Issu d'une famille noble désargentée, Charles de Fitte naît à Agen en 1857 d'un père ruiné et d'une mère gouvernante. N'ayant pas pu fréquenter correctement l'école[1], il réalise son service militaire au 9ème régiment de Chasseurs à cheval d'Auch durant lequel il est nommé maréchal des logis, grade vite cassé en raison de son indiscipline : il aurait gravi à cheval les marches de l’escalier menant à la cathédrale d’Auch[2]. De retour à la vie civile, Charles de Fitte ayant appris le métier de typographe déménage à Paris et entre à L’Intransigeant, journal socialiste alors dirigé par Henri Rochefort et où il connut Emmanuel Chauvière[1].
De retour à Toulouse, il adhère en 1886 à une Société de la Libre Pensée fondée par Louis Tranier, s'installe avec sa famille à Saint-Cyprien[2]. Dans le même temps, il fréquente le cercle radical-socialiste local mais s'en éloigne rapidement pour fonder, en 1888, avec Salomon Altroff[3] et quelques militants, l’Union républicaine socialiste et lancer La Révolution et L’Avant-Garde Républicaine et Socialiste. Élu au Conseil municipal socialiste sur la liste radicale du maire Camille Ournac, il tentera vainement durant son mandat d’obtenir des crédits pour bâtir une ceinture destinée à protéger Saint-Cyprien mais parvient tout de même à convaincre la majorité de créer une Bourse du Travail, inaugurée en 1892, place Saint-Sernin[2]. C'est aussi à plusieurs que Charles de Fitte aura l'occasion de débattre avec Jean Jaurès, alors lui aussi conseiller municipal, en l'accusant de préférer s'occuper de passe-temps bourgeois comme les subventions pour les théâtres plutôt que de s'occuper des ouvriers[4].
Embauché comme correcteur-typographe au journal La Dépêche en 1890, il participe brièvement à l'agitation boulangiste en militant pour faire triompher la candidature de Paul de Susini face à Ernest Constant en 1889. C'est également à cette époque que, devenu très proche des blanquistes, il adhère au Comité révolutionnaire central (CRC) de Édouard Vaillant avec une bonne partie des militants de l'Union républicaine socialiste[1].
Charles de Fitte meurt prématurément en 1893 à l'âge de 35 ans. Il est enterré dans un mausolée au cimetière de Rapas[2].