Charles Dudouyt
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Illustrateur, concepteur de meubles |
Charles Dudouyt (1885-1946) est un illustrateur, entrepreneur et designer de meubles français.
Né à Paris de Gabrielle Fromage et de Charles-Louis Dudouyt, commissaire-priseur, le jeune Charles fait des études d'art à l'école municipale Germain Pilon (Paris 3e). Son père lui communique le goût pour les beaux objets et lui trouve des emplois chez des antiquaires[1],[2],[3].
Il épouse Jeanne Haguenauer en 1908, dont trois enfants, Rosine Dudouyt (1909), Geneviève (1911) et enfin Jacques (1913). Le couple s'installe à Conflans-Sainte-Honorine. Charles vit de la production d'illustrations pour des périodiques comme Rions, Le Rire ou encore Le Sourire[4], et pour des éditeurs comme la Librairie Arthème Fayard et Calmann-Lévy[1].
Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il est blessé du côté d'Ypres, puis travaille dans des usines d'armement et d'équipement militaires jusqu'au . Durant les trois dernières années du conflit, lui et sa femme fabriquent, de nuit, des luminaires et des éléments de décoration brodés[1].
La famille s'installe à Pontoise. Les Dudouyt sont chargés de la décoration d'un bar, rue Daunou. Par ailleurs, Mistinguett les commissionne pour redécorer son appartement boulevard des Capucines. En , Dudouyt, premiers succès aidant, s’associe avec le décorateur Louis Pierre Eugène Duval pour créer une société en nom collectif ayant pour raison sociale : Dudouyt, Duval et Cie. Le siège social est établi 33 rue Basse à Pontoise et fabrique des meubles et des articles de décorations[3].
En , Dudouyt fonde une nouvelle société d'ameublement avec l'industriel parisien Jean Lemée, appelée « L’Abeillée », basée à Pontoise, rapidement délocalisée à Saint-Ouen-l'Aumône. Les productions de L’Abeillée sont contemporaines de l'Art déco, mais tranchent par leurs aspects bruts, non dénuées d'originalité[5]. Du fait de la crise économique, l'entreprise ferme en 1931.

Dudouyt déménage au 60 rue d'Hauteville, puis ouvre début 1933, un magasin appelé La Gentilhommière, au 63-67 boulevard Raspail[6],[7], en plus d'un atelier située à la Butte-aux-Cailles, d'où sortent ses productions de meubles, au formes de plus en plus épurées, certaines étant marquées par un africanisme subtil. Dudouyt est très au fait des tendances de son temps[8]. Dans sa boutique, il présente aussi des créations de Jean Besnard (1889-1958)[9], Georges Jouve, Jean Després, Alexandre Noll. En 1937, il est exposant durant l'Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne[10]. Fin , il expose avec 29 autres artistes contemporains au Petit Palais[11].
En , Dudouyt, depuis le magasin, filme le boulevard Raspail avec une caméra 8 mm, capturant l'évacuation des troupes allemandes du front de la Normandie, puis le , la libération de Paris : ce document est conservé par le musée de la Résistance[12].
Très affaibli par la période de l'Occupation, Dudouyt, meurt en , des suites d'une prostatite[13],[14]. Son fils Jacques poursuit l'activité de La Gentilhommière, qui s'ouvre à des peintres contemporains et aux arts premiers, jusqu'en 1960[15],[16].
