville[5].
C'est ainsi qu'apparaissent les boulevards du centre (nommés initialement boulevard du Hainaut, Central, du Nord et de la Senne et renommés ultérieurement boulevard Lemonnier, Anspach, Max et Jacqmain[6]).
Concours d'architecture
Afin de stimuler la reconstruction aux abords de ces boulevards, la Ville de Bruxelles organise deux concours d'architecture pour les périodes 1872-1876 et 1876-1878[7], en laissant la plus grande liberté aux architectes : aucune unité de style n'est recherchée ni imposée[7] et la composition monumentale sera de facto éclectique tout au long de cette immense perspective.
Construction
C'est dans ce contexte de création des « boulevards du Centre » que l'architecte Gédéon Bordiau conçoit cet immeuble en 1872[8].
L'édifice remporte le treizième prix du concours d'architecture organisé par la Ville de Bruxelles en 1872-1876[1],[8].
Le Café Métropole
L'immeuble est acheté en 1891 par les brasseurs Wielemans-Ceuppens pour y ouvrir le Café Métropole[1],[8].
Ses étages sont annexés par l'Hôtel Métropole voisin et remaniés à l’intérieur en 1926[1],[8].
Architecture
Le bâtiment compte cinq étages surmontés d'un étage en attique qui a été rehaussé en 1926[1].
Sa façade monumentale, faite de pierre blanche et de pierre bleue, comporte cinq travées, dont deux travées plus larges[1].
La composition d'inspiration classique est dominée par le centre de la façade, mis en valeur sur deux étages par quatre grandes colonnes cannelées d'ordre colossal surmontées chacune d'un chapiteau orné d'un masque de satyre[1]. Dans cette composition, la travée centrale plus étroite est encadrée de deux travées doubles ornées chacune en leur centre d'une haute cariatide (attribuée à Égide Mélot) posée sur un entablement porté par une courte colonne de style dorique[1]. Les grandes colonnes s'élancent d'un long balcon en pierre et en supportent un autre sous lequel court une frise décorée de consoles sculptées.
Le troisième étage, précédé d'un long balcon en pierre, est orné, dans la travée centrale, de 2 colonnes doriques et dans les travées adjacentes, de pilastres cannelés et de pilastres plats[1].
La large façade est sommé par une corniche portée par une frise de modillons et de denticules[1], et surmontée d'un étage en attique orné de colonnes dans la travée centrale et de pilastres dans les autres travées.
L'ensemble se termine par une toiture à la Mansart interrompue en son milieu par la prolongation de la travée centrale en pierre, avec pilastres et colonnes.
- Cariatide.
- La composition centrale ornée de colonnes d'ordre colossal et de cariatides.
- Cariatide.
Activité
Ouvert pour la première fois en 1890, le café Métropole avait fermé ses portes fin avec la promesse d'une réouverture prochaine. Ce fût chose faite le vendredi , les Bruxellois, habitués du quartier ou promeneurs de passage autour de l'historique place de Brouckère, les clients de l'Hôtel Métropole ou les touristes, ont pu redécouvrir ce café séculaire ancré dans la tradition bruxelloise.

Grâce à cette pause, nécessaire et revitalisante, le défi d'apporter un nouveau souffle à ce décor historique a été relevé. Ce palais Art Nouveau n'avait rien perdu de son âme. L'intérieur et l'extérieur du bâtiment étant classés, aucun changement majeur n'a pu être engagé et visuellement les touches apportées sont subtiles et délicates. Les clients peuvent ainsi choisir, comme auparavant, entre se poser dans le cadre intime et somptueux de l'intérieur du café ou prendre le pouls de la ville, été comme hiver, en s'attablant à la terrasse, qui, a été agrandie, donnant sur la trépidante place de Brouckère.
Le café Métropole propose 80 places à l'intérieur et 150 à l'extérieur, réparties en deux terrasses distinctes durant l'été. Ils ont fermés définitivement en 2021 en espérant revenir dans quelques années
