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Charles Ier de Bourbon (archevêque de Rouen)

cardinal de l'Église catholique romaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Ier de Bourbon, dit le cardinal de Vendôme puis de Bourbon, né le à La Ferté-sous-Jouarre et mort le à Fontenay-le-Comte, est un prince du sang de la maison de Bourbon, reconnu roi de France sous le nom de « Charles X » en 1589 par le parti ligueur à la place de son neveu, Henri III de Navarre devenu Henri IV, chef du parti protestant.

Faits en bref Biographie, Naissance ...
Charles Ier de Bourbon
Image illustrative de l’article Charles Ier de Bourbon (archevêque de Rouen)
Portrait de Charles de Bourbon, dit Charles X, château de Beauregard, galerie des illustres, XVIIe siècle.
Biographie
Naissance
La Ferté-sous-Jouarre (royaume de France)
Père Charles IV de Bourbon
Mère Françoise d'Alençon
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Décès (à 66 ans)
Fontenay-le-Comte (royaume de France)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal

Par S.S. le pape Paul III
Titre cardinalice Cardinal-diacre :
de « S. Sisto »
de « S. Crisogono »
Évêque de l'Église catholique
Administrateur de Beauvais
(« Évêque-comte de Beauvais et pair de France »)
–
Administrateur de Carcassonne
– [réf. à confirmer][1]
Archevêque de Rouen
Primat de Normandie
–
Évêque de Nantes
–
Administrateur de Carcassonne
–
Évêque de Saintes
–
Évêque de Nevers
–
Autres fonctions
Fonction religieuse
Légat pontifical à Avignon
Abbé de Saint-Germain-des-Prés
Abbé de Saint-Ouen de Rouen
Abbé de la Trinité de Vendôme
Abbé de Saint-Pierre de Corbie
Abbé de Notre-Dame du Tronchet
Abbé de Saint-Wandrille de Fontenelle
Abbé de Saint-Pierre de Bourgueil

Blason
Auctor ego audendi
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org
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Au cours de sa carrière ecclésiastique, l'accumulation des bénéfices (il est devenu abbé commendataire de plus de vingt abbayes) fait de lui un des plus riches princes d'Europe[2]. Il fut en tant que prince de sang un personnage important des guerres de Religion. Après la mort de François d'Anjou, le frère et héritier du roi Henri III, la Ligue fait du cardinal son candidat à la succession à la place de son neveu, le protestant Henri de Navarre. Lors des États généraux de 1588 à Blois, il est arrêté sur l'ordre d'Henri III, alors hostile à la Ligue. À la mort de celui-ci, assassiné en 1589, le cardinal est reconnu roi par les ligueurs. Le , il est proclamé roi par les parlementaires parisiens ralliés à la Ligue, mais il meurt deux mois plus tard à l'âge de 66 ans.

Biographie

Famille

Il est le troisième fils survivant de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et de son épouse Françoise d'Alençon, duchesse de Beaumont.

Ses deux frères aînés sont Antoine (1518-1562), duc de Vendôme, puis roi de Navarre et François (1519-1546), comte d'Enghien. À la mort sans descendance de François, il se retrouve quatrième dans l'ordre de succession au trône de France[3] ainsi que second prince de sang. En effet, Antoine, puis son fils Henri, sont mieux placés que lui dans l'ordre légal de succession (primogéniture mâle) (ils sont, successivement, « premier prince du sang »).

Il est également le neveu du cardinal Louis de Bourbon-Vendôme et l'oncle du cardinal Charles II de Bourbon[2].

Il aurait eu un fils illégitime, Nicolas Poulain[2].

Formation et carrière ecclésiastique

Premières fonctions

Charles est destiné par sa famille aux hautes charges ecclésiastiques, suivant son oncle Louis, cardinal de Bourbon, malgré une certaine timidité[4].

Il débute comme clerc à la cathédrale de Meaux. Élu évêque de Nevers le , il est transféré à Saintes le . Il résigne le siège de Nevers le . Il devient à 25 ans en 1548 le second abbé commendataire de l’abbaye de la Trinité de Vendôme.

En , ses frères, dont Antoine duc de Vendôme et toute leur maison, sont fort insatisfaits qu'il ne soit pas encore promu cardinal, malgré la promesse du roi, alors que leur cousin, Charles de Lorraine est déjà promu au titre. En signe de mécontentement la famille se retire au château de Vendôme, pour visiter leur mère Françoise d'Alençon[4]. Il faut trois lettres du roi pour les convaincre de revenir à la cour en novembre, Charles fut alors promu le [4] lors du consistoire tenu par le pape Paul III, recevant le titre cardinalice de San Sisto le . Il est cependant généralement appelé le cardinal de Vendôme pour le différencier de son oncle le cardinal de Bourbon.

