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Carlo Acutis

saint catholique italien (1991–2006) From Wikipedia, the free encyclopedia

Carlo Acutis, né le à Londres et mort le à Monza d'une leucémie foudroyante, est un adolescent italien. Il est connu comme le « cyber-apôtre » des miracles eucharistiques. Il est vénéré comme saint par l'Église catholique et fêté le .

Date de naissance
Lieu de naissanceLondres (Royaume-Uni)
Date de décès (à 15 ans)
Lieu de décèsMonza (Italie)
Faits en bref Biographie, Date de naissance ...
Carlo Acutis
Saint catholique
Image illustrative de l’article Carlo Acutis
Mémorial à Covent Garden.
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Londres (Royaume-Uni)
Date de décès (à 15 ans)
Lieu de décès Monza (Italie)
Autres noms « geek de Dieu »
Nationalité Italienne
Vénéré à Église Santa Maria Maggiore
(sanctuaire de la spoliation) à Assise (Italie)
Béatification 10 octobre 2020
par François
Canonisation 7 septembre 2025
par Léon XIV
Vénéré par Église catholique
Fête 12 octobre
Saint patron Jeunesse catholique et usagers d'Internet
Fermer

Le , le pape Léon XIV canonise Carlo Acutis, en même temps que Pier Giorgio Frassati.

Biographie

Enfance

Carlo Acutis est né le à Londres[1] dans une famille de la grande bourgeoisie italienne, originaire de Lombardie, propriétaire d'une compagnie d'assurance cotée en bourse, Vittoria Assicurazioni (en)[2]. Ses deux grands-mères sont issues de la noblesse[3]. Il est le fils unique d'Andrea Acutis et d'Antonia Salzano[4],[2]. Ses parents résident à sa naissance en Angleterre, où son père est en poste[5].

En , la famille Acutis retourne en Italie et s'installe à Milan. Carlo découvre la foi grâce à une jeune fille au pair polonaise. Au témoignage de sa mère, il manifeste une piété précoce, récitant quotidiennement le chapelet dès l’âge de quatre ans et demi, et demandant à entrer dans toutes les églises pour, disait-il, « saluer le Christ ».

Il a une dévotion particulière pour l'eucharistie et pour la Vierge Marie, qu'il définit comme « l'unique femme de sa vie ». Dès son plus jeune âge, il manifeste le désir de recevoir la communion. Devant son insistance, ses parents consultent Pasquale Macchi, ancien secrétaire de Paul VI. Ayant constaté la maturité spirituelle du jeune garçon, le prélat l'autorise à faire sa première communion dès l'âge de 7 ans. La cérémonie a lieu au monastère des ambrosiennes de Perego le . Dès lors, et jusqu'à sa mort, il participe chaque jour à la messe[1]. Il récite quotidiennement le rosaire et se confesse une fois par semaine[6].

Adolescence

Carlo Acutis a des amis, aime le football et les animaux. Très intéressé par le monde de l'informatique, il fait des montages de films, crée des sites internet (notamment pour sa paroisse et son lycée) et se met au service des enfants, des personnes âgées et des plus pauvres, auxquels ce monde est moins accessible[5].

Selon les biographies officielles et le site de l'association qui perpétue son souvenir, son œuvre la plus importante est une exposition à la fois itinérante et disponible sur Internet[7], qu'il aurait conçue et réalisée seul entre 2002 et 2005, recensant et expliquant les miracles eucharistiques ayant eu lieu à travers le monde[1],[8].

Cette paternité individuelle a toutefois été mise en question par l'historien Alessandro Serra, dans un chapitre consacré à Carlo Acutis dans l'ouvrage collectif I santi internauti paru en 2019. Alessandro Serra relève que le premier catalogue de l'exposition, publié en 2006 avec une préface du cardinal Angelo Comastri, était signé par Sergio Meloni et l'Istituto San Clemente I Papa e Martire — association fondée par la famille Acutis, plus tard absorbée par l'association dédiée à Carlo Acutis —, et que les éditions suivantes du même catalogue, à contenu par ailleurs presque inchangé, ne mentionnent plus Meloni, remplacé par une présentation de Carlo Acutis comme concepteur et réalisateur de l'exposition[9]. Serra souligne le rôle central de la mère de Carlo, Antonia Salzano, dans la construction de ce récit, notant qu'elle est titulaire du nom de domaine du site de l'exposition[10].

Un article du magazine 1843 (en) (The Economist), publié en mars 2025, rapporte par ailleurs le témoignage d'un ami d'enfance de Carlo Acutis qui ne se souvient pas de lui comme d'un adolescent particulièrement pieux, et présente la réalisation du catalogue des miracles eucharistiques comme liée, au moins en partie, à un travail scolaire[11].

Carlo Acutis fréquente l'école des Marcellines de Milan[12] puis l'Institut Léon XIII (en), lycée tenu par les Jésuites. Il n’hésite pas à défendre ses camarades en situation de handicap et victimes d’intimidations[13]. Dans l'aumônerie du lycée, Carlo exerce une certaine influence par son exemple. Il transmet notamment l'importance qu'a pour lui l'eucharistie : « C'est l'autoroute qui mène au ciel »[N 1],[5].

