Canari (Haute-Corse)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Campanile de Canari
Canari (Haute-Corse)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Intercommunalité Communauté de communes du Cap Corse
Maire
Mandat
Simon Gassmann
2026-2033
Code postal 20217
Code commune 2B058
Démographie
Gentilé Canarais / Canaresi (Corse)
Population
municipale
305 hab. (2023 en évolution de −2,24 % par rapport à 2017)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 50′ 47″ nord, 9° 19′ 51″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 1 268 m
Superficie 16,67 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Bastia
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Cap Corse
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Le Campanile de Canari
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Le Campanile de Canari
Géolocalisation sur la carte : Corse
Voir sur la carte topographique de Corse
Le Campanile de Canari
Géolocalisation sur la carte : Corse
Voir sur la carte administrative de Corse
Le Campanile de Canari

Canari est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Canari dont elle était le chef-lieu, dans le cap Corse.

Situation

Vue sur le hameau de Chine et du Monte Minerviu.

Canari est une commune de la côte occidentale du Cap Corse, du canton du Cap Corse, l'une des dix-huit communes regroupées au sein de la communauté de communes du Cap Corse. Au Moyen Âge, Canari était un siège seigneurial.

Communes limitrophes

Géologie et relief

Géologiquement, comme dans tout le Cap Corse, le sol est constitué un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien. Chaque vallée est comme une alvéole, aux bords raides, ouvert sur la mer mais fermé vers l'amont car adossé à la chaîne axiale[Note 1] dont les principaux sommets sont Cima di e Follicie / L'Albucciu (1 324 m), le Monte Stello (1 306 m), et le Monte Capra (1 206 m).

Canari occupe la moitié méridionale de l'alvéole du bassin versant du ruisseau de Piaggia[1]. Avec le ruisseau de Furcone[2] son principal affluent, ces cours d'eau partagent l'alvéole en deux : au nord la commune de Barrettali et au sud celle de Canari.

Son territoire est compris entre les lits des ruisseaux de Piaggia/ruisseau de Furcone au nord, et une ligne de crête au sud. Il est accroché à l'est à la Serra, qui est la chaîne montagneuse dorsale de la péninsule du cap Corse, entre la bocca di a Serra (1 007 m) et la cime du Monte Prato (1 282 m, « à cheval » sur Pietracorbara, Sisco, Ogliastro et Canari). Il est ouvert à l'ouest sur la mer Méditerranée, et offre des paysages dans lesquels schistes friables et ophiolites très résistantes s'opposent, créant des reliefs aigus et abrupts. Il comprend le vallon du Renaju à l'ouest, soit près de la moitié du bassin versant (18 km2) du fiume di Giotta (Barrettali), et ceux de Vecchia et de Filettellu au sud, tous dominés par le Monte Cucaru (933 m).

À l'extrémité méridionale du territoire, la commune possède une zone importante contenant un gisement d'amiante. Mais l'exploitation de ce minerai a dû cesser à cause de pollution environnementale.

Limites territoriales

Son territoire est délimité au nord-nord-est par le ruisseau de Furcone (affluent du fiume di Giotta) qui le sépare de Barrettali et prend sa source sous le col de la bocca di a Serra (1 007 m), la ligne de crête partant de ce col et passant par la cime de Monte Prato (1 282 m - Ogliastro), la cime de Codoli (1 260 m) -le point le plus haut de la commune (1 268 m) se situant entre ces deux sommets, le Pinzu di Mezzu (799 m), la Pietra Negra (645 m), l'ancienne carrière d'amiante pour rejoindre la mer à la punta Bianca.

Façade maritime

Sa façade maritime, comprise entre l'embouchure du ruisseau de Piaggia[1] au nord et la punta Bianca (au nord d'Albo (Ogliastro) au sud, est une côte déchiquetée, inhospitalière, où les flancs de la montagne plongent directement dans la mer en pente raide. La partie comprise entre la Marine de Canelle et Punta Bianca est en grande partie comblée par les rejets d'exploitation de l'ancienne usine d'amiante d'Abro.

Hydrographie

Les principaux cours d'eau sont le ruisseau de Piaggia[1] (fiume di Giotta) et le ruisseau de Furcone[2] sur lequel autrefois avaient été construits quatre moulins (E muline di Pendente et E Muline di Guaduo Cinto). Le ruisseau de Valdu Vecchiu[3] est le principal affluent du ruisseau de Furcone.

