Château de Chevilly

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Château de Chevilly
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Le château de Chevilly est un château situé à Chevilly dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.

D'un fief de campagne, le domaine de Chevilly voit son importance croître à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle. C’est en 1732 que Nicolas Hatte, receveur général des finances sous le règne du roi Louis XV, fait construire un château dans le domaine qui lui avait été légué par son oncle.

Le château de Chevilly change d'apparence à plusieurs reprises à la suite de l’action de ses propriétaires successifs, comme le marquis Claude François Perrin de Cypierre. En 1766, trois ans après s’être élevé au statut de baronnie, le domaine de Chevilly donne son nom à la commune avoisinante[1].

Actuellement possédé par la famille Bazin de Caix, le château est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques et les boiseries de sa chapelle sont classées aux monuments historiques[2].

Le château de Chevilly est situé sur le territoire de la commune de Chevilly à l'Ouest du département du Loiret en région Centre-Val de Loire, dans la région naturelle de la Beauce à 15 km d'Orléans et à 115 km de Paris[1].

Le château a donné son nom à la commune avoisinante, autrefois nommée Andeglou, en 1766. En 2014, la commune de Chevilly comprend 2 739 habitants[3].

Histoire

Moyen Age

Au XIIIe siècle, les propriétaires de Chevilly sont pour la majeure partie des clercs. En 1389, Jean de Pannes puis Pierre Pinet (en 1445) l’acquièrent successivement. Cependant, c’est à la période moderne que le domaine de Chevilly connait ses plus grandes évolutions grâce à de nouveaux propriétaires vassaux du duc d’Orléans.

Époque moderne

XVIe siècle

XVIIe siècle

En 1631, le chanoine bénédictin de Sainte-Croix d’Orléans et archidiacre de Sully, Nicolas Mascot, obtient le domaine de la part de Marin Boucher et Pierre Fougueux (deux vicaires capitulaires). Celui-ci n’est alors qu’une maison bourgeoise d’où sa décision de construire une chapelle dans la cour du château afin d’en accroître la fréquentation.

En 1675, Messire Amable Choque, alors nouveau propriétaire de la demeure, meurt. Il lègue aux révérends-prêtres de l’oratoire d’Orléans, les terres du Grand (demeure et métairie) et du Petit (ferme et hameau) Chevilly, sous la condition que soient réalisées cinq tapisseries destinées à être apposées sur les arcades de l’église Sainte-Catherine d’Orléans.

XVIIIe siècle

La seigneurie entre dans la circonscription administrative et judiciaire d’Orléans. La terre est finalement léguée l’année suivante par un codicille (acte modifiant un testament) à son cousin laïc, Nicolas Hatte. Le nouveau propriétaire (alors écuyer, conseiller du roi et receveur des finances à Alençon) laïcise le domaine et associe, en 1700, le petit Coudreau au fief de Chevilly. En 1733, il construit un nouveau bâtiment attenant à la demeure existante puis transfère la chapelle dans l’aile droite de la bâtisse. Il enrichit également l’édifice de peintures et de sculptures, et ajoute du bois dans la chapelle et sur les panneaux des portes. Il en reste le propriétaire jusqu’à sa mort en 1738, s’étant alors très peu rendu dans son domaine à cause de ses fonctions.

Son héritier Charles Robert Hatte, seigneur de Montisambert, a alors deux enfants : Marie-Anne (mariée à Pierre Amiot, Sieur de la Barre) et Louis Robert, sieur de Chevilly. Ce dernier est lieutenant et demeure toujours à Paris. C’est pourquoi, la propriété lui revenant logiquement en 1753, il décide de la revendre pour 75 000 livres à Étienne de Silhouette (somme inférieure à celle déboursée pour la reconstruction du château). La vente comprend alors le Grand Chevilly (dorénavant composé du château, du colombier et de la ferme) et le Petit Chevilly (ne comprenant plus que la métairie). Le Coudreau lui revient également.

