Catulle 8
poème de Catulle
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Catulle 8 est un poème du romain Catulle connu pour son incipit, Miser Catulle[1]. Il est écrit en vers choliambique.
Texte
| Vers | Latin original | Traduction |
|---|---|---|
| 1 | Misēr Cătūlle, dēsĭnās ĭnēptīre, | Pauvre Catulle, cesse de déraisonner |
| 2 | et quōd vĭdēs perīssĕ pērdĭtūm dūcās. | et ce que tu vois perdu, tiens-le pour perdu. |
| 3 | Fulsērĕ quōndam cāndĭdī tĭbī sōlēs, | Ont brillé autrefois pour toi d'éblouissants soleils |
| 4 | cum vēntĭtābās quō pŭēllă dūcēbat | quand tu t'empressais de venir où ta bien-aimée te menait, |
| 5 | amātă nōbīs quāntum ămābĭtūr nūlla. | aimée de moi comme aucune ne le sera plus. |
| 6 | Ibi īllă mūlta tūm jŏcōsă fīēbant | En ce temps-là se multipliaient ces parties de plaisir |
| 7 | quae tū vŏlēbās nēc pŭēllă nōlēbat, | que toi, tu désirais et que ta bien-aimée ne refusait pas |
| 8 | fulsērĕ vērē cāndĭdī tĭbī sōlēs. | Vraiment ont brillé pour toi d'éblouissants soleils. |
| 9 | Nūnc jam īllă nōn vūlt : tū quŏque īmpŏtēns nōlī, | Maintenant, elle n'en veut plus : toi aussi, malgré ta passion, renonce |
| 10 | nec quaē fŭgīt sectārĕ, nēc mĭsēr vīve, | ne t'acharne pas à courir après une fille qui te fuit et ne vis plus malheureux |
| 11 | sed ōbstĭnātā mēntĕ pērfĕr, ōbdūrā | mais, avec obstination, sois ferme, tiens bon. |
| 12 | Valē pŭēlla ! Jām Cătūllŭs ōbdūrat, | Adieu, ma bien-aimée ! Désormais Catulle tient bon |
| 13 | nec tē rĕquīret nēc rŏgābĭt īnvītam. | il ne te courtisera plus et ne te fera plus des avances contre ton gré. |
| 14 | At tū dŏlēbis, cūm rŏgābĕrīs nūlla. | mais c'est toi qui souffriras quand on ne t'en fera plus. |
| 15 | Scelēstă, vaē te ! quaē tĭbī mănēt vīta ? | Scélérate, malheur à toi. Quelle existence te reste-t-il ? |
| 16 | Quis nūnc te ădībit ? Cuī vĭdēbĕrīs bēlla ? | Qui à présent t'approchera ? Qui te trouvera jolie ? |
| 17 | Quem nūnc ămābis ? Cūjŭs ēssĕ dīcēris ? | Qui à présent aimeras-tu ? De qui te dira-t-on la conquête ? |
| 18 | Quem bāsĭābis ? Cuī lăbēllă mōrdēbis ? | Qui embrasseras-tu ? À qui mordilleras-tu les lèvres ? |
| 19 | At tū, Cătūlle, dēstĭnātŭs ōbdūra. | Mais toi, Catulle, résolument, tiens bon. |
Analyse
L'orateur, avec une certaine vanité, se dit qu'il faut répondre à la froideur de Lesbia par la froideur. Catulle était manifestement tombé sous le charme de sa maîtresse volage et avait du mal à supporter sa froideur avec dignité[1]. Tout en se plaignant de l'injustice de son comportement, il semble garder espoir en une réconciliation[2]. Merrill date le poème d'environ 59 av. J.-C., soulignant la différence de ton avec l'« amertume brève et acerbe » qui caractérise les poèmes écrits après que le narrateur se soit convaincu de l'indignité de Lesbia. Il estime que ce poème a manifestement été écrit durant cette période d'éloignement temporaire, interrompue par la décision volontaire de Lesbia[3],[4].
Dans sa traduction victorienne de Catulle, RF Burton intitule le poème « À lui-même racontant l'inconstance de Lesbie »[5].
Inspiration
- Ce texte aurait inspiré Alfred de Musset ainsi que Paul Verlaine[6]