D'autre part, le territoire est arrosé par plusieurs petits cours d'eau qui prennent tous naissance sur la commune et se jettent directement à la mer. Du nord au sud, appelés fiume, ils sont : fiume San Erasmo, fiume Fucinaiu, fiume Venatellu et fiume di Conca qui traversent le village, et fiume di Santa Catalina.

Climat et végétation

La végétation est celle de climat méditerranéen maritime sur le littoral et les vallées, et de climat méditerranéen de montagne sur les hauteurs, avec ici l'absence d'un manteau forestier. Elle est balayée par le libeccio, vent dominant violent, sec et soufflant du sud-ouest, sculptant le bas maquis en bordure de mer. Les traînes de mistral, vent sec, froid et violent également, arrivent du nord-ouest pour souffler sur le littoral, plus particulièrement à l'extrémité du Cap. On notera sur le littoral l'importante présence d'agaves et d'oponces plus communément appelés figuiers de Barbarie.

Le paysage souvent mis à nu par des incendies, présente d'incalculables murs de pierre édifiés jusqu'au bord de mer. Faute de zones planes, au début du XIXe siècle les habitants avaient construit ces nombreux murs en pierre sèche pour soutenir la terre végétale et disposer ainsi de planches de terrain, de terrasses (trasti)[Note 2] destinées aux cultures du cédrat, de la vigne et d'autres denrées qui ont fait la prospérité de la commune et du cap. Les marines de Scala et de Cannelle étaient alors très actives.

Voies de communication et transports

Accès routiers

La route D 80, ancienne route nationale 198 de Saint-Florent à Bonifacio comme encore portée sur les cartes cadastrales de Géoportail, fait le tour du cap Corse. Elle traverse, telle une « grande corniche » (ainsi appelée localement), la commune à plus de 100 m d'altitude moyenne en longeant la côte. Elle traverse le hameau de Marinca (en fait composé de deux hameaux Marinca sous la route et Marcacce au-dessus de la route) qui se trouve à l'ouest du village de Canari, 180 mètres plus haut et qui est desservi par la route D 33.

La D 33 dite « petite corniche » qui double pour ainsi dire la « grande corniche », démarre de la Marine de Canelle. Elle emprunte sur une courte section la D 80 à Abro, puis monte et traverse le hameau de Vignale au nord du village, passe au village de Barrettali et à son hameau Minerviu avant de rejoindre la D 80 à Pino. Pour se rendre au village même, il faut emprunter une route dont l'intersection avec la D 33 se situe entre Vignale et Chine.

De la D 80 une petite route étroite et sinueuse, descend à la Marine de Scala.

Transports

Canari est éloigné de tous transports publics de voyageurs.

Le plus proche réseau d'autocars se trouve à Saint-Florent, distant de 32 km, qui est desservi par une ligne régulière Bastia - Saint-Florent de l'entreprise "Autocars Santini", tous les jours de l'année sauf les dimanches et jours fériés. De Saint-Florent, les autobus de la même entreprise permettent un aller-retour sur L'Île-Rousse pendant les mois de juillet et d'août.

Le village est distant par route, de 35 km du port de commerce de Bastia, de 33 km de la gare des CFC de Bastia et de 49 km de l'aéroport de Bastia-Poretta, qui sont les plus proches.

Urbanisme

Typologie

Au , Canari est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[4]. Elle est située hors unité urbaine[5]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[5]. Cette aire, qui regroupe 93 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[6],[7].

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[8]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[9].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (48,3 %), forêts (26,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (21,4 %), zones urbanisées (2,3 %), eaux maritimes (1 %), zones agricoles hétérogènes (0,6 %)[10]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Hameau de Pieve

Pieve est le hameau principal et central de Canari. Il offre aux visiteurs une architecture relativement bien conservée dans un paysage vert, où micocouliers et arbres de Judée abondent, agrémenté d'un jardin public fleuri dans lequel se trouve le monument aux morts. Autour de celui-ci ont été aménagés des espaces de loisirs : un boulodrome, une aire de jeux d'enfants, et en face, en contrebas de la route, un terrain de football. Depuis la place du Campanile, ornée de palmiers et où se trouvent la mairie (Casa cumuna), le centre culturel et le bureau de La Poste, la vue est remarquable sur le golfe de Saint-Florent, les Agriates jusqu'à la presqu'île de la Revellata (Calvi).

Sur cette place, trône le campanile, construit au XVIIe siècle à 305 m d'altitude : Haut de 15 mètres sur 4,70 m avec des murs de 1,15 m d'épaisseur en pierres blanches. Il est vu de très très loin et sert d'Amer (navigation maritime) pour les marins. Lors de l'aménagement de la place, des travaux ont permis lors d'une fouille, la découverte près du clocher de l'abside d'une église préromane.

Pieve recèle deux édifices religieux remarquables, proches l'un de l'autre : l'église conventuelle San Francescu du XVe siècle qui appartenait à l'ancien couvent de Canari, et l'église Santa Maria Assunta du XIIe siècle, remaniée au XVIIIe siècle.

Hameau de Vignale

Hameau de Vignale.

Vignale est l'un des plus gros hameaux de Canari. Il est situé au nord du village. Son nom dérive du latin vineola qui signifie « petit vignoble ». S'y trouve la chapelle Santa Maria Annunziata.

Hameau de Chine

Chine (ou Chini ou Echine) est un vieux hameau dont les maisons sont bien groupées autour de sa chapelle Saint Jean Baptiste. La tour carrée qui dominait le hameau a totalement disparue. A Fabrica et Pianu sont ses deux quartiers situés à l'est. À Pianu, se trouve la chapelle de la confrérie Santa Croce.

Hameau de Piazze

Piazze, un peu au sud de Pieve, recèle un château à trois tours crénelées. Il s'agit du château des Cenci, édifié au XVIIe siècle à l'emplacement même d'un précédent château qui avait été rasé en 1554 par la république de Gênes.

Hameau de Marinca

Hameau de Marinca.

Marinca, hameau groupé avec celui de Marcacce étant séparé par la D80, est le hameau le plus bas de Canari. Construit à 131 m d'altitude, il se trouve à l'ouest du village.

Hameau de Longa

Longa est le hameau le plus au sud du village. Jadis s'y trouvait une tour médiévale, dont aujourd'hui on n'aperçoit plus que les vestiges des fondations.

Hameau de Olmi

Olmi se situe à quelque 250 m au nord-est de Longa. S'y trouve la chapelle San Roccu où chaque , est célébrée une fête avec distribution de petits pains bénis. A proximité se trouvent les ruines de Marsogna, un ancien hameau abandonné.

Hameau de Pinzuta

Pinzuta, à l'est du village, était autrefois protégé par une tour carrée. Il avait la particularité de posséder huit fours à pains dont un communautaire. Sa fontaine est datée de 1560.

Le hameau recèle la chapelle San Pietru qui renferme un tableau remarquable représentant La Mort de saint Joseph.

Hameau de Solaro

Solaro (Solaru), au nord-est du village, comprend deux hameaux Solaru Suttanu et Solaru Supranu. On y découvre encore des maisons du XVe siècle. De ce site planté d'oliviers la vue est remarquable. La petite route qui permet d'y accéder depuis le village, se termine en cul-de-sac à Solaru Supranu. Quant à Solaru Suttanu, il est sans accès routier.

Hameau de Imiza

Imiza se situe tout au nord de la commune. Il est composé de deux hameaux Suttanu et Supranu. Ce dernier est ruiné. La chapelle Santa Catalina a été restaurée en 1875. Ce hameau-perchoir de bergers, situé à environ 450 m d'altitude et auquel on n'accède qu'à pied, offre une vue panoramique remarquable sur le golfe de Saint-Florent, les Agriates et L'Île-Rousse. Imiza a donné son nom à un parfum élaboré en Corse.

Au sud, près du village ruiné de Salge, se dressent encore les vestiges de la tour de Castellucciu (IXe siècle).

Hameau de Ercuna

Ercuna est un ancien hameau situé entre Solaro et Imiza. L'antique chapelle San Ghjuvanni a totalement disparue.

À 700 m d'altitude se trouvent les ruines du Castellu di Serra Valle édifié au IXe siècle et dont Pier Battista Santelli restaura partiellement le donjon en 1576.