Il passe son temps libre à rendre visite aux personnes âgées et économise son argent de poche pour le donner aux plus nécessiteux[5].

Maladie et mort

Reliquaire contenant une mèche de cheveux de Carlo Acutis, exposé temporairement dans la chapelle sainte Catherine d'Alexandrie de l'église Saint-François de Lodi (it).

Début [14], ses proches le croient affecté d'une grosse grippe ; c'est en réalité une leucémie foudroyante, de type 3. Il est hospitalisé à la clinique San Gerardo de Monza[5]. Il étonne le personnel médical par son souci des autres et par sa bonne humeur, alors qu'il est en phase terminale[5]. Il meurt au petit matin du , à l'âge de 15 ans. Il est inhumé d'abord à Ternengo (Piémont), puis sa dépouille est transférée et exposée à Assise.

Postérité

Reconnaissance par l’Église catholique

Béatification et canonisation

Le , la cause pour la béatification et la canonisation de Carlo Acutis est introduite par l'archidiocèse de Milan[15]. Le , l'enquête diocésaine est transmise à Rome afin d'y être étudiée par la Congrégation pour les causes des Saints[16].

Le a lieu la reconnaissance canonique du corps de Carlo Acutis. Selon les propos de Nicola Gori, postulateur de la cause, le corps a été retrouvé intègre après l'ouverture de son cercueil[17], c’est-à-dire, muni de tous ses organes, comme l'a précisé en l'évêque d'Assise, après une polémique sur la compréhension du langage propre à la procédure canonique[18]. L'Église a toutefois déclaré plus tard que le corps n'était pas intègre et avait subi une décomposition normale. Le corps a donc été reconstruit[19].

Après le rapport positif des différentes commissions, le pape François procède, le , à la reconnaissance des vertus héroïques de Carlo Acutis, lui décernant le titre de vénérable. En , il le donne en exemple lors de son exhortation apostolique Christus vivit, pour avoir été « capable d’utiliser les nouvelles techniques de communication pour transmettre l’Évangile, pour communiquer valeurs et beauté[20] ».

En , une enquête canonique débute sur le cas d'une guérison inexpliquée, attribuée à l'intercession de Carlo Acutis. Il s'agit d'un enfant brésilien, atteint d'une déformation grave du pancréas. En 2010, après que ses proches eurent prié Carlo, le pancréas revint de lui-même à la normale, sans intervention chirurgicale, qui aurait pu coûter la vie au jeune garçon[21],[22]. Les expertises médicales ne concluant à aucune explication scientifique, le dossier est présenté au Saint-Siège. Le , le pape François reconnaît que le miracle attribué à Carlo est authentique, et signe le décret de sa béatification[23],[24]. Carlo Acutis est béatifié le .

Carlo Acutis est solennellement proclamé bienheureux le , au cours d'une messe célébrée dans la basilique Saint-François d'Assise, par le cardinal Agostino Vallini[25],[26]. Aux 3 000 personnes qui assistent à la béatification s'ajoutent les parents du nouveau bienheureux, troisième cas similaire dans l'histoire de l'Église[27]. Sa fête est fixée au [23].

Le , un deuxième miracle est officiellement reconnu par le Vatican[28] et annoncé par le Dicastère pour les causes des Saints[29]. Il s’agit de la guérison d’une jeune Costaricienne, Valéria qui subit un grave traumatisme crânien, après une chute à vélo à Florence, en [30],[31], sa mère entreprend alors un pèlerinage sur la tombe de Carlo Acutis et son état s'améliore. Par décret, le pape François approuve donc la convocation d’un Consistoire qui porte sur la canonisation des bienheureux Joseph Allamano, Marie-Léonie Paradis, Hélène Guerra et Carlo Acutis[32].

Le bienheureux Carlo Acutis devait être canonisé le à Rome[33], lors du Jubilé des adolescents qui s'est tenu en la cité, du 25 au [34]. La cérémonie a été reportée en raison de la mort du pape François, survenue le [35].

Il est canonisé par le Pape Léon XIV le , en même temps que Pier Giorgio Frassati[36].

Dévotion

Le , la dépouille de Carlo Acutis est transférée à l'église Sainte-Marie Majeure d'Assise devenue en 2016 le sanctuaire de la Spogliazione[16],[37].

Le , le tombeau de Carlo Acutis a été ouvert, afin d'exposer sa dépouille à la vénération des fidèles, dans le cadre des événements en vue de sa béatification[38]. Depuis le , la tombe vitrée du bienheureux Carlo Acutis est visible tous les jours de l’année[N 2]. Elle est exposée à Assise dans l'église Santa Maria Maggiore, lieu de pèlerinage[39],[40].

Une chapelle lui est consacrée en Belgique dans l’église de Salzinnes en 2023[41],[42].

Notes et références

Voir aussi

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