Étienne de Silhouette est alors déjà propriétaire des seigneuries de l’Andeglou, de Monchêne, de Chateliers-de-la-Caer, des Bordes-de-l’Etendard, de Jupeau-de-Cercotte, de la Grande-de-Panne et de Pourpry[4]. Il possédait également la paroisse de Saint-Germain d’Andeglou ainsi que celle de Creuzy ainsi qu'une grande étendue de bois en forêt d’Orléans.

Originaire de Biarritz, il se lie d’amitié avec Madame de Pompadour, ce qui lui permet d’accumuler d‘importantes charges auprès du roi Louis XV. Il devient ainsi Chevalier, Chancelier et Conseiller du roi. Amassant les offices, il est également Maître des Requêtes Ordinaire de l’Hôtel de Sa majesté, Garde des Sceaux et Surintendant des Maisons. Malgré cela, il est renvoyé par le roi en 1759 pour ses idées nouvelles : vouloir taxer les plus riches et remanier le budget de la Cour. Qualifié de mesquin et devenu impopulaire, il prête son nom aux « Silhouettes », terme employé (selon Louis-Sébastien Mercier) pour désigner des formes livides notamment en peinture. À la suite de son départ du ministère en 1763, il revend l’ensemble du domaine pour 238 278 livres à Monsieur de Cypierre[5].

Jean-François-Claude Perrin de Cypierre (1727-1790) est intendant de la généralité d’Orléans et propriétaire de plusieurs châteaux, dont celui de Chevilly. En 1763, il achète à Estienne de Silhouette les différentes terres qu’il possédait à Chevilly et dans les environs. Le lieu lui plaît beaucoup, et il se consacre alors tout au long de sa vie à embellir le domaine. C’est un homme qui se plaît dans la vie mondaine et qui cherche l’ascension sociale[6]. Noble portant le titre de marquis, agrandir ses possessions et ses relations lui permet de gagner en importance. Il vit à Paris afin d’être proche de la Cour du roi. Il achète par ailleurs le château d'Auvilliers en 1761 à Madame de Pompadour, favorite du roi dont il est proche (d’où l’Allée de Madame en face du château, baptisée en son honneur). Il construit alors un réseau d’alliance qui interdit à tout « homme nouveau » d’accéder au pouvoir[7]. Perrin de Cypierre est un noble ancré dans la société de son temps, se plaisant dans la vie mondaine et connaissant une forte ascension sociale à partir de 1760.

L’embellissement du domaine de Chevilly entre ainsi dans ces intentions. L'intendant d’abord ambitionne et réussit à faire ériger Chevilly en baronnie en 1764. Cela révèle ainsi ses premières volontés de valorisation de ses terres, ainsi que ses bonnes relations avec le roi. Par la suite, en 1766, il parvient à ce que la paroisse d’Andeglou prenne le nom de baronnie de Chevilly. Son objectif est alors d’attirer des fidèles vers sa propre chapelle audit château. La chapelle de Saint-Barthélemy, dont il a demandé la translation en 1764, est supprimée par l’évêque d’Orléans Louis Sextius Jarente de La Bruyère en 1765 selon un acte du parlement de Paris du . La chapelle Saint-Jacques, « délabrée » en 1708, est acquise par Perrin de Cypierre puis supprimée vers 1770. Enfin, il supprime l’église de Saint-Germain d’Andeglou en 1787 pour ne conserver que celle du château[8].

En plus du nouveau poids politique qu’il donne à Chevilly et son château, Perrin de Cypierre en améliore également l’esthétique. Ses relations avec la cour royale lui permettent à la fois d’amener de grands personnages pour l’embellissement du château, mais aussi de développer ses idées très ancrées dans le siècle des Lumières. Il s’occupe par exemple des jardins, en utilisant les progrès scientifiques du XVIIIe siècle pour ses nouvelles installations[5]. Il fait appel à l’architecte Jean-Benoît-Vincent Barré pour ces réalisations, notamment celles de la chapelle[4]. L’intendant est donc un homme qui s’inscrit dans les idées des Lumières[9]. Cependant, bien qu’il appréciait d’inviter des proches comme Madame de Pompadour dans son château, rien n’atteste que le propriétaire se servait de ce lieu comme salle de réunion ou de débats philosophiques si propres à la France du XVIIIe siècle.

