Charles de Casaulx

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Charles de Casaulx
Fonction
Premier consul de Marseille
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Biographie
Naissance
Décès
Activité
Autres informations
Conflit

Charles de Casaulx, né le à Marseille où il est mort assassiné le , a été capitaine de la milice bourgeoise de Marseille ; il prit la tête des Ligueurs, s'empara du pouvoir dans la ville en . Il a été premier consul de 1591 à son assassinat en 1596.

La famille de Charles de Casaulx était originaire de Gascogne. Son arrière-grand-père était arrivé à Marseille aux alentours de 1480. Son grand-père, Philippe de Casaulx, qui s’était distingué lors du siège de la ville par les troupes de Charles Quint commandées par le connétable de Bourbon en 1524, fut élu troisième consul en 1537[1]. Son père était un marchand qui reçut en 1552 l’office de garde des magasins et arsenaux. Charles de Casaulx était donc issu d’une honorable famille.

À 28 ans, il exerce des fonctions municipales comme intendant du port. Il sert plusieurs fois comme capitaine de quartier et se rend très populaire par ses interventions en faveur des droits et privilèges de la ville contre l’évêque ou le gouverneur. C’est un ligueur zélé, qui se préoccupe avant tout des intérêts de la ville et aspire à devenir 1er consul.

Ascension

Le coup de force manqué de 1585

Après la mort survenue le du duc d’Anjou, frère du roi Henri III qui n’avait pas d’enfants, l’héritier du trône de France était un prince protestant Henri de Bourbon, roi de Navarre. Comme partout en France, deux partis s’affrontaient à Marseille :

À Marseille, la grande majorité de la population était favorable à la ligue, mais peu portée, dans l’ensemble, aux aventures. En 1585, profitant de l’absence du 1er consul Antoine d’Arène qui avait été appelé à la Cour, le second consul Louis de La Motte Dariès voulut faire adhérer la ville de Marseille à la ligue avec la complicité de Claude Boniface, capitaine du quartier de la Blanquerie, et de Charles de Casaulx. Ce mouvement insurrectionnel avorta, car le véritable chef des ligueurs était François de Bouquier qui n’était pas favorable à une telle révolte. Le chevalier d'Angoulême quitta Aix-en-Provence pour se rendre à Marseille où il fit arrêter Dariès et Boniface. En revanche, Charles de Casaulx réussit à s’échapper. Le , Louis de La Motte Dariès et Claude Boniface étaient décapités. Casaulx se réfugia à Aix où la comtesse de Sault lui fit obtenir le commandement d’un régiment dans l’armée de Hubert de Vins.

Nouvelle tentative

François de Bouquier était décidé à tirer parti de sa victoire. En accord avec le grand prieur, il fit modifier le règlement d’élection des consuls de Marseille qui prit le nom de règlement d’Angoulême, le grand prieur étant duc d’Angoulême[2]. Peu après l’assassinat de ce dernier le , Antoine de Bouquin, beau-frère d’Antoine Lenche, fut élu 1er consul en [3].

Jean Louis de Nogaret, duc d’Épernon, succéda au grand prieur au poste de gouverneur de la Provence, mais se retira un temps et laissa le commandement à son frère, Bernard de Nogaret, seigneur de La Valette. En , furent élus Nicolas de la Cépéde 1er consul (ligueur) et Antoine Lenche et Jean Bousquet, deuxième et troisième consul (partisans du roi).

Hubert de Vins, chef des ligueurs de Provence, voulut mettre la main sur Marseille et y envoya Honoré Louis de Castellane Besaudun. Malgré l’intervention d’abord victorieuse de La Valette, celui-ci fut obligé de se retirer. L’autorité du roi était bafouée. Après l’arrivée de Hubert de Vins à Marseille, des émeutes favorables à la ligue se produisent. Antoine Lenche, partisan du roi, est massacré le . La ville de Marseille est alors sous la domination totale de la ligue.

En , les ligueurs élisent 1er consul Gaspard d’Albertas, seigneur de Villecroze, et non Casaulx ce qui fut un échec pour lui. Peu de temps après Henri III fait assassiner le le duc Henri Ier de Guise. Une importante manifestation a lieu à Marseille en faveur des ligueurs Hubert de Vins et Castellane-Besaudun. La Provence est coupée en deux avec d’une part les catholiques qui tiennent les campagnes et ont leur parlement à Pertuis et d’autre part les ligueurs maîtres des villes avec leur parlement à Aix-en-Provence[4]. Lorsque Henri III meurt assassiné le , le parlement d’Aix reconnaît le cardinal de Bourbon dit « Charles X » tandis que celui de Pertuis reconnaît Henri IV.

Ligueurs contre ligueurs

Lors de l’élection des consuls de Marseille en deux clans de ligueurs s’affrontent pour le poste de 1er consul :

  • Charles de Casaulx, soutenu par Hubert de Vins et le consul sortant Gaspard d’Albertas de Villecroze
  • Pierre Caradet de Bourgogne, soutenu par Honoré Louis de Castellane Besaudun et par Gaspard de Pontevès, comte de Carcès.

La ligue s’était en effet séparée en deux clans : une partie française avec les carcistes et une partie savoyarde avec de Vins et la comtesse de Sault. Hubert de Vins était favorable à une aide savoyarde en hommes et en argent, mais pas à une entrée militaire régulière qui donnerait au duc de Savoie le pouvoir en Provence. C’est Caradet de Bourgogne qui fut élu le dans le plus grand désordre. Villecroze, accusé de vouloir livrer la ville au duc de Savoie, ce qui était inexact, fut arrêté et tué le lendemain de l’élection. Quelque temps plus tard, le , Hubert de Vins était tué d’un coup d’arquebuse devant Grasse. Sa disparition ouvrit la voie à ceux qui voulaient confier au duc de Savoie la protection d’une Provence libre et indépendante.

C’était un nouvel échec pour Casaulx qui non seulement n’était pas élu 1er consul, mais perdait aussi deux de ses plus fidèles amis.

L’alliance avec la comtesse de Sault

Charles de Casaulx s’allia avec Christine d’Aguerre, comtesse de Sault, veuve de Louis d’Agoult Montauban, ardente ligueuse. Elle fit appel à Charles-Emmanuel, duc de Savoie et gendre de Philippe II d’Espagne.

Casaulx essaya une nouvelle fois de se faire élire consul, mais ce fut Cornelio de Remezan qui fut élu 1er consul le . Casaulx se retira à Aix-en-Provence.

Après l’arrivée du duc de Savoie à Aix-en-Provence, la comtesse de Sault accompagnée de Besaudun et Casaulx de rendit à Marseille le . Le lendemain, après le retour de la comtesse à Aix-en-Provence, une nouvelle émeute commença entre les partisans du consul qui réclamaient le départ des troupes du duc de Savoie et ceux de Casaulx. Dans la soirée, deux chanoines de la Major purent faire accepter un armistice. Le lendemain Casaulx s’empara de l’hôtel de ville. Il était le maître de Marseille.

Prise de pouvoir

Voir aussi

Notes et références

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