Chakib Akrouh
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Berchem-Sainte-Agathe (Belgique)
Saint-Denis (France)
| Chakib Akrouh | |
| Terrorisme | |
|---|---|
| Information | |
| Naissance | Berchem-Sainte-Agathe (Belgique) |
| Décès | (à 25 ans) Saint-Denis (France) |
| Cause du décès | Tué par sa propre ceinture d'explosifs |
| Nationalité | Belge Marocain |
| Allégeance | Katiba Al-Mouhajirine État islamique |
| Surnom | Abu Mujahid al-Baljiki Dhul-Qarnayn al-Baljiki |
| Attentats | Attentats du 13 novembre 2015 en France |
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Chakib Akrouh, né le à Berchem-Sainte-Agathe (Belgique) et mort le à Saint-Denis (France)[1], est un terroriste djihadiste belgo-marocain.
Parti en Syrie en 2013, il participe à la guerre civile syrienne au sein du groupe djihadiste État islamique. Il revient clandestinement en Europe pour participer aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Il fait partie de l'équipe de trois terroristes auteurs du mitraillage de plusieurs terrasses causant la mort de 39 personnes. Parvenant à prendre la fuite après les attentats, il est finalement tué lors de l'opération policière du 18 novembre 2015 à Saint-Denis, lorsqu’il fait exploser sa ceinture d’explosifs, provoquant sa mort et celle de son complice, Abdelhamid Abaaoud.
Radicalisation et départ pour la Syrie
Chakib Akrouh nait le à Berchem-Sainte-Agathe, une commune de Bruxelles-Capitale, en Belgique, dans une famille belgo-marocaine[2]. Sa dernière adresse connue, rue Evariste Pierron, à Molenbeek-Saint-Jean, est située à deux rue de celle des frères Salah et Brahim Abdeslam. Mohamed Abrini, Abdelhamid Abaaoud, autres terroristes impliqués dans les attentats du ainsi que Ayoub El Khazzani, qui a perpétré l'attentat du train Thalys de 2015, ont aussi habité à proximité immédiate de cette adresse[2].
Chakib Akrouh prend le un vol aller-simple pour Istanbul depuis la Belgique et sa présence est attestée sur le territoire syrien quelques jours plus tard. En , des photos le montrant, fusil d'assaut en main apparaissent[2]. Il rejoint à son arrivée la Katibat al-Mouhajirine, puis quitte ce groupe pour rejoindre Daech. Un mandat d'arrêt est délivré contre lui le [2]. Il est condamné par contumace à 5 ans de prison le à Bruxelles dans une affaire de recrutements pour la Syrie[3].
Participation aux attentats du 13 novembre 2015
Il fait partie du groupe de trois terroristes, avec Brahim Abdeslam, qui déclenche sa ceinture explosive après les attaques, et Abdelhamid Abaaoud, qui a mitraillé des terrasses dans les 10e et 11e arrondissements. Se déplaçant à bord d'une Seat León immatriculée en Belgique, ils ouvrent le feu à trois reprises sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants. La voiture ayant transporté le commando est retrouvée le , garée en face du no 15 de la rue Édouard-Vaillant, à Montreuil[4]. À l'intérieur, les enquêteurs retrouvent les trois Zastava M70 utilisées lors des attaques[5]. Sur l'une d'elles sont présentes des traces d'ADN d'Abaaoud[6]. Deux cent cinquante mètres plus loin, les caméras de surveillance de la station de métro Croix de Chavaux enregistrent son passage à 22 h 14. Il est accompagné de Abdelhamid Abaaoud[7]. Leur trace est une nouvelle fois enregistrée à la station Nation à 22 h 28. À 0 h 28, environ vingt minutes après le début de l'assaut mené par la BRI, leur téléphone est détecté à proximité du Bataclan, rue Saint-Ambroise[8]. Ils se sont sans doute retrouvés parmi la foule de badauds observant l'intervention policière[9]. Les deux hommes rejoignent ensuite Aubervilliers en transport en commun. Leur téléphone y est détecté à 0 h 44[8]. Grâce à ce portable, ils restent en contact régulier avec une ligne localisée en Belgique[8].
