Fleury-devant-Douaumont

From Wikipedia, the free encyclopedia

Fleury-devant-Douaumont
Fleury-devant-Douaumont
Panneau indiquant le village détruit (photo 2022).
Blason de Fleury-devant-Douaumont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Verdun
Maire
Mandat
Jean-Pierre Laparra
2020-2026
Code postal 55100
Code commune 55189
Démographie
Population
municipale
hab. (2023 en stagnation par rapport à 2017)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 11′ 44″ nord, 5° 26′ 07″ est
Altitude Min. 227 m
Max. 390 m
Superficie 10,27 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Verdun
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Belleville-sur-Meuse
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Fleury-devant-Douaumont
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Fleury-devant-Douaumont
Géolocalisation sur la carte : Meuse
Voir sur la carte topographique de la Meuse
Fleury-devant-Douaumont
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
Voir sur la carte administrative du Grand Est
Fleury-devant-Douaumont

Fleury-devant-Douaumont est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

Le village fut détruit en 1916 pendant la bataille de Verdun et ne fut pas reconstruit. Depuis, le site de la commune est devenu un lieu de souvenir inhabité[1].

Localisation

La commune se trouve dans la forêt de Verdun, à quelques kilomètres au nord-est de la ville éponyme.

Localisation de la commune.

Communes limitrophes

Communes limitrophes de Fleury-devant-Douaumont
Bras-sur-Meuse Douaumont
village détruit
Vaux-devant-Damloup
village détruit
Fleury-devant-Douaumont Damloup
Belleville-sur-Meuse Verdun Moulainville

Hydrographie

La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Rhin et de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[2],[Carte 1].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Fleury-devant-Douaumont[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[5] et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[6]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 043 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 9,4 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bonzée à 16 km à vol d'oiseau[9], est de 10,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 783,7 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,6 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −17,3 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Fleury-devant-Douaumont est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Verdun, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[13]. Cette aire, qui regroupe 103 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[14],[15].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (97,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (85 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (12,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,2 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Fleurey (1254) ; Flurey (1275) ; Flurei (1283) ; Fleurium (1738)[17] ; Fleury (1793) ; Fleury (1801) ; Fleury-devant-Douaumont à date non connue[18].

Fleury est au sud de Douaumont.

Histoire

Nota : les informations qui suivent sont issues des panneaux locaux d'informations.

Avant la Première Guerre mondiale, Fleury-devant-Douaumont est un village dont les 422 habitants, en 1913, vivent principalement de l'agriculture céréalière et du travail du bois.

Les principaux conflits qui se sont déroulés dans la région, guerres révolutionnaires et d'empire, guerre de 1870 n'ont pas atteint le village, situé sur des hauteurs boisées. Après 1870, une voie ferrée est construite entre Verdun et Douaumont qui passe par Fleury. Un certain nombre d'ouvrages défensifs voient le jour dans le secteur (l'Empire allemand depuis 1871 s'étend alors sur une partie de la Lorraine, la frontière se situant désormais à une quarantaine de kilomètres à l'est de Fleury) : la redoute de Souville, les forts de Tavannes et de Froideterre et plusieurs ouvrages annexes. La commune voit alors passer nombre de soldats et d'ouvriers. En , les régiments de Verdun passent par Fleury pour se rendre dans la plaine de la Woëvre. Avec la bataille de la Marne, en , le front se fixe à quelques kilomètres au nord-est du village. Durant l'année 1915, il fait partie de la zone fortifiée de Verdun et de nombreux soldats y cantonnent.

Le débute la bataille de Verdun. Le village est réveillé par les tirs d'artillerie préparatoires à l'assaut allemand. L'ordre est donné d'évacuer le village, sous la neige. Le le fort de Douaumont tombe aux mains des Allemands, qui ont désormais une vue sur le village bombardé. Le , le fort de Vaux tombe à son tour. La ligne de front passe désormais par la commune et Fleury, entre le fort de Souville et l'ouvrage de Froideterre, devient une position clé qui peut permettre aux Allemands de percer en direction de Verdun. De juin à août, le commandement allemand lance plusieurs offensives sur cette partie du front. En deux mois, le village est pris et repris 16 fois par Français et Allemands. Le , les Allemands lancent plusieurs milliers d'obus sur le village, dont certains au gaz, bombardement suivi par une offensive des meilleures troupes impériales, la Garde bavaroise et l'Alpenkorps. Pour tenir la position, les hommes du 121e bataillon de chasseurs à pied se sacrifient. Les Français tentent également de contenir l'attaque en engageant leur aviation qui procède à des mitraillages au sol. La 260e brigade a pris la relève et d'âpres combats se déroulent pendant plusieurs jours sur quelques hectares seulement. Le village est pris le par les Allemands, repris le lendemain par les Français et de nouveau le surlendemain par les Allemands.

Le , les Allemands réussissent à prendre la Poudrière, un dépôt de munitions avancé enterré qui était destiné à alimenter les forts environnants. Certains soldats allemands parviennent jusqu'au Centre D, un petit ouvrage de défense terrassée. Ce point marque l'avancée allemande maximale en direction de Verdun.

Carte postale montrant les ruines de Fleury.

Du au , d'intenses combats se déroulent autour du village en ruines. Dans la nuit du 17 au , le régiment d'infanterie coloniale du Maroc lance un assaut et reprend définitivement le village. Avec les zouaves et les tirailleurs de la 38e division d'infanterie, ils combattaient depuis 10 jours sur le territoire de la commune.

Situé sur le secteur de Verdun, le village disparaît totalement sous l'acharnement des pilonnages des obus français et allemands.

En 1918, le village est déclaré « mort pour la France ». C'est l'un des neuf villages détruits lors de la bataille de Verdun[19]. Le relief tourmenté du sol de la commune témoigne encore de l'énorme quantité d'obus reçue.

En 1916, la commune normande appelée « Allemagne », dans le Calvados, change son nom en Fleury-sur-Orne en hommage à Fleury-devant-Douaumont, par une décision du conseil municipal du , validée par le Conseil des ministres le .

Plusieurs villages de Bavière ont une rue nommée « Fleury », nom donné en l'honneur des soldats de la Garde bavaroise tombés lors des assauts sur le village.

Politique et administration

Bien que détruit et sans habitant, comme les huit autres villages détruits autour de Verdun, la « Nation reconnaissante » a conservé son statut de commune à Fleury après la guerre. Il a donc un maire, nommé par le préfet de la Meuse[19].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1819 1831 François Lamorlette    
1919 1947 Lucien Body    
1947 1972 Jules Poncet    
mars 1977 janvier 2008 Léon Rodier[20]   Ancien colonel de l'armée de terre,
délégué du Comité national du souvenir de Verdun
2008 en cours Jean-Pierre Laparra    

Population et société

Démographie

Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, la commune est inhabitée. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 4],[Note 5].

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
221260293289380345369390400
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
376365350366378334524425433
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3483614221290776--
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
-5545----
2017 2022 2023 - - - - - -
---------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Néant, lieu de mémoire (commune « morte »)[1].

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI