Christian Blareau

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Christian Blareau
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BlareauVoir et modifier les données sur Wikidata
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Tintin
Super Tintin
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Genre artistique
Influencé par
Œuvres principales

Christian Blareau, né le à Haine-Saint-Paul (province de Hainaut), est un scénariste de bande dessinée belge francophone. Connu pour sa participation au Journal de Tintin.

Jeunesse et formation

Christian Blareau naît le à Haine-Saint-Paul[1],[2]. Lecteur vorace depuis l'enfance, Blareau connaît bien les grands classiques de la bande dessinée franco-belge : « Dans ma jeunesse, je dévorais les aventures de mes héros préférés dans les hebdomadaires Tintin et Spirou, où l'Ouest américain et les histoires médiévales étaient à l'honneur. Je collectionnais aussi les albums de Bob et Bobette et tous les grands classiques (Blake et Mortimer, Tif et Tondu, Buck Danny, Gaston Lagaffe, Jo et Zette[3]…) ». D'autres bandes dessinées populaires, l'attirent aussi : « Les bandes dessinées de petit format des Éditions Artima, vendues, échangées et revendues clandestinement à très bas prix dans une épicerie du quartier, m'ont aussi offert des heures de lecture à petit prix[3]. » Blareau reconnaît tout particulièrement l'influence de deux auteurs : « Mon auteur préféré restera à jamais le brillant pionnier qu'était Hergé, dont j'ai lu et relu les albums avec un plaisir incomparable. La qualité de sa narration, la subtilité psychologique de ses personnages et la pureté de son trait m'ont toujours émerveillé. Mais c'est sans aucun doute l'humour incomparable de l'ineffable Marcel Gotlib et sa brillante Rubrique-à-brac qui m'ont le plus marqué[3]. »

Après ses humanités gréco-latines au Collège du Sacré-Cœur de Charleroi, il obtient un diplôme de conseiller social à l'Institut provincial supérieur des sciences sociales et pédagogiques de Marcinelle[1],[4]. En 1971, il termine ses études à l'Université catholique de Louvain[5], muni d'une licence en sciences du travail et de l'agrégation de l'enseignement supérieur[1],[4]. Malgré de longues études qui auraient pu l'en détourner, il garde un indéfectible attachement à la bande dessinée, au point de vouloir devenir scénariste[1]. Christian Blareau tente de concilier l'écriture de scénarios de bande dessinée avec un emploi dans le monde de la banque qui lui assure une plus grande stabilité financière, et à seulement 25 ans, il parvient à publier ses premières œuvres[5]. Il effectue son service militaire comme sergent à la base aérienne de Florennes, sans grand enthousiasme, lorsque qu'il publie quelques gags dans le supplément jeunesse du journal Le Soir (Le Soir-Jeunesse), intitulées Les Histoires fausses de l'oncle Jules[5]. Ces parodies, sans vergogne, des très érudites Histoires de l'oncle Paul publiées dans le journal Spirou, sont illustrées par Daniel Jean, un dessinateur français installé en Belgique[5]. La collaboration sera éphémère[1], l'artiste change d'orientation et devient graphiste publicitaire[5].

Chevalier Beloiseau

Suite au décès d'Hubuc, Mike, en recherche d'un scénariste, contacte Blareau, alors débutant dans le métier[5]. Il crée avec Mike dans le Journal Tintin sous l'égide du rédacteur en chef Greg[5] le personnage du Chevalier Beloiseau qui, de 1972 à 1975, vivra plusieurs dizaines d'aventures délirantes et burlesques[6] dans un Moyen Âge truffé d'anachronismes[1]. Chevalier Beloiseau est une série de bande dessinée humoristique qu'il signe de son seul patronyme. La première page de la série paraît dans le numéro daté du [5]. Cette collaboration scelle leur amitié[5]. Mais en 1975, Chevalier Beloiseau disparaît des pages de l'hebdomadaire, et Blareau doit revoir sa stratégie[7]. Lorsque Henri Desclez succède à Greg, les choses se gâtent pour le duo[7]. En effet, ce nouveau rédacteur en chef n'apprécie guère les personnages au gros nez chers à Mike[7]. Licencié et déçu, il se retrouve du jour au lendemain sans emploi, choisit de rejoindre son frère au Canada, où il mènera une carrière dans la publicité et vendra ses tableaux[7].

Trame

Le chevalier Beloiseau, en compagnie de deux compères, nommés Lancelot et De la Tripaille[8], vit des aventures loufoques, au Moyen Âge. Il doit régulièrement échapper à une admiratrice bien encombrante qui le poursuit de ses assiduités.

