Champneuville

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Champneuville
Champneuville
Le hameau de Neuville.
Blason de Champneuville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Verdun
Maire
Mandat
Fabrice Beaumet
2020-2026
Code postal 55100
Code commune 55099
Démographie
Gentilé Champneuvillois[1]
Population
municipale
115 hab. (2023 en évolution de −4,17 % par rapport à 2017)
Densité 9,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 14′ 15″ nord, 5° 19′ 38″ est
Altitude Min. 181 m
Max. 337 m
Superficie 11,99 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Verdun
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Belleville-sur-Meuse
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Champneuville
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Champneuville
Liens
Site web www.champneuville.frVoir et modifier les données sur Wikidata

Champneuville est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

Situation

La commune de Champneuville est composée de deux hameaux séparés d'un kilomètre : Champ (environ 50 habitants ) et Neuville (environ 80 habitants) où se trouvent l'église et la mairie.

Communes limitrophes

Hydrographie

La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le canal de l'Est Branche-Nord, la Meuse, le ruisseau de Ham et le ruisseau de Chattaucourt[2],[Carte 1].

Le canal de l'Est Branche-Nord, d'une longueur de 141 km, est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui relie Givet à Troussey, où il rejoint le canal de la Marne au Rhin[3].

La Meuse, d'une longueur de 486 km dans sa partie française, est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à 409 mètres d'altitude, et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement 950 kilomètres traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas[4].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Champneuville[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[7] et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[8]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 943 mm, avec 14,1 jours de précipitations en janvier et 9,5 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Septsarges à 13 km à vol d'oiseau[11], est de 10,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 942,8 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −15,7 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Champneuville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[14]. Elle est située hors unité urbaine[15]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Verdun, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[15]. Cette aire, qui regroupe 103 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[16],[17].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (85,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,7 %), prairies (25,5 %), forêts (11,8 %), zones agricoles hétérogènes (7,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,5 %)[18]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Villare in Campis (1125) ; Champ et Nuefville (1398) ; Neufville et Champ-sur-Meuse (1549) ; De Campis-Novavilla (1642) ; Champ-Neuuille (1681) ; Champs-Neuville (1700) ; Champ-Neuville (1730) ; Champneufville (1738) ; Nova-Villa-a-Compis (1738)[19].
La localité est à l'origine composé de deux établissements distincts regroupés très tôt. Le toponyme actuel est simplement la juxtaposition des deux anciens noms[20], fusion des deux villages : Champs et Neuville[21].

Issu de la locution latine Campus et Novella Villa, de l'adjectif du bas latin nova « neuve » et villa « ferme »[22], le territoire étant occupé dès l’Antiquité par un « Camp militaire » et une « Nouvelle ferme ».

Histoire

Situation géographique

Situé au cœur de la plus grande boucle que forme la Meuse en territoire français, Champneuville est implanté en contrebas de la côte du Talou qui domine la vallée. Le village est irrigué à son extrémité nord-ouest par la Meuse[23].

Origines antiques : un camp romain

La position stratégique du hameau de Champ en faisait un point de surveillance du fleuve particulièrement important au premier siècle de notre ère. La toponymie du lieu indique par ailleurs qu'il s'agissait à l'origine d'un camp romain.

Les voies romaines

Le site au temps historique est connu pour les deux voies qui viennent se croiser au Talou [24]:

  • L'une venant de Senon et allant à Avocourt « gravit la côte à Taloue au sommet de laquelle, redevenue visible, elle est connue sous le nom de Chemin des Romains ou Chemin des Allemands »
  • L'autre, menant de Verdun à Mouzon, passait par le moulin des Côtelettes (des sépultures franques et mérovingiennes ont été découvertes au point d'intersection)

Source : Liénard, Archéologie de la Meuse, 1885, t. 3

Une commune à deux visages

Depuis toujours, la commune est constituée de deux groupes distincts séparés par une distance de deux kilomètres [2]:

  • Champ : ancien camp militaire datant de l'époque romaine, mentionné dans un Cartulaire de la Cathédrale de Verdun en 1237
  • Neuville : mentionné dans le Cartulaire de Saint-Vanne dès 940

L'origine de Neuville

Neuville tire son nom d'une villa, c'est-à-dire une grosse exploitation agricole. Il semblerait qu'au camp fut vite adjointe une nouvelle ferme : « la novella villa ».

Saint Madalvé, patron de Champneuville ? (VIIIe siècle)

Un évêque voyageur

La personnalité historique la plus ancienne rattachée au village est Saint Madalvé ou Saint Madalvée , évêque de Verdun de 744 à 774. Dernier des saints évêques de Verdun (le 24e), il était abbé de Saint-Vanne et voyagea jusqu'en Terre Sainte, d'où il ramena des reliques de sainte Marie-Madeleine à Verdun[25].

La mort de Saint Madalvé à Neuville

En 774, venu dédier un autel à la Vierge Marie à Neuville (Champneuville), il décéda durant les festivités. La légende raconte que lorsque les Neuvillois transportèrent son corps de Neuville à l'abbaye Saint-Vanne (Verdun), deux colombes se posèrent sur la croix de procession tout au long du parcours[25].

Les églises de Champneuville

À Champneuville, Saint Madalvé fonda une église située au nord de l'ancien cimetière. Celle-ci resta debout, malgré de nombreuses modifications, jusqu'en 1897, date à laquelle elle fut rasée par le curé Émile Renard, qui la remplaça alors par un édific] néo-roman bien plus vaste. Cette dernière fut entièrement détruite, tout comme le village, au cours du Premier Conflit mondial[23].