Hameau d'Abro

Abro que l'on orthographie Abro comme on le prononce, provient du latin apricus qui veut dire ensoleillé. Il se situe tout au sud de la commune et ne compte que de rares maisons. Le climat y serait le plus chaud de la commune. C'est pourquoi jusqu'au début du XXe siècle, les cultures de cédrat prospéraient, couvrant jusqu'à 14 hectares de terrasses (trasti). Canari ne disposant pas de réelles structures portuaires, les tonneaux de cédrats étaient roulés jusqu'à la mer, puis remorqués flottants jusqu'à des voiliers mouillés devant Canelle pour y être embarqués. À 500 m au nord d'Apro, à une altitude de 230 m, se trouve un site romain. L'ancienne église romane Santu Pietru du Xe siècle est devenue une bergerie, comme vu ailleurs dans d'autres lieux de Corse.
Au sud d'Apro, se situe le site de l'ancienne carrière et usine d'amiante de Canari.

Marine de Scala

La marine de Scala était jadis un port de pêche actif. Au début du XIXe siècle on y construisait des barques de pêche. En 1938, six bateaux apportaient de l'activité et des revenus à douze pêcheurs. Les captures étaient alors abondantes.

Marine de Canelle

Marine de Canelle.

Canelle était une antique marine nommée Kanelate (origine grecque mais sens inconnu) qui aurait été fondée au VIe siècle av. J.-C. Une source y coulait, qui aurait été bien connue des marins.
Au IVe siècle, Canelle avait son église piévane dominée par un clocher semblable à une tour ronde, mais c'était une tour-lanterne comme on les faisait à l'époque, haute d'environ 10 mètres avec un diamètre d'un peu plus de 7 mètres. Un feu était entretenu au sommet pour aider les marins à repèrer la marine.
Au XIXe siècle, la Marine alle Cannelle était dotée d'une dizaine de magazini (entrepôts), disposait de huit petits caboteurs et commerçait avec l'Italie. Une jetée et une cale de halage y avaient été aménagées vers 1930.

Toponymie

Le nom de Canari a pour origine son nom de Kanelate porté sur les cartes de Ptolémée au IIe siècle.

Histoire

Antiquité

L’occupation du site remonte à l’Antiquité, puisqu’on retrouve mentionné le nom de Kanelate (à l’origine du nom Canari) sur les cartes de Ptolémée au IIe siècle. Une antique bourgade aurait été fondée sur la côte au VIe siècle av. J.-C. qui, sous les premiers siècles chrétiens, était le centre d'une piève. La piève de Canari dépendait de l'évêché de Nebbiu (ex-Cersunum).

Plusieurs vestiges de l’époque pisane ont été mis au jour datant d’avant le Xe siècle. On peut encore admirer l’église Santa Maria Assunta du XIIe siècle qui est en parfait état de conservation bien qu’ayant subi des modifications architecturales ultérieures, et la maison La Romana à Marinca vraisemblablement de la même époque.

Moyen Âge

De la fin du IXe siècle à 1167[11], Canari a dépendu des Peverelli.

  • 952 : les Avogari-Gentile et les Peverelli sont deux familles descendantes du Génois Ido envoyé en Corse par Oberto, marquis de Toscane, pour percevoir les taxes.

Au XIe siècle, le Cap Corse est encore dominé par ces deux familles génoises.

  • 1167 : avec l'aide de Pise, les Avogari chassèrent les Peverelli et s'emparent de Canari et d'Ogliastro. Ils affrontèrent l’amiral Ansaldo Da Mare qui prit le pouvoir du nord du Cap jusqu'à Barrettali vers 1200.
  • 1336 : Jean Avogari, à sa mort, laisse le fief de Canari et du tiers nord-ouest de l'actuelle commune d'Ogliastro à son fils André alors que les fiefs de Nonza et de Brando vont à ses autres fils Pierre et Luchino.
  • 1417 : soutenu par l'Aragon, Vincentello d'Istria vice-roi de Corse, emprisonne au castel d'Orese près d'Ocana, André de Gentile alors seigneur de Canari.
  • 1424 : Gênes délivre André de Gentile et l'aide à reprendre Sisco et Pietracorbara à Mathieu de Gentile, seigneur de Brando et ami de Vincentello.

Fin du XVe siècle, Vincentellu de Gentile (Avogari) annexe les vallées de Sisco et Pietracorbara à Canari. Il a deux fils : Napoleone (fils bâtard) et Vincenzu qui se partagent la seigneurie.

  • 1491 -  : Napoleone, mécontent du partage, poignarde son demi-frère Vincenzu au cours d’une partie d’échecs au château de Canari. La population se révolte et Napoleone fuit vers Gênes où il est arrêté, condamné à mort et décapité par les Génois à Canari même. Le fief revient alors à la fille de Vincentellu de Gentile, Gesalmina, veuve du Cinarcais Rinucciu di Leca, seigneur de Vicu, mort en déportation en 1490.
  • 1491 : Gesalmina se remarie au Génois Gerolamo Gentile, qui devient ainsi seigneur de Canari.

