Cayolar
abri de berger en pierre, assez sommaire
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Cayolar (ou coyalar, kaiolar en basque) est un terme employé en Basse-Navarre, en Soule, mais aussi en Haut-Béarn. Il désigne initialement un abri de berger en pierre, assez sommaire.
Définition

Le mot s'emploie pour la cabane du berger, en montagne, ainsi que le parc à brebis, pour le gîte du troupeau, et le terrain de pâturage autour pour le nourrir[1], qui peut être étendu.
Dans la tradition souletine, le cayolar (ou kaiolar) désigne à la fois une parcelle collective de pâturage en montagne, délimitée par des repères naturels (ruisseaux, rochers, forêts), et l'organisation sociale qui en découle[2],[3]. Chaque cayolar est partagé entre plusieurs maisons, souvent regroupées en une association pastorale. La participation se mesure en txotx, unité correspondant à un quota de brebis laitières (souvent entre 60 et 100)[4]. En fonction du nombre de txotx détenus, les familles se répartissent les jours de présence sur le site.
Le cayolar n'est donc pas seulement une construction, mais un système pastoral structuré, propre à la Soule et à d'autres provinces basques, où les éleveurs eux-mêmes, membres des maisons du village, assurent les tâches pastorales en alternance[3].
Différences entre une borde, une olha et un cayolar
Les termes borde (ou borda) et cayolar désignent deux types de constructions rurales traditionnelles liées au pastoralisme dans les Pyrénées, principalement utilisées lors de l'estive, c'est-à-dire la montée saisonnière du bétail vers les pâturages d'altitude. Ces deux types de bâtiments sont étroitement associés à l'organisation agropastorale traditionnelle des vallées pyrénéennes.
La borde sert principalement d'abri pour les bergers, de grange ou de bergerie pour le bétail, ainsi que de lieu de stockage du foin ou du matériel agricole. Elle peut être utilisée de manière permanente (bizi borda) ou semi-permanente, avec plusieurs pièces adaptées à une occupation prolongée.
Le cayolar, en revanche, est destiné à un usage strictement estival, principalement durant l'estive. Plus rudimentaire, il sert d'abri temporaire pour les bergers, mais surtout de lieu de fabrication du fromage (notamment l'ossau-iraty) directement sur les lieux de pâturage. Il peut aussi inclure un espace pour la traite et la transformation du lait.
Il ne faut pas confondre le cayolar (espace pastoral) avec l’olha (ou cabane), qui désigne plus spécifiquement le bâtiment servant d'abri et d'atelier de transformation sur le site. En basque, cette distinction est nette, bien que les deux termes soient souvent confondus en français. Des formes similaires de pastoralisme collectif existent aussi en Basse-Navarre, comme à Donaixti-Ibarre, où les éleveurs s'organisent en groupes appelés partzuerrak, chacun contribuant à un xotx selon ses moyens[5].
Architecture
Sur le plan architectural, la borde[6] est généralement plus grande et plus élaborée que le cayolar. Le cayolar, quant à lui, est plus modeste et rustique. Souvent de petite taille, il se compose d'une seule pièce, avec parfois une cheminée pour le chauffage ou la fabrication du fromage. Sa construction, également en pierre, dépend des matériaux disponibles localement, mais reste adaptée à une occupation temporaire et fonctionnelle. Dans certains cas, plusieurs cabanes peuvent exister au sein d’un même cayolar, utilisées en alternance selon les jours ou par différentes familles[3].
Enjeux patrimoniaux
Aujourd'hui, ces bâtiments témoignent d'un mode de vie agropastoral en recul, mais encore vivant dans certaines vallées. De nombreux cayolars et bordes ont été restaurés ou réhabilités dans le cadre de projets de valorisation du patrimoine rural ou de soutien au pastoralisme de montagne. Ils jouent également un rôle dans la préservation des savoir-faire traditionnels, notamment en matière de production fromagère artisanale et de gestion collective des estives[3].
Revendications
Les propriétaires de cayolar (cabane) revendiquaient le droit d'usage, voire de propriété, sur le terrain de pacage du troupeau[1].
La détermination de la frontière franco-espagnole s'est confrontée aux coutumes ancestrales concernant les droits réciproques entre villages.