Captive (saga)
série de romans de Sarah Rivens
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Captive est une série de romans, de genre dark romance, composée de quatre tomes écrits par la romancière algérienne Sarah Rivens[1].
| Captive | |
| Auteur | Sarah Rivens |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Dark romance |
| Éditeur | Hachette Livre |
| Collection | BMR |
| Date de parution | 2020 - 2021 (sur Wattpad)
2022 - 2023 (en édition chez Editions BMR |
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Genèse
Le premier roman est publié en 2020 sur la section francophone de la plateforme d'écriture Wattpad sous le pseudonyme "theblurredgirl"[2],[3]. Ce tome, dont la publication sur cette plateforme coïncide avec la pandémie de Covid-19, atteint un lectorat de sept millions de personnes[4]. Les réseaux sociaux contribuent à ce succès, notamment TikTok, où ce titre est plusieurs fois recommandé[5] dans le cadre du BookTok.
La maison d'édition française HLab, appartenant à Hachette Livre, remarque ce succès et édite la saga dont le premier tome paraît en , dans la collection BMR, spécialisée dans la romance et éditant majoritairement des autrices. Le tirage est de 10 000 exemplaires, soit le double du tirage moyen pour un roman en France. Son succès commercial engendre une rupture de stock dès le jour de sa sortie[6].
L'intrigue est située aux États-Unis. Cette saga retrace l'histoire d'Ella Collins, une femme de vingt-deux ans ayant vécu des expériences de violences sexistes et sexuelles traumatisantes depuis ses seize ans, livrée comme "captive" à un chef de mafia âgé de vingt-cinq ans, Asher Scott. Subissant des tortures de la part de cet homme, elle vit avec lui une histoire qui correspond à une trope commune en fiction, celle de l'enemies to lovers : une romance entre deux personnes initialement ennemies [7]. "De la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas", est une phrase écrite sur la couverture du premier tome tel qu'édité par HLab, et extraite du texte de la romancière.
Résumé
Captive 1
Ella Collins est captive contre son gré depuis son adolescence, dans un système de "possesseurs". Au début du roman, le possesseur d'Ella est John, qui la viole ; mais elle est amenée à en changer. Son nouveau possesseur est Asher Scott, qui lui fait subir diverses tortures : contact avec de faux serpents, brûlure de sa main, etc.
Perfectly Wrong - Captive 1.5
Ce tome paraît en 2022 et inclut Isabella et Ben, deux personnages du diptyque de la même autrice.
Captive 2
Ce tome paraît en 2023. Une césure narrative d'un an (à Manhattan pour Ella) retrace les retrouvailles des personnages, Asher devenant plus possessif avec Ella.
Captive 2.5 : Bonus
Ce tome est un recueil de trois nouvelles, l'une mettant en scène un voyage en Australie.
Accueil commercial
La série est traduite en neuf langues et a rencontré un grand succès commercial, avec une forte croissance des ventes[8].
La trilogie Captive a connu un grand succès avec plus de 350 000 exemplaires vendus en version papier et 50 000 exemplaires en version numérique. Plus de 500 000 exemplaires ont été imprimés et sont disponibles en magasin. Les ventes continuent de manière régulière avec plus de 5 000 exemplaires vendus chaque semaine[9].
En , le deuxième tome de Captive est le livre le plus vendu de France[10].
Réception critique
Le deuxième tome de Captive remporte le Prix Babelio en 2023[11] dans la catégorie romance, ce prix étant issu d'un vote de la communauté de lecteurs, internautes sur Babelio.
La sous-catégorie de roman d'amour "dark romance", dont la saga Captive représente un succès auprès du lectorat, fait l'objet de controverses, sur le plan de l'âge du public, et du genre : souvent des adolescentes, et de la trame narrative. La chercheuse Magali Bigey, docteure en Sciences du Langage, rapporte que l'intrigue aboutit à une fin heureuse en dépit de tortures psychologiques, physiques ou sexuelles[12] selon les codes du genre. Le genre entier, incarné par la saga Captive et son succès, suscite des critiques sur le plan de l'image des femmes entre les mains de jeunes lectrices, de façon paradoxale à l'heure d'une société féministe[13]. Mabrouck Rachedi décrit ces romans comme narrativement efficaces, et compare les ficelles narratives, les rebondissements, aux techniques scénaristiques de séries. Il écrit que ce texte bouscule les codes, et qu'une lecture optimiste pourrait évoquer la dialectique du maître et de l'esclave qui apparaît chez Hegel[9]. Dans une autre critique [14] il évoque de façon dépréciative un style littéraire pauvre et stéréotypé avec, entre autres, certaines formules récurrentes et la représentation qualifiée de toxique du couple. Dans Le Monde [15], Guillemette Faure souligne la contradiction entre la dénonciation d'un certain "wokisme", utilisée pour décrire le paysage culturel, et les palmarès de vente : dans la dark romance, les femmes "humiliées et violentées" se montrent attirées par leur bourreau, qu'un passé difficile excuse.
François Fièvre, professeur documentaliste[16], s'intéresse à la réception de ce livre. Il évoque la culture du viol et le syndrome de Stockholm où la protagoniste est réifiée par son oppresseur (qui la violente, met sa main sur une plaque chauffante et l'appelle "captive"). Il en critique un manque de crédibilité psychologique (l'amour que ressent Ella pour Asher qui semble pourtant un oppresseur de plus est inexpliqué) et du sexisme notamment dans les stéréotypes. En tant qu'enseignant, il recommande d'engager le dialogue avec les lectrices, en évitant l'approbation excessive, ainsi que le jugement moral. Il y décèle une occasion de réfléchir à la question des modèles fournis par la fiction.