L’intendant de Cypierre se servait aussi de son domaine dans le cadre de sa fonction. Chevilly étant assez proche de la ville d’Orléans (près de 20 km), le château est alors utile pour son rôle d’intendant. Par exemple, à l’arrière du château, une petite salle secrète qui était utilisée afin de conserver le trésor de ses différentes collectes. Cette salle est encore visible aujourd’hui.

Cependant, certaines de ses tentatives pour accroître l’importance de son domaine de Chevilly ont échoué. Il a par exemple essayé, en vain, d’obtenir auprès du roi, lors de la construction de la « Grand’route » Orléans-Paris, que celle-ci passe par Chevilly[10]. Perrin de Cypierre avait conscience de l’enjeu que représentaient les réseaux routiers et une route convenablement praticable reliant Chevilly à la fois à Paris et à Orléans aurait permis à la ville et à son château d’accroitre leur importance. En 1772, il tente aussi de mettre en place une filature dans son château. Mais celle-ci ne sera jamais plus qu’un atelier de charité, avant d’être supprimée quelques années plus tard[11]. Perrin de Cypierre quitte sa fonction d’intendant de la généralité d’Orléans en 1787. Remplacé par son fils, il décède en 1790, à l’aube de la Révolution française, à l’âge de 63 ans.

En 1790 ou 1791, le château est vendu à Charlotte Marie Élisabeth Leforestier, veuve de Louis Deslandes de Blanville[12],[13] par Adrien Philibert Perrin de Cypierre de Chevilly, fils de Jean-François-Claude Perrin de Cypierre[14].

Époque contemporaine

XIXe siècle

En 1850, le château appartient à la famille de Parseval[15]. En 1870, le château appartient à la baronne de Montpinson[12].

Le château est endommagé pendant la guerre franco-allemande de 1870. L'édifice se trouve sur la ligne de front où l’armée de la Loire et l’armée de Paris affrontent les Prussiens. Le Nord de la région orléanaise est particulièrement touchée par les combats. Les batailles de Loigny et de Coulmiers se déroulent à 20 kilomètres de Chevilly[16].

XXe siècle

Photographie de la vaisselle en cuivre estampillée Chevilly, se trouvant dans la cuisine du château de Chevilly.

La Seconde Guerre mondiale marque également le château. Situé à une dizaine de kilomètres de la base militaire aérienne de Bricy, il est occupé tantôt par les Français, tantôt par les Allemands. Pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne, la base aérienne est utilisée par la Luftwaffe, l'armée de l’air allemande, avant d’être récupérée par l’US Air Force, l'armée de l'air américaine, à partir du 22 aout 1944[17].

En 1941, la Wehrmacht, l’Armée du IIIe Reich, occupe le château durant plusieurs jours, utilisant l’espace vert de 22 hectares à l’arrière du château pour réparer les engins motorisés[18]. L’occupation engendre des dégradations et le pillage du mobilier et de quelques tapisseries luxueuses. Les propriétaires actuels du château racontent comme anecdote que pour parer à ces éventualités, les propriétaires avaient fait appel au voisinage et à la mairie pour qu’ils sauvent quelques-uns de leurs biens les plus précieux comme de l’argenterie, des tapis ou de la vaisselle. Ainsi tout un assortiment de vaisselle en cuivre estampillée « château de Chevilly » fut sauvé du pillage des nazis et fut rendu aux propriétaires par le maire à la fin de la guerre. À la libération le château a pu accueillir une figure de la libération : le général Patton fut logé huit jours dans la chambre principale[18].

En 1949, le château est la propriété de l'ingénieur agronome André Patricot[13].

XXIe siècle

Aujourd’hui, le château est la propriété de la famille Bazin de Caix qui ouvre les portes de leur demeure pendant les journées du Patrimoine ou sur rendez-vous[2],[19].

Description

Notes et références

Voir aussi

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