Catulle 5
poème de Catulle
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Catulle 5 est un poème de Catulle (84 av. J.-C.–54 av. J.-C.). C'est une ode passionnée à Lesbie qui exhorte les amoureux à ignorer les commentaires désobligeants d'autrui et à ne vivre que l'un pour l'autre, car la vie est brève et la mort apporte un sommeil éternel. Ce poème a été traduit et imité de nombreuses fois et compte parmi les plus célèbres de l'auteur.
| Titre original |
(la) Ad Lesbiam |
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| Publié dans |
Poésies de Catulle (en) |
Le poème est écrit en mètre hendécasyllabique phalécien (latin : hendecasyllabus phalaecius) [1] qui comporte des vers de 11 syllabes, une forme courante dans la poésie de Catulle. Le système métrique d'un hendécasyllabique phalécien est ⏒ ⏒ | ‒ ⏑ ⏑ | ‒ ⏑ | ‒ ⏑ | ‒ ⏒ . Le premier mètre est généralement un spondée mais Catulle peut le remplacer par un trochée ou un iambe
Texte
| Vers | Texte latin | Traduction |
|---|---|---|
| 1 | Vīvāmus, mea Lesbia, atque amēmus, | Vivons, ma Lesbie, et aimons-nous, |
| 2 | rūmōrēsque senum sevēriōrum | Et les murmures des vieillards trop sérieux |
| 3 | omnēs ūnius aestimēmus assis! | Estimons-les tous à la valeur d'un seul as ! |
| 4 | sōlēs occidere et redīre possunt: | Le soleil peut se coucher et revenir ; |
| 5 | nōbīs, quum semel occidit brevis lūx, | mais lorsqu'une fois que la flamme éphémère s'est éteinte pour nous, |
| 6 | nox est perpetua ūna dormienda. | il nous faut dormir d'un sommeil éternel. |
| 7 | Dā mī bāsia mīlle, deinde centum, | Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, |
| 8 | dein mīlle altera, dein secunda centum, | puis mille autres, et à nouveau cent, |
| 9 | deinde ūsque altera mīlle, deinde centum; | ensuite encore mille autres, encore cent ; |
| 10 | dein, quum mīlia multa fēcerīmus, | alors, après des milliers de baisers pris et rendus, |
| 11 | conturbābimus illa, nē sciāmus, | brouillons-en bien le compte, nous ignorons leur nombre |
| 12 | aut nē quis malus invidēre possit, | pour que des jaloux ne puissent exciter leur envie |
| 13 | quum tantum sciat esse bāsiōrum. | par un si grand nombre de baisers |
Effets poétiques
Aux vers 5 et 6, la juxtaposition de lux (lumière) et nox (nuit) souligne ses deux comparaisons. Symboliquement, la « nuit perpétuelle » représente la mort et la « brève lumière » la vie. On relève également un second chiasme dans ces vers.
| brevis | lux | nox | perpetua |
| A | B | B | A |
Une traduction française du XVIe siècle de Jean-Antoine de Baïf a été utilisée par Reynaldo Hahn dans la chanson " Vivons, mignarde, vivre "[2]. Également en français, une traduction de Georges Lafaye a été composée par Darius Milhaud sous le titre « Ma chérie, aimez-nous »[3].