Charles Demange
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Charles Demange, né le à Nancy et mort le à Épinal, est un écrivain français.
Charles Demange est le fils d'Émile Demange (1846-1904) et d'Anne-Marie Barrès (1860-1951). C'est un jeune dandy intellectuel nihiliste, neveu de Maurice Barrès, qu'il admire. Barrès guide Charles dans ses ambitions littéraires et politiques et le met en contact avec d'autres écrivains[1].
En 1909, le jeune Charles Demange tombe amoureux de la poétesse Anna de Noailles, qu'il a connue par son oncle Maurice Barrès. Mais Anna a des soucis de santé et part à l'été avec son fils et son personnel pour se faire soigner à Strasbourg par le Docteur Pierre Bucher. À la demande d'Anna, Demange et elle se rencontrent brièvement à la gare de Nancy. Charles est persuadé qu'Anna a un amant et se suicide peu après, laissant ces mots :
« Je me tue.
- Je vous ai follement aimée. Votre amitié était le mieux que je puisse rencontrer sur terre.
- Merci — et merci à mon oncle qui m’a fait vous connaître. Je ne veux voir que le baiser, du wagon[2]. »
Charles Demange se suicide dans une chambre du Grand-Hôtel à Épinal, en se tirant une balle dans la tempe. La veille au soir, à son arrivée de Paris, il avait dîné avec ses amis Gabriel Dauchot et Charles-Léon Bernardin[3].
L'entourage de Demange la rend responsable de son suicide. Elle est calomniée dans un article anonyme du Ruy Blas intitulé Les causes d’un suicide qui la dépeint comme « une coquette doublée d’une détraquée »[4]. Dans une lettre à Lucien Corpechot, elle se défend : « Je suis si malheureuse de l’indignité humaine ; je ne peux la supporter, l’ayant si peu, si peu vraiment méritée »[5].
Le suicide de Charles Demange touche ses amis écrivains, qui lui consacrent un ouvrage collectif intitulé Le souvenir de Charles Demange et publié en 1911 au Mercure de France[6].
Ils sont vingt-trois à avoir collaboré à ce livre : Georges Ducrocq, Léon Bernardin, Émile Faguet, Paul Adam, René Spaeth, René d'Avril, Fernand Baldensperger, l'abbé Lucien Chatelard, Fourier de Saint Victor, Jules Claretie, Gabriel Dauchot, Louis Dumont-Wilden, Désiré Ferry, André du Fresnois, René Gillouin, Émile Henriot, Ernest La Jeunesse, Henri Massé, Paul Odinot, René Perrout, Giuseppe Primoli, Ernest Psichari, Jules-Marie Raulin.
Des fragments de textes de Charles Demange sont publiés à titre posthume dans L'Indépendance (1911-1913)[7],[8].
Partant de cette histoire, François Mauriac écrira le roman La Chair et le Sang, publié en 1920.
Voir également, d'André Billy, Le Pont des Saint-Pères (Fayard, 1947), aux pages 137-138.