Traque et mort

Après les attentats, Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud se terrent sur un talus végétalisé situé en contrebas de l'A86 dans une zone d'entrepôts à Aubervilliers, rue Marcel-Carné, dans le département de la Seine-Saint-Denis[10]. Les enquêteurs sont mis sur la piste de cette planque par un renseignement parvenu le en fin d'après-midi, faisant état de la présence d'individus en lien avec les attentats dans une zone industrielle. Les enquêteurs de terrain en sont informés le mardi 17 et, pour avoir la preuve par l'image, installent une caméra en début d'après-midi en direction du talus et guettent les allées et venues. À 20 h 10, ils aperçoivent une jeune femme, qui se révélera être Hasna Aït Boulahcen, s'approcher des fourrés, un portable à l'oreille. Une minute plus tard un homme, que les enquêteurs identifieront ultérieurement comme Chakib Akrouh apparaît puis, à 20 h 13, les policiers reconnaissent Abdelhamid Abaaoud émergeant des bosquets[10]. La planque est décrite comme un « igloo végétal » invisible de l'extérieur. Les données du téléphone et des reliefs de nourriture permettent d'établir qu'ils s'y sont cachés quelques heures après les attentats et y sont restés quatre jours et trois nuits. L'équipe chargée de la filature décide de ne pas intervenir directement car Abaaoud porte un gilet fermé, ce qui laisse craindre qu'il soit équipé d'une ceinture explosive[10].
Le trio monte dans un taxi, qui est suivi par la police et dépose Abaaoud et ses complices chez Jawad Bendaoud rue du Corbillon à Saint-Denis[10]. Des caméras de vidéo surveillance montrent à 22 h 14 Abdelhamid Abaaoud franchissant l'entrée de l'immeuble qui constituera sa dernière planque[10]. Ils sont tués au cours de l'opération policière du 18 novembre 2015 menée dans la nuit par le RAID et la BRI[11].
L'assaut des forces de l'ordre a été particulièrement violent. Le procureur de la République de Paris, François Molins, chargé de l’enquête, déclare lors d'une conférence de presse le que les policiers ont essuyé des « tirs très nourris et quasi interrompus (sic) [...] pendant près d'une heure », le RAID faisant « usage [...] de grenades offensives » et tirant « plus de 5 000 munitions »[12]. Cependant, il apparaîtra plus tard que les terroristes n'avaient comme seul arme de tir qu'un Browning GP sans chargeur[13],[14], les tirs reçus par les policiers venant selon toute vraisemblance de leurs collègues[15]. Selon le rapport d'autopsie, la mort d'Abaaoud est due aux suites de l'explosion de Chakib Akrouh qui s'est fait sauter à l'aide d'une ceinture d'explosifs, provoquant « un effet de blast et de polycriblage notamment par éléments métalliques (boulons) »[16].
D’après le procureur François Molins, Akrouh et Abaaoud avaient projeté « de se faire exploser le mercredi 18 ou le jeudi 19 novembre à La Défense »[17].
Le corps d'Akrouh n'est pas identifié immédiatement, ce n'est que le que le parquet de Paris annonce avoir déterminé son identité suite à une comparaison avec l'ADN de sa mère[18].
Le , l'État islamique consacre l'avant-dernière page de son magazine de propagande anglophone, Dabiq, aux auteurs des attentats du [19]. Chakib Akrouh y est présenté comme « Abu Mujahid al-Baljiki »[20].
Le , l'État islamique publie une vidéo de 17 minutes et 38 secondes, intitulée « Tuez-les où que vous les rencontriez », dans laquelle sept des neuf auteurs des attentats du s'apprêtent chacun à exécuter un prisonnier[21], présenté simplement comme un « murtadd » (apostat). Les Francophones, dont Akrouh, les tuent par décapitation, les deux Irakiens du Stade de France d'une balle dans la tête[22]. Toutes les exécutions ne sont pas montrées à l'écran, mais celle réalisée par Akrouh l'est. Dans la vidéo, c'est cette fois Bilal Hadfi qui est présenté comme « Abu Mujaed al-Baljiki »[23], tandis qu'Akrouh est surnommé « Dhul-Qarnayn al-Baljiki »[24].