Temps modernes

  • 1506 : construction de l’église et du couvent Saint-François à Canari. L’implantation des Franciscains avait débuté à Nonza avec la construction d’un premier couvent.

De 1506 à 1536, les deux fiefs de Canari comprenant Sisco et Pietracorbara (sans Erbalunga) sont unis et reviennent à Paris Gentile héritier de son frère Gerolamo Gentile.

  • 1536 : le fief de Canari est vendu à un Romain du nom de Pierbattista Cenci (?-1579). À cette occasion, les Santelli, anciens seigneurs de Canari, prennent le nom de Santelli-Cenci car ils prétendent se rattacher à la famille romaine des Cenci. (Plus tard, vers 1601, ils prendront le nom de Cenci).

Lors de la guerre de Sampieru, Pierbattista Santelli-Cenci prend le parti de Sampieru, tandis que son propre fils, Antonio Santelli-Cenci, prend le parti des Génois et se fait tuer à la bataille de Caccia.

  • 1554 : le village de Linaghje (voir Photo) et le château de Canari sont rasés par l’amiral génois Andrea Doria en représailles à l’appui apporté par certains seigneurs aux Français et à Sampieru. Une partie de la famille Mattei qui habite ce hameau se réfugie dans la commune voisine de Barrettali.
  • 1558 : les Français reprennent le Cap Corse et envoient Bertrand des Masses, gouverneur de Saint-Florent, ravager Canari pour se venger, cette fois, de ceux qui avaient pris parti pour les Génois.
  • 1580 : Horatio (Oraziu) Santelli Cenci (?-1595), second fils d’Antonio, est reconnu par Gênes comme héritier du fief.
  • 1588 : les pirates barbaresques d’Alger commandés par Hassan Bey détruisent Ugliastru et sa marine Albu, un village très proche.

À la mort d’Horatio, le pouvoir hésite un temps entre un oncle, le « Meliaduce », et Pier Battista Santelli II, fils d’Horatio et de Vittoria Gentile de Brando. C’est Pier Battista II qui conserve finalement le fief et le transmet à son fils Laurent Enzo Santelli qui sera colonel de la Garde pontificale au Vatican.

Au début du XVIIe siècle le fief de Canari (ou pieve de Santa Giulia) comptait environ 2 500 habitants. Les lieux habités étaient alors Canari, Salisse, Marsoga, li Olmi, lo Solaggiola, Pinzuta, le Piazze, Ichina, lo Vignale, la Marincha, Baretali, Conchiglie, Balsia, lo Petricaccio, lo Feno, la Torre, le Brachelle, la Mascheraccia, Rigaglia, Minerbio et la Figagiola.

  • 1710 : la seule fille du colonel Santelli, Victoria (épouse du comte d'Albion, ambassadeur de France au Vatican), est contrainte de vendre le fief à un noble génois du nom de Lucco Ottavio Fieschi, qui le conserve jusqu’en 1768, date de la vente de la Corse à la France par Gênes.
  • 1762 : Canari se rallie à Pascal Paoli.
  • 1768 : le Cap Corse est réuni au royaume de France, avant le reste de l'île, et passe sous administration militaire française.
  • 1789 - La Corse appartient au royaume de France. Canari se trouve dans la juridiction royale du Capicorsu. Supprimant la province du Cap Corse, la Révolution divise le Cap Corse en quatre cantons : Capo Bianco (Rogliano), Seneca (Luri), Sagro (Brando) et Santa Giulia (Nonza) dont fait partie Canari.
  • 1790 - Avec la Révolution française est créé le département de Corse avec Bastia comme préfecture. Les anciennes communautés ou paroisses prennent le nom de communes. la commune se nommait Canari.
Le , les cinq diocèses de la Corse (Ajaccio, Aléria, Bastia, Mariana et Nebbio) sont ramenés à un seul.
  • 1793 - An II. la Convention divise l'île en deux départements : Golo (l'actuelle Haute-Corse) et Liamone (l'actuelle Corse-du-Sud) sont créés. L'ex-juridiction royale du Capicorsu passe dans le district de Bastia ; celui-ci est partagé en cantons (ex-pievi), et le canton en communes. Canari se trouve dans le canton de Santa Giulia (chef-lieu Nonza), dans le district de Bastia et dans le département du Golo.
  • 1794 : avec l'aide des Anglais (flotte de l'amiral Hood), Paoli devient maître de presque toute l'île. Londres impose le vice-roi Gilbert Elliot. Sous l'occupation anglaise, le canton de Canari est créé ; le juge de paix est dit « sherif ». Mais avec l'arrivée des troupes françaises des généraux Gentile et Casalta débarquées à Macinaggio, les Anglais quittent vite la Corse.

