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Cheval des Marquises

population de chevaux From Wikipedia, the free encyclopedia

Le cheval des Marquises est une population de chevaux localement adaptée aux îles Marquises, en Polynésie française. Ces animaux sont probablement arrivés sur les îles au milieu du XIXe siècle, depuis le Chili, dans les navires de l'amiral Abel Aubert du Petit-Thouars. C'est un petit cheval léger, de type ibérique. Il est utilisé pour les déplacements et le travail dans des zones non-carrossables, mais ces usages ont beaucoup diminué avec la motorisation des transports. Ils transportent aussi des touristes lors de l'escale de l'Aranui. La majorité des chevaux des Marquises vit à l'état semi-sauvage, bien qu'ils aient tous des propriétaires. Ils sont associés à une valeur symbolique de richesse et de fierté.

Faits en bref Région d’origine, Région ...
Cheval des Marquises
Cheval des Marquises sur Hiva Oa.
Cheval des Marquises sur Hiva Oa.
Région d’origine
Région Drapeau de la Polynésie française Polynésie française
Caractéristiques
Morphologie Ibérique
Registre généalogique non
Taille 1,40 à 1,45 m
Robe Souvent bai, alezan, isabelle, plus rarement gris
Tête Profil rectiligne
Caractère Doux
Autre
Utilisation Travail agricole, tourisme équestre
Fermer

Ces chevaux se trouvent notamment sur les îles de Ua Huka, Nuku Hiva, Ua Pou, Tahuata et Hiva Oa. Ils ont été peints par Charles Alfred Le Moine et Paul Gauguin.

Histoire

Chevaux des Marquises harnachés, sur Ua Huka.

Ce cheval est aussi nommé « Marquisien »[1]. La population est certainement arrivée initialement au milieu du XIXe siècle depuis le Chili[1],[2],[3], notamment en 1842 lorsque l'amiral Abel Aubert du Petit-Thouars a fait don de chevaux au chef Iotete de Tahuata qui lui demandait de quoi se prémunir des convoitises des Américains, les chevaux étant fournis en échange de la souveraineté française sur ces îles[4],[5]. Ces animaux étaient probablement d'origine ibérique[1].

De nombreux autres chevaux sont apportés par René Ildefonse Dordillon à la fin du XIXe siècle[6]. Aux Marquises, ils vivent principalement à l'état sauvage depuis[1]. Une sécheresse importante frappe l'île de Ua Huka dans les années 1970 et décime les troupeaux de chevaux et de chèvres locaux[4]. L'évolution des modes de vie entraîne des changements progressifs dans le rapport entre les humains et ces animaux[6]. Selon Marie-Pierre Cerveau, avant 1998, les chevaux étaient omniprésents dans tout le bourg de Taiohae, broutant sur les bas-côtés, et de nombreux habitants les montaient pour se rendre à leur travail[6]. Désormais, les gros véhicules motorisés ont remplacé ces chevaux comme symboles d'aisance et de réussite sociale[6].

Description

Tête d'un cheval des Marquises.

Le guide Delachaux considère qu'il s'agit d'une population de chevaux, et non réellement d'une race[1]. Il mesure de 1,40 à 1,45 m[1]. Le modèle est léger et relativement homogène[1], d'un type nettement ibérique[2]. Il est petit et robuste[7].

La tête a un profil rectiligne[8]. L'encolure est fine et longue, et portée haut[8]. Elle est parfois renversée (encolure de cerf)[1]. Le poitrail est étroit[1]. Le garrot est bien sorti[1]. La croupe est nettement inclinée[8]. Les membres sont fins[8].

Les crins sont fins, et plutôt courts[1].

Robes

La robe peut être de toutes les couleurs possibles[9]. Elle est souvent baie sous toute nuance claire ou foncée, alezane, isabelle, ou plus rarement grise[1]. La raie de mulet est fréquente, de même que les marques blanches à la tête et aux membres[1].

Tempérament et entretien

Ces chevaux sont connus pour leur caractère doux et peu craintif[1], et pour leurs pieds sûrs[1],[10].

Utilisations

Un habitant de Fatu Hiva, montant un cheval des Marquises, part à la chasse avec sa meute de chiens.

Ces chevaux vivent habituellement à l'état sauvage, et sont capturés puis montés en fonction des besoins[1],[11]. Les Marquisiens les montent pour se rendre dans des lieux difficiles d'accès, pour la chasse ou pour le travail[6]. Les chevaux sont aussi montés par des touristes, surtout lors de l'escale mensuelle de l'Aranui[6]. En 2025, il est ainsi possible d'effectuer une promenade à dos de cheval des Marquises dans le bourg de Hokatu[12].

Le cheval marquisien est aussi utilisé pour le transport de denrées agricoles[3], notamment du coprah (pulpe de coco)[13] et du noni, ainsi que d'autres chargements lourds, sur les chemins non carrossables en particulier dans la montagne[6],[14]. La perte d'un cheval peut être vécue comme un drame parmi les familles peu aisées, car cela rend le travail agricole beaucoup plus difficile[6].

Les jeunes de Ua Huka reçoivent traditionnellement un cheval à l'âge d'affirmer leur indépendance, et peuvent le dresser par exemple pour la chasse ou pour des courses[6]. L'équitation se pratique localement à cru, ou sur de petites selles sculptées en bois[6]. Pendant les fêtes du mois de juillet, des courses au galop sont organisées sur les plages[6].

Diffusion de l'élevage

Cheval à Ua Huka.

Les chevaux font désormais partie intégrante de la faune des îles Marquises[3]. Ils sont surtout présents sur l’île de Ua Huka, aussi appelée l’île des chevaux, où leur élevage perdure[6] avec une centaine d'individus sur le plateau désertique aride[3]. Ils se promènent en toute liberté près de la piste de l'aéroport[6] (une partie désaffectée)[15], ainsi que dans les vallées de Hane et de Hokatu.

Ils sont aussi présents en troupeaux sur l'île de Nuku Hiva, et en plus faibles nombres sur celle d'Ua Pou[6], dans la forêt luxuriante d'Hohoi. On en trouve à l'état semi-sauvage sur l'île de Tahuata[11], où les conditions climatiques tropicales douces avec des précipitations faibles leur ont beaucoup profité[5]. Il en existe aussi sur l'île d'Hiva Oa[16].

La population totale est d'environ 3 000 têtes en 2014[1], dont la moitié sur Ua Huka en 2021[17]. Ces chevaux restent populaires parmi les jeunes générations, aussi, ils ne sont pas menacés d'extinction[1].

Dans la culture

Cavaliers sur la plage, peinture de Paul Gauguin, 1902.

Sur l'île de Ua Huka, le cheval fait partie, au début du XXIe siècle, de l'identité locale[6]. La possession d'un animal est historiquement source de fierté et marque de richesse[6]. La richesse du propriétaire s'évaluait traditionnellement au nombre de chevaux possédés, certains en ayant plusieurs dizaines[6]. Avec la progression des véhicules motorisés, il ne reste que peu de cavaliers pour perpétuer la tradition de l'équitation et du dressage des chevaux sauvages ; l'un des derniers cavaliers (en 2021), Vohi Brown, transmet son savoir aux jeunes générations de Marquisiens[18],[17].

Charles Alfred Le Moine, peintre des Marquises, a souvent représenté des bandes de chevaux sauvages dans les vallées[19],[20]. Paul Gauguin les a également peints[1] durant ses dernières années de vie, passées aux Marquises, de 1901 à 1903. On les retrouve en particulier sur les toiles Paysage avec un cheval ou Le Cheval sur le chemin[21],[22].

Cette population de chevaux est citée dans le roman pour enfants Hina aux îles Marquises, écrit par Rosy Chabbert[23].

Jacques Brel (qui a vécu aux Marquises et y est enterré[24]) les cite dans sa chanson Les Marquises : « La pluie est traversière, elle bat de grain en grain / Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin »[25].

Notes et références

Annexes

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