Camp de concentration de Borgo San Dalmazzo

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Camp de concentration de Borgo San Dalmazzo.
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Piémont
Coordonnées 44° 19′ 36″ nord, 7° 29′ 12″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Camp de concentration de Borgo San Dalmazzo.

Le camp de concentration de Borgo San Dalmazzo près de Coni, dans le sud du Piémont en Italie, est l'un des camps mis en place par les Allemands en Italie après la signature par les Italiens de l'armistice de Cassibile avec les Alliés, le , suivi de la prise de contrôle du territoire italien, non encore libéré par les Alliés, par les forces allemandes. Ce camp va servir à rassembler des Juifs de différentes nationalités, en attente de déportation vers les centres d'extermination nazis entre et .

Septembre à novembre 1943

L'histoire du camp de Borgo San Dalmazzo se divise en deux périodes distinctes, la première de septembre à , et la seconde de à .

La ville de Coni est occupée par les troupes allemandes le .

Le camp est créé le à l'initiative des autorités d'occupation allemandes à la suite d'une décision signée par un certain capitaine SS Müller qui ordonne l'internement immédiat de tous les étrangers présents sur le territoire.

« Avant 18 heures aujourd'hui, tous les étrangers se trouvant sur le territoire de Borgo San Dalmazzo et des municipalités voisines doivent se présenter au siège de la Kommandantur allemande situé dans la caserne des Alpins à Borgo San Dalmazzo. Passé ce délai, tous les étrangers qui ne se seront pas présentés, pourront être immédiatement abattus. La même peine s'appliquera à ceux chez qui auront été trouvés ces étrangers[1]. »

Plaque commémorative au Col de Fenestre - Texte de la plaque et photo d'Adriana Muncinelli.

Ces étrangers ne sont rien d'autre qu'un groupe d'environ 800 à 1 000 juifs qui ont quitté leur relégation forcée à Saint-Martin-Vésubie en France entre le 8 et le et traversé la frontière à marche forcée dans les Alpes, pour rejoindre les vallées de Valdieri et d'Entracque en passant par les cols de Fenestre (colle delle Finestre) ou du Boréon (colle delle Ciriega), à plus de 2 400 m d'altitude, dans l'espoir de trouver refuge en Italie. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants, originaires de France, et de différents pays d'Europe, qui avaient réussi à quitter leur pays, envahi par les troupes allemandes, et à trouver refuge dans la région de Nice en zone d'occupation italienne.

Les SS vont réussir à en capturer 349. Les autres s'échappent en s'éparpillant dans la campagne environnante ou en fuyant vers le sud de l'Italie, souvent cachés par la population locale. D'autres, avec l'aide du réseau d'assistance clandestin DELASEM (Delegazione per l'Assistenza degli Emigranti Ebrei) et l'engagement héroïque de plusieurs prêtres dont Raimondo Viale et Francesco Brondello vont parvenir à passer en Suisse[2],[3].

En accord avec le préfet et le commissaire de la sécurité publique, les prisonniers sont enfermés dans l'ancienne caserne des Alpins de Borgo San Dalmazzo, un bâtiment délabré et abandonné depuis longtemps, mais idéalement situé, en périphérie de la ville, près de la gare ferroviaire. La ville de Borgo San Dalmazzo se trouve à la jonction des vallées de Gesso et de Vermenagna, principaux axes de passage des juifs fuyant la France.

En plus de ces juifs étrangers, les SS procèdent le à l'arrestation des juifs de la ville de Coni, mais ceux-ci seront libérés, pour des raisons encore inconnues[4], le et les jours suivants. Aussitôt libérés, ils se réfugieront dans les villages avoisinants ou rejoindront les partisans et réussiront à passer au travers les mailles de la déportation.

Les documents du camp retrouvés après la fin de la guerre, donnent la composition des prisonniers en fonction de leur nationalité: Sur les 349 inscrits, la grande majorité sont des Polonais (119 personnes), suivis des Français (56), des Allemands (42), des Hongrois (34), des Autrichiens '25), des Belges (22). Il y a aussi des Serbes, des Slovaques, des Croates, des Grecs, des Roumains, des Russes, des Lituaniens et des Turcs.

Pendant leurs deux mois de détention dans le camp, les détenus vivent un régime de ségrégation, mais sans le niveau de violence qui a caractérisé d'autres centres similaires. Une assistance minimum est procurée par les autorités locales qui permettent la visite du rabbin auxiliaire de Turin. Même les quelques évasions réussies n'ont pas eu trop d'impact sur les conditions de vie des détenus. Les malades sont transférés à l'hôpital de Borgo San Dalmazzo, et pour les cas les plus graves à celui de Coni.

Les prisonniers vont rester dans le camp jusqu'au , date à laquelle ils sont chargés dans des wagons à bestiaux et envoyés à Auschwitz en passant par Nice et Drancy. Sur les 349 personnes arrêtés par les SS, quelques-uns ont réussi à s'évader, d'autres sont morts de maladie, enfin les quelques malades transférés à l'hôpital de Coni vont être cachés par le personnel soignant; par contre les 41 patients de l'hôpital de Borgo San Dalmazzo font partie du convoi. En tout, ce sont 329 prisonniers qui sont déportés et seulement 19 survivront.

Arrivée à Drancy, la majorité est déportée à Auschwitz par le Convoi No. 64 du . Le reste le sera, par le Convoi No. 65, du , soit le Convoi No. 66, du [5].

Décembre 1943 à février 1944

Après un intervalle de douze jours, l'ancienne caserne des Alpins est transformée par la République sociale italienne (dite République de Salò) en camp de concentration, en application de l'ordonnance de police numéro 5 signée par le ministre de l'intérieur Guido Buffarini Guidi, le . Il sert cette fois à l'internement et à la déportation des juifs italiens. La gestion du camp est entièrement entre les mains des Italiens. Un premier groupe de juifs originaires de Saluzzo, une ville à 30 km au nord de Coni, arrive le . D'autres arriveront jusqu'au . C'est un total de 26 détenus, 18 femmes et 8 hommes, qui est embarqué le à la gare de Borgo San Dalmazzo vers le camp de transit de Fossoli dans la province de Modène. Ils n'y restent que quelques jours, et le , 23 d'entre eux (5 hommes et 18 femmes) sont envoyés à Auschwitz par le premier convoi en partance[6]. Il n'y aura que deux survivants. Après le , le camp est officiellement et définitivement fermé. Les Juifs arrêtés par la suite dans la province de Coni, sont envoyés directement à la nouvelle prison de Turin.

Pendant les deux périodes de fonctionnement du camp de Borgo San Dalmazzo, il y aura eu au total 375 déportés, 156 de sexe masculin et 219 de sexe féminin, 78 de moins de 21 ans dont 7 de moins d'un an, 26 de plus de 60 ans dont 3 de plus de 80 ans. Il n'y aura au total que 21 survivants.

Commémorations

Références

Annexes

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