De 1797 à 1972 Canari avec Nonza, Ogliastro, Olcani et Olmeta-di-Capocorso composent le canton de Nonza.

  • 1801 - Sous le Consulat[Note 4], la commune qui a le nom de Canari, est toujours dans le canton de Santa Giulia (chef-lieu Nonza), dans l'arrondissement de Bastia et le département du Golo.
  • 1811 - Les départements du Golo et du Liamone sont fusionnés pour former le département de Corse.
  • 1828 - Canari passe dans le canton de Nonza[12].

Époque contemporaine

Le village de Canari a payé un lourd tribut aux morts des deux Grandes guerres mondiales, comme en témoignent les nombreux noms inscrits sur son monument aux morts.

  • 1943 - septembre : l'Italie qui avait envoyé 80 000 soldats pour occuper la Corse dès , capitule.
    •  : le Cap Corse est libre.
    •  : les 13 000 Allemands présents sur l'île la quittent.
  • 1954 - Le canton de Nonza était formé des communes de Canari, Nonza, Ogliastro, Olcani et Olmeta-di-Capocorso qui comptait alors 231 habitants.
  • 1965 : fermeture de l'usine d'amiante et de la carrière de Canari dont l'exploitation du filon avait débuté en 1898 par son découvreur Ange-Antoine Lombardi[13].
  • 1973 : Canari fait partie du canton de Sagro-di-Santa-Giulia nouvellement créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Nonza et Brando.
  • 1975 - La Corse est à nouveau partagée en deux départements.Canari se trouve dans celui de Haute-Corse. 2B

Politique et administration

La Mairie place du Clocher.


Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
maire en 1873 ? François Orsini   Propriétaire
? 1921 Jean Toussaint Marcantetti   Pharmacien à Bastia
1921 1943 Joseph Simon Marcantetti
(fils du précédent)
RG puis PSF Premier directeur de l'usine d'amiante
Conseiller général du Canton de Nonza
(1925-1940)
1943 1947 Antoine Jules François Orsini
(fils de F.Orsini)
  Marin
1949 1959 Orsini Joseph ? Agriculteur
1959 1977 Jean Simonetti UDR  
1977 décembre 1994 (décès) Simon Gregorj PS Propriétaire terrien
décembre 1994 (intérim) mars 1995 Christian Leonetti DVG  
mars 1995 mars 2008 Maurice Bertoni DVD Capitaine au long cours, pilote d'aéroglisseur SNCM
16 mars 2008 23 mai 2020 Armand Guerra DVG[14] Retraité
23 mai 2020 06 décembre 2023 (décès) Simonetti Jean-Michel DVD Retraité
17 mars 2024 en cours Simon Gassmann FaC Fonctionnaire

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[16].

En 2023, la commune comptait 305 habitants[Note 5], en évolution de −2,24 % par rapport à 2017 (Haute-Corse : +5,34 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
8608402939949621 1331 2871 2331 214
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 3001 3001 3941 4021 4621 2901 3161 1761 035
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
993948925937900906462772633
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013 2018
583358331291323325325310317
2023 - - - - - - - -
305--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

L'école primaire publique la plus proche se situe à Canari, avec son institutrice Mme Riutort Marie-Pierre, celle de Patrimonio est distante de 28 km. Le collège d'enseignement général le plus proche est à Luri à 30 km et le lycée de Bastia-Montesoro, est distant de 43 km par le col de Teghime.

Santé

Une infirmière libérale est présente toute l'année à Canari, il s'agit de Mme Joëlle Guidicelli. Les médecins les plus proches se trouvent à Luri à (30 km) et à Saint-Florent (32 km). Un médecin le docteur Jockmans se rend à Canari tous les mardis après-midi, son cabinet se trouve dans les bureaux de la résidence « E valle ». Le Centre hospitalier général de Bastia est distant de 43 km. Plusieurs cliniques privées se trouvent aussi à Bastia. Deux pharmacies sont installées à Saint-Florent. Des infirmiers libéraux sont installés à Patrimonio ; des masseurs-kinésithérapeutes se trouvent à Saint-Florent.

