L'ordre des Cantharellales est un ordre de champignonsbasidiomycètes. Dans cet ordre que l'on rencontre en Asie, Europe et en Amérique du Nord se trouvent les chanterelles, les pieds de moutons et les clavaires. Si au départ Linné y classait les champignons infundibuliformes ou cornucopiés, (en forme d'entonnoir ou de corne d'abondance), les études récentes montrent que de nombreuses autres morphologies résupinées ou clavées, (de forme étalée ou en forme de massue) sont phylogénétiquement proches des chanterelles. Préfigurent clairement les Agaricomycetideae par leurs plis hyméniaux qui annoncent les lamelles de ces derniers.
L'ordre comprend non seulement les chanterelles Cantharellaceae, mais aussi quelques-uns des champignons à aiguillons (les Hydnaceae), certains champignons clavarioides (Aphelariaceae et Clavulinaceae) et les champignons corticioïdes (Botryobasidiaceae). Les espèces au sein de l'ordre sont diversement ectomycorhiziennes, saprotrophiques, associées à des orchidées ou agents pathogènes des plantes. Ceux qui présentent une importance économique comprennent les comestibles récoltés commercialement comme les espèces des genres Cantharellus, Craterellus et Hydnum ainsi que les agents pathogènes des cultures dans les genres Ceratobasidium et Thanatephorus comme les Rhizoctonia.
Taxinomie
Les origines
Les Chanterelles, à l'origine des Cantharellales
L'ordre des Cantharellales fut initialement proposé en 1926 par le mycologue allemand Ernst Albert Gäumann[1] pour accueillir au sein de l'embranchement des Basidiomycota les espèces de champignons à basides «stichiques» (basides dont les noyaux sont disposées longitudinalement).
La recherche moléculaire et l'analyse cladistique des séquences d'ADN ont redéfini l'ordre des Cantharellales[3].
Avec la famille des Cantharellaceae (girolles et leurs apparentés, y compris les Craterellaceae), l'ordre se compose actuellement de champignons morphologiquement diversifiés par les sporocarpes dans:
la famille des Aphelariaceae (champignons clavarioïdes des régions subtropicales, Java Nouvelle-Zélande),
En 2006, une étude importante développe le clades des cantharelloïdes: les résultats sont en accord avec les études antérieures et place les genres Cantharellus, Craterellus, Hydnum, Clavulina, Membranomyces, Multiclavula, Sistotrema, Botryobasidium ainsi que la famille des Ceratobasidiaceae dans ce clade. Les analyses phylogénétiques démontrent la monophylie de tous les genres, sauf Sistotrema, qui était très polyphyletique. La relation entre le genre Tulasnella et les membres du clade cantharelloïde n'est pas encore précise, mais il existe des preuves cumulative qu'ils sont probablement groupes frères[3].
Les études de 2006 vont également modifier le placement dans d'autres ordres[3],[4].
Les familles des Clavariaceae, des Physalacriaceae, des Pterulaceae et des Typhulaceae, précédemment incluses dans l'ordre, sont maintenant placées dans l'ordre des Agaricales.
1 2 3 (en) Jean Marc Moncalvo, Brenda Koster, Susie M. Dunham, Torsten Bernauer, P. Brandon Matheny, Teresita Porter, Simona Margaritescu, Michael Weiß, Sigisfredo Garnica, Eric Danell, Gitta Langer, Ewald Langer, Ellen Larsson, Karl-Henrik Larsson et Rytas Vilgalys, «The cantharelloid clade: dealing with incongruent gene trees and phylogenetic reconstruction methods», Mycologia, vol.98, , p.37-948 (lire en ligne)
↑ (en) P.B. Matheny, J.M. Curtis, V. Hofstetter, M-C. Aime, J-M. Moncalvo, Z.W. Ge, J.C. Slot, J.F. Ammirati, T.J. Baroni, N.L. Bougher, K.W. Hughes, D.J. Lodge, R.W. Kerrigan, M.T. Seidl, D.K. Aanen, M. De Nitis, G.M. Daniele, D.E. Desjardin, B.R. Kropp, L.L. Novell, A. Parker, E.C. Vellinga, R. Vilgalys et D.S. Hibbetts, «Major clades of Agaricales: a multilocus phylogenetic overview», Mycologia, vol.98, no6, , p.982–995 (lire en ligne)
↑ (en) Paul Diederich et James Lawrey, «New lichenicolous, muscicolous, corticolous and lignicolous taxa of Burgoa s. l. and Marchandiomyces s. l. (anamorphic Basidiomycota), a new genus for Omphalinafoliacea, and a catalogue and a key to the non-lichenized, bulbilliferous basidiomycetes», Mycological Progress, vol.6, no2, , p.61-80 (DOI10.1007/s11557-007-0523-3, lire en ligne)