Camp Ashraf 3
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| Pays | |
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| Coordonnées |
| Population |
2 300 hab. () |
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| Origine du nom |
Ashraf Rabiei (en) |
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| Fondation |
Camp Ashraf 3 (en persan : اشرف۳) est un camp de réfugiés et une localité en Albanie servant de siège à l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. Il est situé à Manëz, dans la préfecture de Durrës.
En 2013, avant la fermeture du camp Liberty de Bagdad, des membres de l'organisation des Moudjahidines du peuple sont transférés vers plusieurs pays européens, principalement en Albanie.
L'utilisation par l'OMPI du camp comme base d'opérations pour diffuser en Iran de la propagande d'opposition dégrade les relations entre l'Albanie et l'Iran. En , les autorités albanaises mènent un raid contre le camp et saisissent du matériel électronique afin de mettre fin aux transmissions.
Camp Ashraf 3 est une localité à part entière, située sur une route de campagne albanaise, à Manëz, dans la préfecture de Durrës[1],[2], une zone entre Tirana et la ville côtière de Durrës[3]. Le camp se situe à 30 minutes de la capitale Tirana[4].
Camp Ashraf 3 est lourdement protégé, avec une enceinte barbelée de plusieurs mètres de haut, surveillée par des caméras. Le complexe est gardé par une société de sécurité privée, ARB Security, leader du secteur en Albanie[4].
Histoire
En 2013, avant la fermeture du camp Liberty de Bagdad, des membres de l'organisation des Moudjahidines du peuple sont transférés vers plusieurs pays européens mais principalement en Albanie, pour des raisons humanitaires[5],[6]. les autorités albanaises acceptent la demande des États-Unis d'accueillir environ 3 000 membres de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (Mujaheddin-e-Khalq, MEK)[7],[8],[9]. Le camp est construit à 24 kilomètres à l'ouest de Tirana, sur une superficie de 34 hectares de terres agricoles[10],[11]. En 2015, l'Albanie et le gouvernement américain signent un partenariat stratégique constituant un effort de coopération pour la sécurité dans la région[12].
L'Albanie refuse d'accorder le statut de réfugié aux résidents du camp, cependant les Nations unies leur versent une allocation de 30 000 lekë par mois (environ 300 euros), qui expire en 2018[10]. Le sénateur républicain américain John McCain déclare que « Compte tenu de l'histoire de la répression brutale du régime iranien contre ces résidents », les membres de l'OMPI devraient bénéficier d'une protection internationale en vertu de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951[13].
À partir de 2013, les Moudjahiddines du peuple organisent des réunions et invitent des personnalités telles que l'ancien vice-président américain Mike Pence et l'ancien secrétaire d'État Mike Pompeo[14],[15]. Le , une conférence intitulée « 120 ans de lutte pour la liberté en Iran » se tient à Camp Ashraf 3. L'ancien sénateur américain Joe Lieberman y prononce un discours et des personnalités influentes du camp républicain les soutiennent, comme John Bolton et Rudy Giuliani[16]. Ce dernier témoigne son admiration au pays d'accueil, déclarant qu'il a « le plus grand respect pour l'Albanie, tant le parti au pouvoir que l'opposition, qui, malgré leurs batailles politiques, s'accordent sur le statut de réfugié pour ces combattants de la liberté »[17]. Mike Pence leur exprime également son soutien, décrivant comme un grand honneur d'assister à une cérémonie de l'OMPI à Achraf 3[18].
La police albanaise déjoue avec succès de nombreuses attaques planifiées par des agents iraniens contre le camp. Le directeur général de la police, Ardi Veliu, déclare que les institutions de sécurité albanaises ont découvert une cellule active de l'unité des opérations extérieures de la Force Al-Qods, rattachée au Corps des gardiens de la révolution islamique[19]. Plus généralement, l'accueil par l'Albanie de réfugiés membres de l'OMPI dégrade considérablement les relations du pays avec l'Iran, qui réplique par une diplomatie agressive et des opérations d'ingérence auxquelles doit faire face le Service de renseignement de l'État[4].
Vie quotidienne
Les activités quotidiennes du camp sont axées sur le soutien au mouvement de « résistance intérieure » mené par des dissidents en Iran. Le camp dispose d'une salle de presse où les membres recueillent des informations sur les abus du régime iranien, qu'ils jugent essentielles compte tenu de la censure des médias en Iran[20]. Le camp comprend également une salle de sport, une cafétéria, un musée retraçant l'histoire du mouvement et un studio d'enregistrement où sont produits des chansons et des clips vidéo anti-régime destinés à être diffusés sur les réseaux sociaux iraniens[11],[21]. Les résidents de Camp Ashraf vivent en quasi-autarcie, ayant très peu de contacts avec les habitants albanais locaux[4].
Pendant un temps, les Moudjahiddines du peuple sont financés partiellement par l'ONU, mais celle-ci retire son soutien en 2018. Les États-Unis continuent d'apporter leur aide et l'organisation se finance elle-même, avec des ressources diverses, notamment des dons privés. La sécurité du camp est elle financée grâce à des ressources d'origine inconnue[4].
En 2018, le correspondant à Téhéran, Arron Merat, rapporte qu'environ 2 300 membres du mouvement vivent dans le camp. Il dit avoir interrogé des dizaines de transfuges qui affirment que les commandants de l'OMPI utilisaient la torture pour contrôler leurs membres[10],[11]. En réponse, un porte-parole déclare : « Les individus décrits comme d'anciens membres sont utilisés dans le cadre d'une campagne de diabolisation contre le MEK. »[22],[10]. En , Patrick Kingsley, journaliste au New York Times, interroge Somayeh Mohammadi au camp[11]. Elle affirme que son père est un agent infiltré de la république islamique d'Iran et qu'elle a rejoint l'OMPI volontairement en 1998, « en quête de liberté et de démocratie pour l'Iran »[23].
En 2022, Associated Press rapporte que 3 000 personnes habitent dans le camp près de Tirana[24]. Ce nombre est confirmé en 2025 par Intelligence Online qui indique que les résidents du complexe sont assez âgés et sont principalement des hommes[4].
