Né le , Charles Louis Claude Vincent est l'un des enfants de Caroline Vincent (1819-1862), née de Gervain, et de William Vincent († 1873), un fabricant d'indigo établi à Najafgarh (aujourd'hui Biposi Najafgarh, lieu-dit de Kharaoli), une localité située près des rives du Gange, au Sud-Est de la ville de Kanpur. Caroline de Gervain était la veuve du poète Maurice de Guérin du Cayla[1].
Les affaires de William Vincent ayant décliné, la famille dut quitter les Indes et s'installer près de Bordeaux en . Mme Vincent y mourut six ans plus tard. Âgé de onze ans à la mort de sa mère, Charles bénéficia ensuite de la protection de l'abbé Buquet, un proche de Maurice de Guérin[2]. Élève du collège de Bazas, Vincent y remporta de nombreux prix entre 1864[3] et 1868[4] avant d'obtenir son baccalauréat en 1869[5].
En 1872, alors qu'il était encore étudiant, Charles Vincent collaborait déjà au Courrier de la Gironde, un journaliste orléaniste. Le de la même année, il épousa la jeune Marie Anglade (1854-1896)[6]. De cette union naquirent les futurs artistes Henri Vincent-Anglade (1876-1956) et René Vincent (1879-1936)[1].
En 1879, Vincent devint l'un des principaux rédacteurs de L'Union de Sainte-Foy, un nouveau journal royaliste et catholique. Le de cette année, il affronta en duel un journaliste républicain, Charles Gilbert-Martin, qu'il avait offensé dans l'un de ses articles[7]. Selon son ami Oscar Havard, ce duel lui aurait coûté son poste de professeur de philosophie au collège jésuite de Tivoli à Bordeaux[8].
En 1884, Vincent devint le collaborateur de son confrère Charles Causse. Sous le pseudonyme collectif de «Pierre Maël», les deux écrivains rédigèrent ensemble de nombreux romans pour la jeunesse pendant près de vingt ans.
Veuf depuis 1896, Vincent épousa en secondes noces Cécile Moyse (1859-19..) le [10].
Si Charles Causse était connu du public, de la presse et des éditeurs comme Pierre Maël, Vincent restait quant à lui dans l'ombre, malgré une contribution littéraire plus importante que celle de son confrère. Une convention, conclue entre les deux hommes le , pérennisait cette situation mais réservait à Vincent le droit exclusif de reprendre le pseudonyme en cas de décès de son associé[11]. Ainsi, après la mort de Causse, survenue le , Vincent signa plusieurs romans du pseudonyme de Pierre Maël tout en publiant des œuvres plus personnelles sous son vrai nom. Cependant, quand il considéra qu'il ne pouvait plus gagner dignement sa vie avec ses seules publications, il accepta un emploi de secrétaire auprès du comte Sélim Cressaty, directeur de la Banque française d’Égypte[12], puis celui de professeur de latin dans une institution d'Auteuil[13].
Charles Vincent mourut à l'âge de 69 ans le à son domicile du no42 de la rue des Perchamps[14]. Il fut inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine[15]. Son confrère Charles Maurras lui rendit hommage dans L'Action française: «Peu d'hommes étaient plus sensibles, plus facilement soulevés par l'imagination, la fantaisie, le goût ardent de l'honnête et du vrai, jusque dans le pays des fables. [...] Sa haute intelligence, son âme de feu tendaient par-dessus tout à servir la cause de sa foi, de son pays et de son roi»[16].