Des Jeunesse socialistes à la fondation des Jeunesses communistes
Né à Lyon en avril 1902, Camille Fégy est élevé dans sa jeunesse par son père, employé de bureau, et par sa mère, sans profession. Encore élève de l’enseignement primaire supérieur, Fégy est arrêté pour propagande défaitiste en 1918, à seize ans[2].
Après avoir été secrétaire administratif[3], il est élu secrétaire adjoint des Jeunesses socialistes communistes en 1921. En 1923, il intègre la presse communiste, L’Humanité, Clarté, l'Almanach ouvrier et paysan (dont il est rédacteur en chef)[4] et L’Avant-garde ouvrière communiste des Jeunesses socialistes communistes et se rapproche de Jacques Doriot et Maurice Laporte[2].
En 1925, il signe dans L’Humanité, aux côtés des surréalistes, le manifeste «La Révolution d’abord et toujours!» contre la guerre du Rif. L’année suivante il est suspendu de sa fonction de secrétaire de rédaction de L’Humanité pendant un mois sur décision du Bureau politique[2]. Cette sanction fait suite à la distribution, avec des camarades, de la brochure Légitime Défense d’André Breton qui attaquait le journal et le Parti communiste. Après cet incident, les rappels à l’ordre sont nombreux et il est finalement exclu en 1931, malgré sa tentative d’appel[2].
En 1934, Fégy se rapproche de Jacques Doriot qui vient d’être exclu du PC et l'aide, deux ans plus tard, à fonder le Parti populaire français (PPF) dont il intègre le comité central[4]. Dès l’été 1936, sous le pseudonyme de Jean Meillonnas, Fégy tient une chronique anticommuniste dans les colonnes de Je suis partout et Candide[5]. Après le ralliement du Petit Journal au Front populaire, Fégy est poussé vers la sortie et intègre l'équipe de La Liberté, journal dont il devient rédacteur en chef. Il reste en poste jusqu’à sa mobilisation le 3 septembre 1939[2].
Collaborationniste sous le régime de Vichy
Camille Fégy en 1943.
De retour à Paris fin 1940, il écrit pour Paris-Soir, puis devient rédacteur en chef du Fait, de janvier à avril 1941[2]. Par la suite, il rejoint le Groupe Collaboration[6] de Alphonse de Châteaubriant qui lui propose le poste de rédacteur en chef de La Gerbe où il reste jusqu’en août 1943[2]. En décembre 1942, il devient par ailleurs commissaire général des restaurants communautaires, œuvre qu’il avait créée et qui distribuait hebdomadairement de la viande sans ticket de ravitaillement. Réintégré à La Gerbe en février 1944, il y reste jusqu’à la disparition de ce journal, le 17 août 1944[2].
Après la guerre : journaliste poujadiste
Arrêté durant l’été, son premier interrogatoire date du 2 octobre 1944. Lors de l'épuration, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité en [7], et partage le même dortoir que Jean Castrillo et Roland Gaucher au pénitencier d'Épinal[6]. Gracié plus tard, on retrouve Fégy comme rédacteur en chef de Fraternité Française, le journal de l'UDCA de Pierre Poujade, puis à Dimanche-Matin de Roger Capgras[4]. Il meurt en 1975.