Suite à cette nomination il écrit une série de lettres à Jean du Bellay, admettant son manque de préparation à la prêtrise et de la dévotion nécessaire[5].

Période du cardinalat, entre politique et religion

Il participe au conclave de 1549-1550 qui élit le pape Jules III[2].

Il résigne le siège de Saintes le [2], la même année, il est nommé abbé commendataire de l'abbaye Saint-Ouen de Rouen.

À la suite de la mort de Martin de Saint-André (), il est nommé administrateur du diocèse de Carcassonne, fonction qu'il occupe du au (il le redevient après la mort de François de Faucon du à 1567).

Le , il devient archevêque de Rouen[2]. À ce titre le cardinal de Vendôme reçu le roi et sa cour, pour un festin, dans le palais abbatial de l'abbaye Saint-Ouen lors de l'entrée triomphale du monarque dans la ville à la suite de la prise de Boulogne-sur-Mer[6].

En 1551, il est nommé lieutenant-général du gouvernement de Paris et d’Île-de-France[pas clair][2].

Il participe aux conclaves de 1555 qui élisent les papes Marcel II, puis Paul IV[2].

De 1556 à 1558, il est abbé commendataire de l'abbaye Notre-Dame du Tronchet[7], de l'abbaye de Corbie à partir de 1557[2] Il ne participe pas au conclave de 1559 qui élit le pape Pie IV. Le , il devient cardinal de San Crisogono[2]. À partir de 1562, il est abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés[2].

Il ne participe pas au conclave de 1565-1566 qui élit le pape Pie V.

Il devient abbé de l'abbaye de Saint-Wandrille de 1569 à 1578, ainsi que de l'abbaye de Bourgueil[8] Le , il administre l'évêché de Beauvais, fonction qu'il résigne le , par échange avec Nicolas Fumée, abbé de la Couture.

Il participe aux états généraux de 1560, à Orléans.

Il accompagne en 1565 le roi Charles IX dans son voyage à Bayonne. Il devient cette année-là légat du pape à Avignon.

En tant qu'évêque de Beauvais (1569), il devient comte et pair de France.

En 1573, des laïcs auraient voulu abolir les privilèges universitaires[pas clair], mais, selon Julien Beré, l'intervention du cardinal de Bourbon sauvegarde ces droits. Le prélat, en dépit de son titre de conservateur apostolique des privilèges universitaires n'était néanmoins qu'un protecteur fort tiède[9].

Il ne participe pas au conclave de 1572 qui élit Grégoire XIII.

Il est pourvu de l'Abbaye de Jumièges en 1574.

En 1580, il préside l'assemblée du clergé de France tenue à Melun, et en 1581, le concile de Rouen[réf. nécessaire]. Il ne participe pas au conclave de 1585 qui élit Sixte V[2].

Le chef des « Bourbon catholiques »

Alors que beaucoup de ses proches, notamment ses frères Antoine et Louis, sont convertis au protestantisme, il soutient la lutte contre la nouvelle religion, en général et dans sa famille. Il y parvient partiellement avec son frère Antoine, et après le massacre de la Saint-Barthélemy avec ses neveux, les fils cadets du prince de Condé et Henri de Navarre (convertis sous la menace).

Mais il a toujours à cœur la défense des intérêts politiques des Bourbons face aux maisons rivales des Guise et des Montmorency. À la cour, sa position est donc difficile.

Lorsque, en 1560, son frère Louis Ier de Bourbon-Condé est arrêté sur l'ordre (personnel) de François II, il se jette en larmes[réf. nécessaire] au pied du roi pour implorer sa clémence.

Assidu à la vie de cour, il est du fait de son statut de prince du sang toujours placé au premier rang des grandes cérémonies. Sa présence au sein du conseil royal est un gage de légitimité pour un gouvernement en manque de reconnaissance.

Comme les autres Bourbons catholiques (Montpensier et La Roche-sur-Yon), c'est un familier de la reine Catherine. Homme faible et réputé simple d'esprit, la reine-mère se plaît à l'utiliser.[réf. nécessaire] Elle l'emmène souvent dans ses voyages, notamment pour servir de contact privilégié avec les princes révoltés de sa famille.

Rôle dans les guerres de religion de 1562 à 1584

Le palais que le cardinal de Bourbon se fit construire à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (Paris).

Il assiste au colloque de Poissy en 1561, organisé par le chancelier Michel de L'Hospital.

Le , c'est lui qui unit Henri de Navarre et Marguerite de Valois à Notre-Dame de Paris, peu avant le massacre de la Saint-Barthélemy le . Henri échappe au massacre grâce à son statut de prince de sang et abjure le protestantisme quelques semaines plus tard.

Il est le premier commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, lors de la première promotion du .

