Opération Hannibal
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Oskar Kummetz
Conrad Engelhardt
Pendant l'Évacuation de la Prusse-Orientale de la Seconde Guerre mondiale
| Type | Évacuation |
|---|---|
| Localisation | Courlande, Corridor de Dantzig et Province de Prusse-Orientale |
| Planification |
|
| Planifiée par |
Karl Dönitz Oskar Kummetz Conrad Engelhardt |
| Cible | Allemagne et Danemark occupé |
| Date | - |
| Participants | 494 à 1 080 navires de tous types |
| Issue | Évacuation d'environ 900 000 civils et 350 000 soldats |
| Pertes |
161 navires coulés Plusieurs dizaines de milliers de morts |
L’opération Hannibal est une opération navale allemande coordonnant l'évacuation vers l'Ouest de plus d'un million de soldats et de civils allemands de Courlande, de la province de Prusse-Orientale et du Corridor de Dantzig entre le milieu du mois de janvier et la fin de la guerre en , pendant les offensives soviétiques de Prusse-Orientale et de Poméranie-Orientale.
L'offensive soviétique de Prusse-Orientale par le 3e front biélorusse de l'Armée rouge sous le commandement du général Ivan Tcherniakhovski débute le : de concert avec 2e front biélorusse du maréchal Constantin Rokossovski, l'unité scinde en deux la Prusse-Orientale entre le et le . Les provinces orientales du Reich se retrouvent encerclées par l’avance soviétique.
Sur des panneaux russes érigés le long des routes par les troupes du NKVD commandées par les commissaires politiques de l'Armée rouge, figuraient des citations d'Ilya Ehrenbourg : « Soldat, rappelle-toi que tu es dans le repaire de la bête fasciste » et « Soldats de l'Armée rouge, tuez ! tuez ! À mort les fascistes ! Il n’y a pas d'innocents chez eux ! Ni ceux qui vivent, ni ceux qui ne sont pas encore nés ! À mort ! À mort ! »[1]. Les Allemands savaient à quoi s'attendre : certains avaient aperçu et traduit ces panneaux, d'autres avaient vu aux « actualités » les images des atrocités de l'Armée rouge lors d'une première incursion dans le village de Nemmersdorf en [2]. En conséquence, plusieurs millions de réfugiés s'enfuirent vers l'Ouest, par des températures glaciales, tentant de rejoindre les côtes de la Baltique.
Dans ce contexte, Adolf Hitler qui entendait continuer la guerre totale à n'importe quel prix, accepta le principe d'un « repli stratégique » par une Rettungsaktion (opération d'évacuation) par voie maritime, pour renforcer la défense du Reich : le Großadmiral Karl Dönitz ordonna donc au Generaladmiral Oskar Kummetz (haut commandant de la marine de la Baltique) et au Konteradmiral Conrad Engelhardt (chef du service maritime de la Kriegsmarine), la planification et l'exécution de cette évacuation[3]. Dönitz transmit par radio un message à Gdynia, en Pologne occupée, le , afin de commencer les évacuations vers les ports encore en dehors de la zone d'opérations soviétique. L'opération est baptisée Hannibal. Dönitz déclare dans ses mémoires d'après-guerre que son objectif était d'évacuer autant de personnes que possible pour les soustraire aux « troupes Soviétiques revanchardes »[4].
L'afflux massif de militaires et de civils allemands en fit l'une des plus importantes évacuations maritimes de l'histoire. Sur ordre de Dönitz, tous les navires disponibles se trouvant dans la partie Orientale de la mer Baltique sont réquisitionnés : sur une période de 15 semaines, 494 à 1 080 navires de tous types, allant des bateaux de pêche et autres embarcations[5] aux plus grandes unités navales d'Allemagne, acheminent à travers la mer Baltique entre 800 000 et 900 000 civils allemands et 350 000 soldats[6] vers l'Allemagne et le Danemark occupé. C'est trois fois plus de personnes que celles évacuées lors de l'opération Dynamo (évacuation de Dunkerque en 1940).