Historique de la série

Mike et Blareau, créent la série du Chevalier Beloiseau, qui paraît pour la première fois en 1972 dans le Journal de Tintin, éditions française et belge. La série comporte un peu plus de trente récits complets, jusqu'en 1975. Les premiers récits complets sont tous de sept planches, ensuite la longueur varie de cinq à huit planches. Les deux derniers épisodes sont publiés dans les Tintin Sélection numéros 28 et 29, sur douze pages au format pocket[9],[8]. L'intégrale de la série est compilée en quatre tomes par les Éditions du Taupinambour en 2009[8],[10].

Charabia

Entre 1975 et 1978, il crée une autre série pour Tintin, intitulée Charabia, composée de gags d'une demi-page ou d'une page entière mettant en scène un chat, sorte de version adulte et quelque peu cynique de Poussy de Peyo, dessiné par Daniel Hulet[7]. Charabia entre en scène dans Tintin le [11]. C'est un chat doté d'une grande force de caractère. Si ses racines restent indéterminées, il est manifeste qu'il possède le tempérament d'un chat de rue audacieux plutôt que celui d'un animal de salon. Insoumis et parfois véhément, Charabia fédère de nombreux congénères dans son quartier. C'est lui qui orchestre les mouvements de revendication nécessaires à la défense des droits de la gent féline dès que les circonstances l'exigent. Ses initiatives ne sont pas toujours couronnées de succès, mais son dévouement est total[12]. C'est un matou plus humain que félin[1].

Le Comte Lombardi

Une autre courte série de cette période fut Le Comte Lombardi[1],[13],[14], publiée entre 1975 et 1977, composée de sept épisodes de six pages dessinés par Godi dans un style graphique « début de siècle »[15]. La série ne connaît pas d'album.

Résidus, tyran de Rome

Il imagine les méfaits de Résidus, tyran de Rome, dont le personnage central est inspiré par l'empereur Néron, dessiné par Pierre Guilmard[1]. Cette éphémère bande dessinée humoristique vivra dans la Rome antique, le temps de sept livraisons de gags en une planche en 1978[16],[17]. Seulement dix gags d'une page paraissent dans Tintin en 1978[7]. L'année suivante, ces dix pages sont publiées en Espagne sous le titre Neronius dans la revue Mortadelo. Elles rencontrent un certain succès, puisque, une semaine après la parution de la dernière page signée Blareau et Guilmard, la série est reprise par l'artiste espagnol Esegé (es), avec la collaboration de plusieurs auteurs des éditions Bruguera[7].

Avec Bédu

En 1979, André-Paul Duchâteau, alors rédacteur en chef et futur directeur artistique, lui présente le dessinateur Bédu qui va lui dessiner coup sur coup les histoires du P'tit Prof[18] (2 tomes, 1987, 2005) et d'Ali Béber (3 tomes, 1985-1987)[19]. En 1979, avec Bédu, il crée coup sur coup les deux séries qui lui vaudront d'être publié en albums[1].

Le P'tit Prof

D'abord Le P'tit Prof, une bande dessinée loufoque dans laquelle il traite les sujets les plus divers sous forme d'exposés pseudodidactiques, un peu à la manière de René Goscinny dans Les Dingodossiers ou Les Divagations de monsieur Sait-Tout dont il est inspiré[1],[5]. Les Leçons du P'tit Prof[20] paraissent sous forme de gags ou récits courts de deux à cinq pages de 1978 à 1981. Elles sont nommées Le P'tit Prof de 1982 à 1987. Un album paraît en 1987 axé sur le thème du sport, Ça, du sport ? …, dans la collection « Bédé Chouette » des éditions du Lombard. La maison d'édition Loup propose une édition en noir et blanc en 2005[21],[22].

Ali Béber

La série Ali Béber[23] compte trois aventures à suivre : Le Scorpion noir (1980) ; Ali Béber et la clef du bonheur (1981) ; L’Ombre blanche (1982), un court récit de 7 pages publié dans Super Tintin : Les Jeux de Dakblad (1980) et un court récit de 16 pages intitulé : Mystère de Mekel-Fatrah, publié dans l'hebdomadaire Tintin en 1980.

Trame

Il y a bien longtemps, au lointain Dakblad, vivait Ali Béber, un pauvre marchand, avec son jeune frère, Mustafa. Il ne s'agit pas d'un conte des Mille et Une Nuits, même si la magie de ces histoires imprègne les aventures de ces deux frères : génies, voleurs, lieux merveilleux et innombrables dangers les attendent dans les récits. Ensuite, les aventures d'Ali Béber, un jeune héros des mille et une nuits qu'il entraîne dans de grandes histoires à suivre[1]. Comme dans Le Scorpion noir où il récupère une lampe abandonnée par un certain Aladin et il a malencontreusement libéré le désespérant génie Kif Kif[24].

Historique de la série

Malgré son charme et son potentiel indéniables, la série est brutalement interrompue après seulement un peu plus de deux ans[25]. Alors que les aventures d'Ali Béber et Les Leçons du P'tit Prof sont encore publiées dans Tintin, Bédu désireux de travailler sur ses propres séries, crée d'abord Beany le raton-laveur puis Hugo[25]. Comme le raconte Bédu : « La fin de cette série est de ma faute. Je voulais développer mon propre personnage et j’ai présenté Hugo, qui fut accepté par Jean-Luc Vernal. Dès lors, je me suis consacré exclusivement à Clifton et Hugo. Mes contacts avec Blareau s’arrêtèrent là[25]. ». L'éditeur Le Lombard publie tardivement certaines aventures d'Ali Béber sous forme d'albums[25]. Entre 1985 et 1987, la majeure partie de la série est rassemblée dans trois albums de la collection « Bédé Chouette », dont le format ne comprend que trente pages par album[25]. Ceci a pour conséquence la suppression de deux histoires et l'omission d'un épisode entier[25]. Cette même collection proposait également d'autres séries telles que Oumpah-Pah d'Uderzo et Goscinny et Modeste et Pompon de Walli et Bom, mais elle a disparu après seulement trois ans (1985-1988)[25]. Selon Bédu : « La formule des albums de trente pages de la collection « Bédé Chouette » n'a pas séduit les lecteurs belges ni français. L'éditeur n'a pas poursuivi cette initiative[25]. » Ali Béber est publié en Espagne pour la première fois en 1981, lorsque les éditions Bruguera publient l'une de ses bandes dessinées dans la version espagnole du journal Tintin[25]. En 1984, le même éditeur publie une autre bande dessinée dans un numéro spécial de Zipi y Zape et deux autres dans le magazine Zipi y Zape Especial[25].

Autres collaborations

Christian Blareau a également écrit, lors de sa collaboration avec Bédu, quelques récits sans personnages récurrents, dessinées par Godi, Pascal Dabère, Sidney et Bédu lui-même. Ainsi, au cours de sa carrière relativement brève de scénariste, il a eu l'occasion de travailler avec une grande variété d'artistes[25].

Changement d'orientation

Brusquement, après douze années consacrées à la bande dessinée qui au total représentent plus de 700 planches publiées dans le journal Tintin, Christian Blareau s'arrête[1]. Il décide de se consacrer pleinement à son ancien emploi dans le secteur bancaire[3]. « J'ai en effet interrompu mes activités de scénariste en 1984, dit-il, et le peu de loisir que me laisse ma profession d'inspecteur bancaire ne me permet pas d'envisager une reprise sérieuse dans un proche avenir[1]. »

Vie privée

Christian Blareau est Carolorégien depuis trente-cinq ans (en 1988)[1]. Il demeure à Mont-sur-Marchienne[1]. Il est marié à Françoise[3] depuis le [8] et père de deux fils[1]. Quatre décennies après avoir quitté son métier de scénariste, Blareau indique : « À 75 ans, je savoure l'art d'être grand-père avec les deux adorables enfants de mon fils aîné, qui habitent à 500 mètres de chez moi. Quant à mes loisirs, je les consacre principalement à mon grand jardin et au tennis, que je pratique régulièrement avec un groupe d'amis de mon âge. De temps en temps, je lis encore une BD, même si les suites commerciales des personnages de ma jeunesse me déçoivent toujours, tout comme je considère le retour de Tintin au cinéma par Spielberg comme une véritable hérésie qu'Hergé n'aurait pas appréciée. Et Hergé, pour moi, restera à jamais le nom le plus important du neuvième art. Il n'avait pas besoin d'un combat de grues spectaculaire ni d'un investissement d'un million de dollars pour nous divertir[25]. »

Style et analyse

Christian Blareau explique sa méthode de travail : « Je procédais toujours de la même manière. Après avoir imaginé une histoire, je la divisais en cases, dans lesquelles j'écrivais les dialogues dans des bulles que j'improvisais. J'ajoutais la description de l'image au bas de la case. Ensuite, l'artiste n'avait alors plus qu'à déployer son talent pour animer l'action, et sans mon intervention, hormis quelques ajouts de détails, cette méthode laissait peu de place à l'improvisation[25]. »

La plupart des bandes dessinées de Blareau se déroulent dans un cadre historique différent, tout en étant toujours empreintes d'humour[25]. À ce sujet, il confie : « Oui, mes gags ont généralement une connotation historique. Mon éducation gréco-romaine auprès des bons prêtres jésuites du collège de Charleroi y est sans doute pour beaucoup. Étudier Homère et Tite-Live aiguise l'imagination. Et quel plaisir, en outre, d'ajouter une petite touche d'originalité qui déforme la réalité et transforme en comédie un épisode souvent ennuyeux que nos professeurs d'histoire nous ont enseigné[25] ! »

Publications

Notes et références

Annexes

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