Le , il sacre[1] archevêque-duc de Reims Louis II de Lorraine, cardinal de Guise. La même année il offre aux Jésuites l'hôtel de La Rochepot, qui y aménagent leur maison professe dite « couvent des Grands Jésuites »[10].

Le candidat de la Ligue catholique au trône (1584-1589)

Faits en bref Titre, Roi de France (contesté, reconnu par la Ligue catholique) ...
Charles X
Illustration.
Gravure de Charles de Bourbon en roi "Charles X", par Thomas de Leu
Titre
Roi de France
(contesté, reconnu par la Ligue catholique)
–
(9 mois et 7 jours)
Couronnement
(proclamation par le parlement de Paris)
Prédécesseur Henri III
Successeur Charles XI
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon, de la branche cadette des Bourbon-Vendôme
Nom de naissance Charles de Bourbon
Date de naissance
Lieu de naissance La Ferté-sous-Jouarre (royaume de France)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Fontenay-le-Comte (royaume de France)
Sépulture Église de la chartreuse Notre-Dame de Bonne-Espérance
Père Charles de Bourbon,
duc de Vendôme
Mère Françoise d'Alençon
Fratrie Marie de Bourbon
Marguerite de Bourbon
Antoine de Bourbon,
roi de Navarre
François de Bourbon,
comte d'Enghien
Jean de Bourbon,
comte de Soissons
Louis de Bourbon,
prince de Condé
Héritier Charles de Bourbon
Religion Catholicisme

Image illustrative de l’article Charles Ier de Bourbon (archevêque de Rouen)
Monarques de France
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En 1584, à la suite de la mort de l'héritier présomptif François, duc d'Anjou, les ligueurs, excluant de la succession tous les protestants, nommément Henri III de Navarre, héritier présomptif selon la loi successorale, considèrent Charles de Bourbon comme le successeur légitime du roi de France Henri III.

En 1588, lors de la seconde assemblée des états généraux tenus à Blois, Henri III le fait arrêter après avoir organisé l'assassinat du duc de Guise, chef de la Ligue catholique. Il est emprisonné d'abord à Amboise avec les autres princes ligueurs, mais, craignant une trahison de son gardien le baron de Laugnac, alors que l'armée ligueuse avance vers Orléans, Henri III le fait transférer à Chinon[11].

« Charles X » (1589-1590)

Après l'assassinat d'Henri III par le moine catholique Jacques Clément en 1589, le conseil de la Ligue, dont fait partie Charles de Mayenne, le reconnaît comme roi de France sous le nom de Charles X[12]. À cette date, il est toujours détenu à Chinon. Le , il est cédé par le gouverneur de la place au chef protestant Philippe Duplessis-Mornay qui l'emmène à Maillezais, puis à Fontenay-le-Comte, en territoire huguenot.

Dans un premier temps, le conseil de la Ligue a demandé au Parlement de Paris de ne pas le proclamer roi de France, de peur que s'il venait à mourir, les Bourbons ne se prévalent de cette reconnaissance pour réclamer le trône[12]. C'est seulement le que le Parlement de Paris rend un jugement qui le reconnaît comme roi de France légitime[2]. Mais, depuis le château de Fontenay-le-Comte, il envoie une lettre à son neveu Henri IV qu'il reconnaît comme roi légitime.

Il meurt le . Sa dépouille repose dans le tombeau familial de l'église de la chartreuse Notre-Dame de Bonne-Espérance qu'il a fondée en 1553. Cet établissement ayant été détruit par le feu en 1764, la dalle de marbre qui recouvrait son tombeau a été transférée à l'église Saint-Georges d'Aubevoye où elle est encore visible.

Les monnaies « Charles X » de 1590

À partir de sa proclamation par le Parlement, ses partisans font battre monnaie à son nom, notamment des écus d'or, des quarts et des huitièmes d'écus d'argent.

La légende en latin de ces monnaies est, selon la tradition : Charles X roi de France par la grâce de Dieu[13].

Lors de travaux de terrassement à Vaux-le-Pénil, en 1885, des ouvriers ont découvert un double tournois à l'effigie de Charles X, roi de France et de Navarre : des ligueurs ont en effet séjourné dans les environs de Melun en 1590[14].

Ces monnaies ne doivent point être confondues avec celles émises durant la seconde Restauration au nom de Charles X, roi de France et de Navarre, libellées en francs.

Héraldique et devise

Le cardinal portait d'azur, à trois fleurs de lys d'or, au bâton péri en bande de gueules[15],[16].

Il avait pour devise : « Auctor ego audendi » (« Je me porte garant de ton audace »), formule prononcée (au féminin) par la déesse Junon, dans l'Énéide, de Virgile (Livre XII, v. 159). On peut aussi traduire, plus littéralement, le texte original, par : « Je suis l'auteur de ce qui est à oser. »

Ascendance

Notes et références

Voir aussi

Chronologie

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