Le , Chakib Akrouh est inhumé au cimetière multiconfessionnel d'Evere[25], où reposent également les dépouilles de Bilal Hadfi, Brahim Abdeslam et Ibrahim El Bakraoui[26].
Notes et références
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- 1 2 3 4 « Portrait de Chakib Akrouh, le kamikaze belge qui s'est fait exploser avec Abaaoud », La libre Belgique, (lire en ligne)
- ↑ Pierre Alonso, « Chakib Akrouh, la mort aux trousses », Libération, (consulté le )
- ↑ Aurélie Lebelle et J.cl., « Attentats à Paris : 3 fusils et des chargeurs trouvés dans la Seat à Montreuil », Le Parisien, (consulté le )
- ↑ Alain Lallemand, « Les terroristes d’Europe de l’Ouest se sont armés en Europe de l’Est », Le Soir,
- ↑ « Attentats à Paris: Abaaoud a manipulé une kalachnikov retrouvée dans la voiture du «commando des terrasses» », sur 20minutes.fr (consulté le ).
- ↑ « Attentats : identifié, le kamikaze de Saint-Denis était connu des services », sur L'Obs, .
- 1 2 3 Soren Seelow, « Attentats du 13 novembre : le récit de la cavale et la traque », Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
- ↑ Alfred de Montesquiou, « On a retrouvé la planque d'Abaaoud », Paris Match, no 3476, (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 Louise Colcombet, Valérie Mahaut , Eric Pelletier, Thibaut Raisse et Stéphane Sellami, « Attentats du 13 novembre : 20 h 13, le mardi, Abaaoud sort de son buisson », sur leparisien.fr, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Souad Mekhennet, Anthony Faiola et Missy Ryan, « Suspected architect of Paris attacks is dead, 2 senior European officials say », The Washington Post, (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Assaut à Saint-Denis: La conférence de presse du procureur de Paris François Molins », BFM TV, (consulté le )
- ↑ Fabrice Arfi et Donatien Huet, « Terrorisme: le grand bazar des Balkans », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ Soren Seelow, Stéphanie Marteau et Simon Piel, « Attentats du 13 novembre : les zones d’ombre autour de l’assaut du RAID à Saint-Denis », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Assaut de Saint-Denis : les terroristes n'ont tiré que… 11 coups de feu », Le Point, (lire en ligne).
- ↑ Eugénie Bastié, « Assaut à Saint-Denis: Ni Abaaoud ni sa cousine n'ont été touchés par les 5.000 tirs du RAID », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ « Attentats de Paris: ce que l'on sait des personnes impliquées », sur dhnet.be, (consulté le ).
- ↑ Soren Seelow et Elise Vincent, « Le kamikaze qui s’est fait exploser lors de l’assaut policier à Saint-Denis identifié », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Andrea Bambino et Pauline Talagrand, « L'EI met en scène les jihadistes du 13 novembre, dont deux Irakiens », AFP, (consulté le )
- ↑ R.S., « VIDEO. Attentats à Paris: Daesh officialise la liste des kamikazes », 20 Minutes, (consulté le )
- ↑ Mathieu Delahousse, « « Tuez-les où que vous les rencontriez ! » : Au procès du 13-Novembre, la propagande de l’EI décryptée », L'Obs, (consulté le )
- ↑ Karl Laske, « 13-Novembre, opération « Tuez-les où que vous les trouviez » », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ Michaël Bouche, « Une nouvelle vidéo de l'EI sur les attentats de Paris », sur 7sur7 (it), (consulté le )
- ↑ Malcolm Nance (en) (préf. Richard Engel (en)), Defeating ISIS (en) : Who They Are, How They Fight, What They Believe, New York, Skyhorse Publishing (en), , 544 p. (ISBN 978-1-5107-1184-6, OCLC 995247575, lire en ligne), partie II, chap. 7 (« ISIS in Europe, North America, and Australia »), p. 141
- ↑ K. F., « Terrorisme: Chakib Akrouh, lieutenant d'Abaaoud, inhumé au cimetière multiconfessionnel de Bruxelles », RTBF, (consulté le )
- ↑ Karim Fadoul, « Bruxelles : le couac qui a rendu identifiables les tombes des kamikazes du 13 novembre 2015 », RTBF, (consulté le )