Carrière journalistique de Henry Fielding

From Wikipedia, the free encyclopedia

Au centre deux hommes débattent, un troisième essaie de les départager sous le regard de trois femmes
Les Conjurés (1753) de la « Guerre du papier » (The Covent-Garden Journal) ; au centre Fielding (à gauche) et John Hill (à droite).

Avant de devenir l'un des plus illustres romanciers du XVIIIe siècle, Henry Fielding a eu plusieurs carrières en tant qu'écrivain, essayiste, pamphlétaire, dramaturge et journaliste. Si le roman l'a occupé dans la seconde partie de sa vie, le théâtre pendant les dix première années de sa création littéraire, la presse est restée une constante dès ses débuts jusqu'à sa mort.

En général, bien qu'il ait souvent collaboré à des organes dont il n'avait pas la responsabilité directe, il s'est surtout employé à créer ou prendre en charge des revues dont il était le propriétaire ou l'un des actionnaires, et le plus souvent le seul rédacteur. La plupart du temps, comme dans beaucoup de ses pièces, la polémique politique y demeure l'un des sujets majeurs, sa cible principale étant le premier ministre Robert Walpole, encore que se soit instaurée une sorte de trêve à une certaine époque. Fielding a également résolument et activement combattu par sa plume la rébellion jacobite de 1746. À cet engagement partisan, s'ajoutent nombre d'essais ou articles portant sur des sujets de société ou de morale publique, ainsi qu'une chronique critique de la littérature contemporaine, parfois très virulente et, à l'occasion, peu amène envers ses confrères. Si donc cette activité ne représente pas la plus glorieuse facette de son génie, elle reste importante par la notoriété parfois sulfureuse qu'elle lui a apportée au même titre que son théâtre et, dans une moindre mesure, ses romans, et aussi parce qu'elle présente un aspect important de son talent d'ironiste et d'humoriste, ses armes privilégiées restant la dérision et le rire. Son expérience journalistique lui a également servi dans sa fiction qui regorge de faits d'actualité, certains en constituant même le sujet (par exemple Shamela et Jonathan Wild), et dont les procédés stylistiques rappellent en partie ceux dont il s'est servi dans ses colonnes.

La Grub Street (plus tard Milton Street) au XIXe siècle telle qu'illustrée dans Chambers Book of Days.

L'activité journalistique est alors considérée comme surtout alimentaire (hackwork)[1], Pope mettant par exemple journaux, mélanges, merceries et magazines dans le même sac[2]. Le Grub-street Journal met ses congénères au pilori de la fausse politique, du raccourci vers la connaissance, du mauvais anglais, de la moralité douteuse, tous « parfaitement adaptés à la curiosité et aux capacités de la plupart des gens »[3],[4],[CCom 1]. Selon Michael Harris, le statut d'auteur de journal est « particulièrement bas » (peculiarly low), surtout parce que les articles sont écrits sur commande et pour l'argent[5].

Malgré ce handicap et son succès au théâtre, entre 1730 et 1752, Fielding écrit de nombreux essais et devient le principal auteur de différents périodiques. Les avis divergent sur le nombre de ceux auxquels il a collaboré : Goldgar les classe en deux catégories, les sûrs et les moins sûrs ; parmi les premiers figurent The Common Sense Le Bon Sens ») (1738), pour lequel il n'aurait écrit qu'une lettre et un essai, le Champion (1739-1740), le True Patriot « Le Vrai Patriote «) (1745-1746), le Jacobite Journal Le Journal jacobite ») (1747-1748) et le The Covent-Garden Journal Le Journal de Covent-Garden »)(1752), avec peut-être une revue éphémère intitulée The History of Our Own Times L'Actualité de notre temps ») (1741) ; parmi les seconds, et là il s'appuie sur Martin et Ruthe Battestin, sont cités le Fog's Journal, ( Le Journal du brouillard ») le Mist's Journal, (« Le Journal de la brume ») le Comedian, l' Universal Spectator, le Gray's Inn Journal Le Journal de Gray's Inn ») et surtout le Crafstman L'Artisan ») contenant quelque quarante essais au cours de la période 1734-1749[6].

Résumé chronologique
DateStatutJournaux
1738Étudiant en droit à Middle TempleCommon Sense, pour lequel Fielding n'a écrit qu'une lettre et un essai
1739-1740Entrée au barreau en Champion
1745-1746Shamela, Joseph Andrews, Jonathan WildThe True Patriot
1747-1748Tom Jones terminé (publié en 1749)The Jacobite's Journal
1752Journalisme (fin)The Covent-Garden's Journal

Les journaux « sûrs » (Goldgar)

Les journaux « moins sûrs » (Goldgar)

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI