Cela aussi passera
adage persan
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« Cela aussi passera » (en persan : این نیز بگذرد (īn nīz bogzarad)) est un adage persan que l'on retrouve dans plusieurs langues. Il parle de la nature éphémère de la condition humaine : les bonnes périodes comme les mauvaises ne durent pas indéfiniment, et ce autant à l'échelle de l'être humain qu'à l'échelle d'une civilisation)[1]. L'adage, sous sa forme actuelle, semble provenir des écrits des poètes soufis persans du Moyen Âge[2].

Histoire
Légende perse
Une légende veut que cette citation vienne de la cour d'un puissant roi perse qui convia ses sages, y compris les poètes soufis Farid al-Din 'Attar[3], Djalâl ad-Dîn Rûmî et Sanaï. Il leur demanda de trouver une affirmation qui serait exacte à tout moment et dans toutes les situations. Après s'être consultés, ces sages proposèrent « cela aussi passera », phrase qu'ils jugeaient vraie en tout temps et toute situation. Le roi, impressionné par la citation, l'aurait alors fait inscrire sur un anneau.
Le poète perse Saif Farghani, au XIIIe siècle, a utilisé cet adage comme titre de l'un de ses poèmes[4].
Légende juive
Cette histoire apparaît également dans la tradition hébraïque[5]. De nombreuses versions de l'histoire ont été enregistrées dans les archives folkloriques d'Israël à l'Université de Haïfa[6]. Le roi perse y est remplacé par un souverain d'Israël, souvent Salomon. La phrase est alors « Gam zeh ya'avor » (hébreu : גַּם זֶה יַעֲבֹר, translittération: gam zeh ya'avor). Dans la tradition juive, cet adage est parfois simplifié, apparaissant comme un acronyme avec seulement les lettres hébraïques gimel, zayin et yodh.
En Occident
L'adage a été transmis en Occident principalement par un récit du XIXe siècle du poète et traducteur anglais Edward FitzGerald. Le , le futur président des États-Unis Abraham Lincoln l'a également utilisé dans un discours : « Il est dit qu'un souverain oriental a autrefois chargé ses sages d'inventer une phrase valide et appropriée en tous temps et situations. Ils lui présentèrent ces mots, "cela aussi passera". Quelle profondeur dans ces mots ! Quelle leçon d'humilité à l'heure de l'orgueil ! Quelle consolation au plus profond de l'affliction ! "Et cela aussi passera." »[7],[8]
L'histoire du roi Perse est également racontée dans la série The Big Bang Theory par le personnage de Sheldon Cooper, mais de façon erronée. En effet, il explique que le roi demande à ses sages d'inventer une phrase pour le consoler, en omettant de préciser que la phrase doit fonctionner en toutes situations, y compris les moments joyeux[9].
Attar : « Le roi et l'anneau »
L'histoire du roi et de l'anneau, dans le Livre divin de 'Attar[3].
« Il y avait un roi pieux, qui tenait sous son sceptre l'empire du monde. / Il n'avait son pareil nulle part ; il recevait tribut du monde entier. / Ses territoires s'étendaient du ciel à la terre. Sa royauté embrassait l'est et l'ouest. / Des sages le servaient, recevant du seuil royal un salaire. / Il leur dit un jour, à leur étonnement : "Je passe par un état d'angoisse. / Un étrange désir a surgi dans mon cœur ; je n'en connais pas la cause. / Faites-moi un anneau de métal pur, de sorte que lorsque je serai triste / Je devienne joyeux en le regardant, dissipant ainsi l'envahissement du chagrin ; / Et que si la fortune me rend heureux, je devienne triste en le regardant." / Les sages lui demandèrent un temps de répit. Ces nobles pleins de sagesse se réunirent / Et réfléchirent beaucoup, méditant dans la peine. / Ils prirent à la fin leur résolution ; ils se décidèrent unanimement pour un anneau / Sur lequel serait gravée cette inscription : "Cela aussi passera bientôt." / L'empire de ce monde est fugitif ; on ne peut être vivant que par l'empire de l'autre monde. / Si tu désires cet empire-là, fais le sacrifice de celui-ci ; agis comme Ibrahim Ahdam. »
