Passage du Nord
galerie à Bruxelles, Belgique
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Le passage du Nord (en néerlandais : Noorddoorgang) est un édifice de style éclectique construit en 1881-1882 à Bruxelles en Belgique par l'architecte Henri Rieck, à la suite des travaux de voûtement de la Senne et de la création des boulevards du Centre.
Localisation
Le passage du Nord est une galerie commerçante qui relie le boulevard Adolphe Max à la rue Neuve. Il prend sa naissance au début du boulevard Adolphe Max, entre la place de Brouckère et la Maison des Chats de l'architecte Henri Beyaert.
Historique
Voûtement de la Senne et création des boulevards du Centre
Décrite, au XVIIIe siècle encore, comme une rivière au « cours utile et agréable »[1], la Senne n'est plus, au siècle suivant, qu'un « dépotoir, non seulement des industries groupées sur ses bords, mais de toutes les maisons riveraines »[2].
En 1865, le roi Léopold II, s'adressant au jeune bourgmestre de Bruxelles Jules Anspach, formule le vœu que Bruxelles « réussira à se débarrasser de ce cloaque qu'on appelle la Senne » avant la fin de son règne[3].
En , le conseil communal de la ville de Bruxelles adopte un projet établi par l'architecte Léon Suys qui vise à supprimer les bras secondaires de la rivière, à rectifier le cours sinueux de son bras principal et à le voûter entre la gare du Midi et le nord de la ville[4].
C'est ainsi qu'apparaissent les boulevards du centre (nommés initialement boulevard du Hainaut, Central, du Nord et de la Senne et renommés ultérieurement boulevard Lemonnier, Anspach, Max et Jacqmain[5]).
Construction
C'est dans ce contexte que l'architecte Henri Rieck construit en 1881-1882 une galerie commerçante appelée « passage du Nord » et destinée à relier le « boulevard du Nord » (futur boulevard Adolphe Max) et la rue Neuve[6].
Le « passage du Nord » n'est cependant que la troisième galerie commerçante ouverte après la création des boulevards centraux : il a en effet été précédé par la « galerie du Commerce » construite entre la rue Neuve et la place des Martyrs sur des plans signés en 1871-1872 par les architectes E.Legraive et H. Stasseyns[6] et le « Passage de la Poste » de 1875 (architecte Luis De Curte)[7].
Ces galeries renouent avec la tradition des rues commerçantes couvertes établie à Bruxelles au XIXe siècle avec le « passage de la Monnaie » (1820), les galeries royales Saint-Hubert (1847) et la galerie Bortier, reliquat de l'ancien marché couvert de la Madeleine (1848)[8].
Classement et reconstitution
La galerie fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [9].
Pendant le XXe siècle, la galerie a subi de multiples dégradations, perdu des colonnes, des statues, des coupoles et son sol[10],[11]. Une restauration à l'ancienne de 1994 à 2010 lui rend son ancienne splendeur[12],[13].
Architecture
Côté boulevard, la galerie devait se démarquer entre deux autres bâtiments richement décorés, la Maison des Chats (architecte Henri Beyaert) à gauche et l'hôtel Métropole à droite.
De style éclectique, sa façade regorge d'éléments classiques, baroques et de style Second Empire. Deux saillies symétriques couronnées de coupoles encadrent une partie centrale en retrait, laissant place à une terrasse au premier étage. Elle est ornée de nombreuses statues.
À l'intérieur, 17 boutiques sont disposées de chaque côté selon un schéma rigoureux, couronnées de 32 statues néo-grecques du sculpteur Joseph Bertheux. La verrière est composée de vitraux incurvés, une avancée technique depuis la construction des galeries royales Saint-Hubert. Au milieu, la galerie est traversée par une passerelle à l'étage supérieur.
La façade qui donne sur la rue Neuve reste dans le style éclectique mais est un peu plus sobre[14].
Aux étages
L'entre-sol donne à chaque boutique une arrière-pièce, bureau ou espace de stockage, accessible par, chaque fois, un escalier en colimaçon[15].
Le premier étage est occupé, au début, par un « musée », un genre de club, à multiples salles, buffet, galerie et salle des jeux. Le deuxième étage accueille une salle de concert, une salle de lecture, une salle de conférences et un théâtre pour enfants[16]. De 1888 à 1895, on peut y trouver le Musée Castan (nl), un musée de cire et plus tard un théâtre. En 1908, tous les occupants culturels ont dû quitter les lieux, les étages étant incorporés dans l'hôtel Métropole[17], qui y installe sa « salle de billard », accessible par la galerie[18].
Accessibilité
| Ce site est desservi par la station de métro : De Brouckère. |
