Charles Théophile de Plazanet

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Élection20 août 1885
Réélection22 septembre 1889
CirconscriptionMayenne
LégislatureIVe et Ve (Troisième République)
Charles Théophile de Plazanet
Illustration.
Fonctions
Député français

(6 ans, 6 mois et 16 jours)
Élection 20 août 1885
Réélection 22 septembre 1889
Circonscription Mayenne
Législature IVe et Ve (Troisième République)
Groupe politique Union des droites
Successeur Georges Gamard
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (royaume de France)
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique Union des droites
Diplômé de École spéciale militaire de Saint-Cyr
Profession Militaire
Résidence Mayenne

Charles Théophile de Plazanet, dit le baron de Plazanet[1], né le à Paris et mort le à Paris, militaire et homme politique français, un officier supérieur, conseiller général et député de la Mayenne de 1885 à 1892. Fils unique du baron Annet-Jean-Baptiste de Plazanet, commandeur de la Légion d’honneur et organisateur du corps des sapeurs-pompiers de Paris, il suit une carrière militaire distinguée avant de s’engager en politique sous l’étendard monarchiste.

Origines et famille

Charles-Théophile de Plazanet est issu d’une famille originaire de l’élection de Tulle[2], en Corrèze[1]. Son père, Anne-Jean-Baptiste de Plazanet (1789–1856), colonel, commandeur de la Légion d’honneur et officier de l'ordre de Saint-Louis, avait servi sous le Premier Empire et organisé le corps des sapeurs-pompiers de Paris et fut sous-gouverneur de l’École militaire de Saint-Cyr[3]. Le , Charles-Théophile de Plazanet épouse Delphine-Marie Le Corgne de Trimadeuc, fille d’Yves-Louis Le Corgne de Trimadeuc et de Joséphine Lecomte. Ce mariage reste sans postérité.

  • Jean-Grégoire-Ferdinand de Plazanet, bourgeois de Versailles[1] x Marie-Théophile-Geneviève de Loubignac
    • Anne-Jean-Baptiste de Plazanet (1763–1852) x Adèle Charlier [de Sainte-Reine]
      • Charles-Théophile de Plazanet (1821-1892) x Delphine-Marie Le Corgne de Timadeuc

Le titre de baron personnel est donné en faveur de Annet-Jean-Baptiste de Plazanet, lieutenant-colonel, par lettres patentes du [1], avec règlement d’armoiries : D’azur au chevron d’or, accompagné en chef, à dextre d’une épée haute, à senestre d’une hache, et en pointe d’une tour ouverte, le tout d’argent ; au chef d’or, chargé d’une salamandre de sable enflammée de gueules[1].

Carrière militaire

Charles-Théophile de Plazanet entre à l’École militaire de Saint-Cyr en 1841[4], en sort sous-lieutenant en 1843, puis intègre l’École d’état-major en 1844. Il monte les échelons de l'armée. Il est nommé lieutenant d’état-major en 1846, et est attaché en cette qualité au 46e régiment de ligne, puis passe ensuite, avec le même grade, au 2e régiment de dragons[3]. Il est capitaine en 1849[4]. Il est ensuite aide-de-camp des généraux de Godefroy de Waldner de Freundstein, Louis Rilliet de Constant, Jean-Luc Carbuccia[3]. Il est en garnison dans l'Est de la France, probablement à Strasbourg lors du coup d'État du 2 décembre 1851[5]. Obéissant aux ordres, il sera chargé d'arrêter Albert Blondin, le futur préfet républicain de la Mayenne, qu'il retrouvera en 1886[5].

Algérie

Il participe à la campagne de Kabylie en 1852[6] lors de la conquête de l'Algérie par la France. Il se distingue notamment lors de l’expédition du Djurjura en 1855, ce qui lui vaut la croix de la Légion d’honneur[4]. Il prend part lors de la campagne de Kabylie (1857) aux combats des Benikadens et à la bataille d'Icheriden, qui ont assuré à la France la possession de la Grande Kabylie, en 1857[7].

Italie

Bataille de Solférino (Adolphe Yvon, 1861), château de Compiègne.

Pendant la deuxième guerre d'indépendance italienne (1859), il combat à Melegnano[6], Magenta[6] et Solférino[6], où il est représenté dans un tableau au château de Compiègne rapportant à Napoléon III un drapeau ennemi pris sur la tour de Solférino[7]. Chef d'escadron, attaché à l'état-major du 5e corps d'Achille Baraguey d'Hilliers[4], il devient officier de la Légion d'honneur. Plazanet fait partie des missions officielles envoyées par Napoléon III auprès du royaume de Prusse, lors de la guerre des Duchés contre le Danemark[8].

Guerre franco-prussienne de 1870

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, il est attaché à l’état-major du 4e corps de l'armée du Rhin (Paul de Ladmirault) sous les ordres de Bazaine. Il participe aux batailles de Borny-Colombey, Gravelotte[7] et Saint-Privat[7] à tous les combats de Sainte-Barbe[9]. Fait prisonnier en vertu de la capitulation de Metz[4], il est interné en Allemagne pendant six mois du au . Son château de la Ducherie est visité par les Prussiens[7].

Commune de Paris

À son retour, il est affecté au 2e corps à Paris. Membre de l'armée versaillaise, il participe à la répression de la Commune de Paris[3] et s'illustre lors de la reprise des fort de Vanves et du fort d'Ivry sur les troupes de la Commune[4]. Le fort d'Issy tombe le [10]. Le fort de Vanves est neutralisé à son tour et l'artillerie fédérée placée sur les remparts n'est plus d'aucune utilité pour assurer la défense de la capitale, soumise à un bombardement de plus en plus intense de ses quartiers ouest[10]. Plazanet entre le premier dans les forts de Vanves et d'Issy, ce qui lui valut l'honneur de conduire à Versailles les canons pris dans la lutte[3].

Le fort de Vanves détruit par les bombardements versaillais.
Gustave Paul Cluseret délégué à la Guerre à propos de la défense des forts d'Issy et de Vanves.

La Mayenne

Promu colonel en 1875, il est nommé commandeur de la Légion d’honneur en 1880 et mis à la retraite en 1881[4] après quarante ans de service, malgré plusieurs propositions d’avancement au grade de général[3]. Il se retire alors dans son château de la Ducherie, en Mayenne[6], où il s'occupe d'agriculture[4] et commence une carrière politique.

Carrière politique

Son mariage le fixa en Mayenne, à Saint-Céneré, où il fait bâtir dans un site qui domine tout le pays le château de la Ducherie. Sa femme est une descendante de la famille Courte[11] de la Bougatrière[12].

Le , il est élu aux élections cantonales de 1871 dans la Mayenne Conseiller général du canton de Montsûrs, où il supplante Paul Boudet, et préside pendant plusieurs années les séances du conseil général de la Mayenne.

Charles-Théophile de Plazanet se présente aux élections législatives de 1881[6],[13], et échoue face au candidat républicain élu, Charles Lecomte. Le , aux élections législatives de 1885[6], il passe député avec la liste conservatrice et monarchiste[14] et prend place à la droite royaliste[15]. Il est réélu aux élections législatives de 1889 à Laval face à Anatole Édouard Robert.

Les députés de la Mayenne, L'Avenir de la Mayenne, 26 janvier 1890.

À la Chambre, il siège à la droite royaliste, intervient sur les questions militaires, scolaires et coloniales, et défend les intérêts religieux et agricoles[7]. Il s’oppose notamment à la radiation du princes d'Orléans (duc d’Aumale[9]) des cadres de l’armée[9], à la politique scolaire et coloniale du gouvernement[4], et vote contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement. Il vote pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, contre les poursuites contre le général Boulanger[4]. Il démissionne de la commission de l’armée en , en désaccord avec la gestion d’un incident impliquant le général Boulanger[16]. Il défend la création d’un crédit agricole, un protectionnisme modéré, et s’oppose à l’immigration ouvrière dans les ateliers de l’État ainsi qu’à l’envoi des premiers contingents dans les colonies, prônant plutôt la formation d’une armée coloniale locale[3].

Décès et postérité

Charles-Théophile, baron de Plazanet, meurt à Paris le en son hôtel, au 16 de la rue de Penthièvre[7], d'une attaque de cholérine pendant la cinquième pandémie de choléra, à l’âge de 71 ans. Ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Augustin de Paris, puis son corps est transporté à Saint-Céneré (Mayenne)[2], où il était maire. Avec lui s’éteint le rameau aîné de la famille de Plazanet.

Hommages et mémoire

Un tableau réalisé par Adolphe Yvon représente le capitaine d'état-major de Plazanet qui gravit au galop le mont Fénile, et apporte à Napoléon III un drapeau ennemi[7]. Son engagement militaire et politique, marqué par un attachement aux valeurs monarchistes et une défense des intérêts ruraux[7], en fait une figure notable de la Mayenne du XIXe siècle. Paul Bernard-Dutreil, sénateur, Christian d'Elva, député, Georges Gamard, son remplaçant à la Chambre, prononcèrent des discours sur sa tombe.

Décorations et distinctions

Notes et références

Sources partielles

Liens externes

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