Checkpoint israélien
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Un checkpoint israélien (hébreu : מחסום ; arabe : حاجز) est un point de contrôle installé par les forces de sécurité israéliennes. Aujourd’hui, il fait principalement partie du système de fermetures en Cisjordanie occupée. Selon Israël, ces checkpoints ont pour objectif d’assurer la sécurité d’Israël et des colonies israéliennes[1]. Ils peuvent être tenus par la police militaire, la police des frontières ou d’autres unités de l’armée[2].


Quantité
Depuis les années 1990, Israël met en place des centaines de barrages routiers et de checkpoints permanents, tenus par la police militaire ou par la police des frontières[3].
En septembre 2011, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies indique qu’il existe 522 barrages et checkpoints entravant la circulation des Palestiniens en Cisjordanie, contre 503 en juillet 2010. Ce chiffre n’inclut pas les checkpoints temporaires, appelés « flying checkpoints », dont on compte en moyenne 495 par mois en 2011 en Cisjordanie, alors que la moyenne mensuelle des deux années précédentes était de 351.
Selon B'Tselem, il y a en septembre 2013 99 checkpoints fixes en Cisjordanie, auxquels s’ajoutent 174 checkpoints volants installés par surprise. En août 2013, 288 checkpoints volants sont recensés[4].
Cependant, selon les forces de défense israéliennes, après avoir retiré la majorité des checkpoints à titre de « geste de bonne volonté », treize checkpoints sont dénombrés en mai 2013 en Cisjordanie, contre quarante en 2008. De plus, toujours selon l’armée, ces points de contrôle ne sont pas systématiquement utilisés : leur activation dépend du niveau de menace jugé présent[5],[6]. Ce chiffre n’inclut pas les nombreux barrages routiers qui empêchent les Palestiniens de franchir la barrière, laquelle bloque dans de nombreux cas l’accès à des zones situées à l’intérieur même de la Cisjordanie.
Critiques

De nombreux habitants palestiniens de Cisjordanie affirment que, malgré l’objectif officiellement annoncé des checkpoints, ceux-ci portent en pratique atteinte à leur liberté de circulation ainsi qu’à d’autres droits humains[7]. Les plaintes concernant des abus et des humiliations sont fréquentes. Le juge-avocat général de l’armée israélienne, Menachem Finkelstein, indique qu’il existe « beaucoup — trop — de plaintes » visant des soldats accusés d’abuser et d’humilier des Palestiniens aux points de contrôle, ajoutant que leur nombre « allume un voyant rouge » pour lui[8]. Des centaines d’Israéliennes suivent et observent les checkpoints dans le cadre de Machsom Watch, qui publie des rapports quotidiens ainsi qu’un recueil de témoignages. Selon Yehudit Kirstein-Keshet, cofondatrice de l’organisation, ces documents montrent « l’emprisonnement d’une population entière dans un réseau de fermetures et de checkpoints »[9]. Elle rapporte également que les observatrices « ont été témoins de l’humiliation et des abus quotidiens, du désespoir et de l’impuissance des Palestiniens aux points de contrôle »[10].
Selon le rapport Humanitarian Monitor des Nations unies de février 2009, il devient « apparent » que le système de checkpoints et d’obstacles, présenté au début de la seconde Intifada (septembre 2000) comme une réponse militaire temporaire aux affrontements et aux attaques contre des civils israéliens, évolue en un dispositif plus permanent de contrôle. Celui-ci réduit progressivement l’espace disponible pour la croissance et les déplacements des Palestiniens, tandis que la population des colons israéliens continue d’augmenter[11].
Impacts

En mars 2002, un engin explosif est découvert dans une ambulance de la Société du Croissant-Rouge palestinien. Le Croissant-Rouge (PRCS) exprime sa stupéfaction face à cet incident et ouvre une enquête interne[12]. Le 11 janvier 2004, une ambulance de la PRCS ne transportant pas de patients est arrêtée et fouillée à un checkpoint volant près du village de Jit. L’ambulance est escortée par un véhicule militaire jusqu’à la gare routière de Qadomin où, après dix minutes, l’équipage récupère ses pièces d’identité et peut reprendre son service. Le même jour, dans un autre cas, une ambulance transportant un patient diabétique à l’hôpital de Tulkarem est arrêtée, fouillée, puis autorisée à poursuivre sa route après que l’accompagnant du patient est arrêté[13].
En 2008, un soldat israélien commandant un checkpoint à l’extérieur de Naplouse est révoqué et emprisonné pendant deux semaines après avoir refusé de laisser passer une femme palestinienne sur le point d’accoucher. La femme est contrainte de donner naissance au checkpoint et le bébé naît mort-né. Selon le ministère palestinien de la Santé, entre 2000 et 2006, au moins 68 femmes ont accouché aux checkpoints, dont 35 ont fait une fausse couche et cinq sont décédées en couches[14].