Un saint patron toujours vénéré

Bien qu'il soit à l'origine du patronage de Champneuville sous le vocable de la Vierge Marie, Saint Madalvé demeure le saint protecteur du village, aujourd'hui vénéré uniquement à Champneuville où il est fêté le , date de sa mort. Une statue et un bas-relief représentant sa légende se trouvent dans l'église actuelle.

Le Moyen Âge

1285 : Guyart de Neuville au tournoi de Chauvency

1285...Peut-être que Guyart de Neuville (qu'on trouve toujours, dans le tournoi de Chauvency, en compagnie de Collart de Cuminières ou Cumières) était originaire de Champneuville ? En tous cas, les deux villages étaient voisins, comme le sont ces deux chevaliers aux fêtes de Chauvency-le-Château !

De la domination espagnole à la France (XVIIe siècle)

Un temps donné par Louis XIV au prince de Savoie (Châtellenie luxembourgeoise - prévôté d'Yvoy), le village devint français en 1661 grâce au maréchal Fabert qui s'en empara par surprise. Lorsque la paix fut conclue, il fut répondu aux Espagnols « que la prise de possession des deux villages était définitive [23]».

Au XVIIe siècle, un bastion militaire surveillait le passage à gué de la Meuse. Le lieu-dit « La Tour » témoigne encore aujourd'hui de cette préoccupation stratégique[23].

La vie à Champ avant la Grande Guerre

Le hameau de Champ comptait plusieurs artisans et commerçants. On y trouvait une école tenue par Pauline Prud'homme, qui épousera Anatole Blaise. Victor Barthe exerçait le métier de charron, tandis que Pierre et Eugénie Blaise ainsi qu'Alexandre Labroche étaient tisserands. Élise Blaise tenait un café et était également couturière. Prosper Bigorgne était maçon-tailleur de pierre. Sur le canal veillait M. Mabille, l'éclusier, et pour passer la Meuse, il fallait compter sur la barge de M. Bernard[23].

Le passage de la Meuse

Pour traverser la Meuse, les habitants avaient deux options. Le ponton et le bac était le moyen le plus classique, moyennant deux sous par personne. Mais il existait aussi le passage gratuit au Gué des Pierres, qui nécessitait toutefois de se déshabiller[23].

Comme le raconte Louis Lavigne dans Le Pays Lorrain (1930), pour aller à la fête de Champ le , les jeunes gens de Cumières préféraient traverser à gué : « Nous nous déshabillions et nous passions sur l'autre rive au Gué des Pierres ! Nous portions les petiots sur le dos et les plus lourds à la "chaise madame" » (deux partenaires se tenant les mains).

La Grande Guerre (1914-1918)

Les premiers mois du conflit

Pendant les premiers mois du conflit, la vie du village suit son cours malgré le bruit constant des bombardements sur le front situé de l'autre côté de la Meuse. Il faut attendre 1916 pour que le village soit évacué au cours du mois de février. Les premiers habitants ne reviendront qu'à partir de 1921[23].

La destruction totale

Le village est totalement détruit, si bien que 30% du territoire est classé Zone rouge. Contrairement à quatre communes voisines (Cumières, Louvemont, Beaumont et Haumont), Champneuville entreprend sa reconstruction.

La reconstruction (1921-1933)

Le renouveau agricole et architectural

Après une remise en état des terres agricoles qui le peuvent, la coopérative de reconstruction charge Émile et Marcel Delangle de rebâtir le village. Les 27 corps de ferme que reconstruisent le duo d'architectes venus de Paris sont édifiés entre 1922 et 1925 dans un style régionaliste lorrain.

Un village modèle

Bien que toutes différentes, les habitations et les fermes arborent briques et pierre de taille à la manière d'un parc parsemé de villas des plus luxueuses. Innovations de l'hygiénisme du temps, les demeures sont lumineuses sans pièces borgnes. La terre battue et le chaume sont définitivement bannis, remplacés par du béton granité et du parquet en chêne. Les cheminées capucines importées de la révolution haussmannienne côtoient la cheminée lorraine. La tuile mécanique et les charpentes de sapin sciées font alors leur entrée, propulsant le village dans le XXe siècle.

Les édifices publics

En 1926, c'est la mairie-école qui est inaugurée. La reconstruction s'achève en 1931 avec la bénédiction de l'église. Suivent en 1933 la réalisation des décors intérieurs de l'église, l'érection du monument aux morts et la construction du pont sur la Meuse.

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1801 (AN IX) 1812 Jean-François Guillant    
1812 1824 Nicolas Mazuet    
1824 1831 Nicolas Perignon    
1831 1846 Jean-Baptiste Watrin    
1846 1848 Jean-Louvent Mazuet Parti=    
1848 Nov 1848 François Watrin    
1848 1853 Jean-Baptiste Watrin    
1853 1871 Jean Mazuet    
1871 1872 Victor Colson    
1872 1874 François Morin    
1874 1884 Hubert-Delphin Watrin    
1884 1896 François-Celestin Morin    
1896 1899 Alexandre Paquin    
1899 1921 Adolphe Watrin    
1921 1945 Anatole Blaise    
1945 1977 Justin Watrin    
1977 1989 Jean Dubaux    
1989 2002 Jean-Pierre Dubaux    
mars 2002 mars 2008 Jean-Marc Lanher DVD agriculteur
mars 2008 mai 2020 Daniel Lefort EELV  
mai 2020 en cours Fabrice Beaumet[26]   Agent de maîtrise

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[27]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[28].

En 2023, la commune comptait 115 habitants[Note 4], en évolution de −4,17 % par rapport à 2017 (Meuse : −3,68 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
301318394426433501521465469
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
441414439390384372334310314
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2862592565797848890104
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
10697949092105114116123
2018 2023 - - - - - - -
119115-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[29] puis Insee à partir de 2006[30].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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