Cultes

L'église paroissiale (San Francescu relève du diocèse d'Ajaccio).

Manifestations culturelles et festivités

  • Concours international de chants lyriques organisé tous les ans par la commune chaque année fin août début septembre.
  • fête de la Santa-Maria Assunta. Se déroule annuellement une procession nocturne aux flambeaux de la statue de la Madonna à travers le village.
  • à Olmi est célébrée la fête de San Roccu avec distribution de petits pains bénis dans la petite chapelle.

Sports

Loisirs et randonnées

Panneau indicatif des Promenade autour du village.
  • Cap au large, promenade proposée autour de la commune de Canari par un panneau directionnel « Promenade autour des Villages du Cap Corse » placé sur la place du clocher.
  • Sentier pour la visite de la chapelle Sant' Agostinu ruinée, située à 300 m au nord et en contrebas de Linaju. Départ depuis la D 80 dite « Grande corniche » 500 m à l'ouest du pont sur le ruisseau de Furcone.
  • Canari compte une société de chasse présidée par Mr Ernest Granini. Cette société compte une trentaine d'adhérents qui avec plaisir vont chasser à la saison les samedis et les dimanches avec cette équipe qui a la passion de la chasse. Cette société a pour nom « Sucietà di caccia a Canarese ». Cette association anime le village été comme hiver avec plusieurs manifestations.

Économie

Comme pour la plupart des communes du littoral occidental du Cap Corse, les habitants vivaient autrefois de la mer et de l'agriculture. Les vastes étendues des terres du désert des Agriates étaient travaillées aux semailles, et offraient les ressources nécessaires à l'alimentation de la population et donnaient des possibilités de trocs avec d'autres régions. En 1790[11], Canari avait 4 moulins, 16 ha d'oliviers, 9 ha d'agrumes (cédrats), plus de 5 ha de châtaigniers, et un bon cheptel de gros bétail (440 bêtes) et 154 ha de vignes. En 1861, il n'y avait plus que 101 ha de vigne qui ont de nos jours disparus.

Une loi de 1818 taxant les exportations corses était en vigueur jusqu'en 1912. Elle freinait les échanges avec l'Italie, principal client. À cela s'est ajoutée le tracé et la construction de routes dans le Cap Corse : Bastia - Macinaggio (Rogliano en 1829, Santa-Severa (Luri) - Pino et Macinaggio - Botticella - Nonza - Saint-Florent) entre 1865 et 1880, changeant complètement les modes d'échanges et précipitant l'abandon des petits bateaux de commerce parcourant le littoral capicorsin. En 1908 survient la crise du Cédrat, les cours s'effondrent. En raison de leurs coûts élevés, Porto Rico, la Californie et d'autres pays consommateurs se mettent à planter des cédratiers sur leur sol ou à utiliser des zestes de citron pour fabriquer la liqueur. L'économie locale et celle du Cap Corse est ruinée.

Usine d'amiante de Canari

L'Usine de la mine d'amiante de Canari.

Le plus grand gisement d'amiante français fut découvert sur le territoire de la commune. De 1949 à 1965, cette mine, surnommée « l'enfer blanc » par les mineurs, fut exploitée par une filiale d'Eternit. Le gisement fut découvert en 1926, la mine a été exploitée industriellement à partir de 1948, mais dans de très mauvaises conditions d'hygiène et de salubrité, qui ont été occultées pendant des décennies par les autorités et qui ont été dénoncées plus tard, au vu des maladies qui frappaient les mineurs. L'environnement ne fut pas non plus épargné. Tous les déchets de la mine furent rejetés à la mer du haut de la falaise. En 17 ans de déversements, ils ont colmaté, avec les courants marins, les marines d'Albu (Ogliastro) et de Nonza. Les déblais vont former avec les vagues, une plage qui, par endroits, va gagner jusqu'à 300 m d'avancée sur la mer. La production d'amiante atteignait 25 500 tonnes en 1960. En 1965, date de sa fermeture, l'entreprise employait 300 personnes[13].

Des travaux de consolidation sur les ruines de l'usine, de stabilisation du terrain et de plantations du site sont en cours, sous l'égide de l'ADEME. Ils sont cofinancés par l'Union européenne.

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI