Christine Hug
officière de l'armée suisse
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Christine Hug, née en à Zurich et morte le à Berne, est une officière de l'armée suisse, qui atteint le grade de lieutenante-colonelle[n 1].
Berne
| Naissance | |
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| Décès |
(à 43 ans) Berne |
| Nationalité | |
| Formation |
École polytechnique fédérale de Zurich (histoire militaire) |
| Activité |
| Grade |
|---|
En septembre 2019, elle devient la première officière ouvertement transgenre de l'armée suisse. Elle commandait le bataillon Panzer 12, composé de près d'un millier de soldats.
Biographie
Enfance et famille
Christine Hug naît de sexe masculin en [2] à Zurich[3], sous le nom de Christian Urs Hug[2]. Elle grandit à Kilchberg, dans la périphérie de Zurich, puis à Bâle à partir de 14 ans[4]. Elle a un frère cadet[5].
Son père, Thomas Hug, est chef de la police criminelle de la ville de Zurich pendant neuf ans, puis premier procureur du canton de Bâle-Ville ; il est également le fondateur et directeur du musée Musée militaire suisse de Full (de), à Full-Reuenthal, dans le canton d'Argovie, et colonel à l'armée[6]. Sa mère, photographe, tient le foyer familial[2],[7]. Tous deux ont un brevet de pilote d'avion et emmènent régulièrement leurs enfants voler avec eux dans des avions biplaces. Christine Hug passera également le brevet, à l'âge de 17 ans[4].
Études
Après le gymnase à Bâle, Christine Hug fait des études de droit à l’Université de Zurich, qu'elle ne mène pas à terme, puis d'histoire militaire à l'École polytechnique fédérale de Zurich[4]. Son mémoire porte sur l'acquisition et le déploiement des chars de combat par l'armée suisse dans les années 1950 et 1960[6].
Carrière militaire
Christine Hug est recrutée en 2019 par l'armée suisse à la sortie de ses études pour un poste d'officier de carrière[7],[6]. Elle y atteint le grade de lieutenant-colonel dans l'état-major général (en)[4]. Elle commande[n 2] le bataillon Panzer 12, composé de soixante-dix chars et de près d'un millier de soldats[8].
Autres activités
Au début de l'année 2021, pendant la pandémie de COVID-19, Christine Hug crée l'association « Kinder atmen auf » (les enfants respirent), comptant plus de 400 membres fin 2021. Devenue une des figures centrales en Suisse de la lutte contre les mesures prises dans les écoles pour lutter contre la pandémie, elle fait recours avec succès auprès du tribunal administratif du canton de Soleure contre l'obligation de porter un masque à l'école primaire. Un recours similaire déposé dans le canton de Berne est finalement rejeté par le Tribunal fédéral[9].
Elle ouvre en à Buchegg avec sa femme et une voisine, enseignante, une école privée (Buechi-Schul) reposant en grande partie sur la pédagogie de la nature (de). L'école comptait dix élèves à son ouverture[9].
Affirmation de la transidentité
Christine Hug fait son coming out transgenre auprès de sa femme en , dans une lettre de six pages[4]. Elle commence un traitement hormonal substitutif en [6]. En , elle subit une chirurgie de réassignation sexuelle à l'Hôpital universitaire de Zurich[9]. Elle choisit le prénom de Christine après avoir parlé avec ses parents, qui l'auraient nommée avec ce prénom si elle avait été assignée au genre féminin à la naissance[8].
Elle informe sa fille et le reste de sa famille en 2019. La même année, en mars, elle informe son supérieur brigadier de sa transidentité (lequel informe à son tour le chef de l'armée, le lieutenant-général Philippe Rebord, et la conseillère fédérale alors à la tête du Département fédéral de la défense, Viola Amherd)[6] et devient ainsi la première officière transgenre de l'armée suisse[10]. Elle informe ensuite tous les membres de l'armée avec lesquels elle travaille, en envoyant un courriel à sept cents militaires[8]. Après des articles parus dans la presse[6], elle affirme publiquement sa transidentité en mars 2020[8].
À l'époque, l'armée suisse considère les personnes trans comme médicalement inaptes au service[7] et ne les recrute pas[8]. Christine Hug plaide pour que les femmes et les personnes transgenres servent dans l'armée suisse, mais ne souhaite pas devenir une icône trans[11].
Mort
Le , Christine Hug meurt dans un accident alors qu'elle fait ses préparatifs pour partir en vacances en Hongrie avec sa femme, sa fille et leurs chevaux[10], des Trakehner[12] qu'elle élevait depuis l'été 2017[6] sur un domaine à Tscheppach[7], un village du district de Bucheggberg, dans le canton de Soleure[13]. En chargeant les chevaux dans une remorque, elle tombe en arrière et se cogne la tête[10]. Transportée à l'Hôpital de l'Île[12] par hélicoptère, elle y meurt des suites de ses blessures[10].
Hommage
Dominik Knill, président de la Société suisse des officiers, publie après sa mort un hommage qualifiant Christine Hug de « personne aimable et de camarade loyale, mais aussi de grande et authentique représentante d'une promotion pragmatique des femmes dans l'armée »[14].