Château de Laperrière
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| Château de Laperrière | ||||
| Nom local | Château de Laperrière | |||
|---|---|---|---|---|
| Période ou style | gothique | |||
| Type | Château fort (disparu) | |||
| Début construction | XIIIe siècle | |||
| Propriétaire initial | Hugues IV de Bourgogne | |||
| Destination initiale | siège de châtellenie ducale | |||
| Coordonnées | 47° 06′ 38″ nord, 5° 20′ 19″ est | |||
| Pays | ||||
| Région | Bourgogne-Franche-Comté | |||
| Département | ||||
| Commune | ||||
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Le château de Laperrière est une ancienne forteresse ducale, bâtie au XIIIe siècle, en briques, qui se dressait au cœur du village de Laperrière-sur-Saône, sur une aire d'environ 3 hectares, aujourd'hui délimitée par le Chemin derrière le Parc (au sud et à l'ouest), la Rue Château (au Nord) et la Rue des Juifs (à l'est).
Vendu comme bien national en 1796 et disparu dans la première moitié du XIXe siècle, il ne reste plus aujourd'hui du château qu'une plate-forme ovale, sur laquelle est construite une maison bourgeoise, et un petit tronçon des douves à l'angle sud-est.
Basse-cour
L'entrée principale, située au nord-est (Rue des Juifs), donnait sur une grande basse-cour, fermée de murailles et de douves, dans laquelle se trouvaient, dès l'origine, les granges à bestiaux, les écuries, le four, le pressoir, le colombier et un auditoire où l'on rendait justice; ainsi que les cuisines, à partir du XVIe siècle[1].
Château
La basse-cour donnait à son tour sur le château, lui aussi fermé d'épaisses murailles et de douves en eau.
L'entrée était située dans une tour carrée, entre deux grosses tours rondes.
À l'est, une tour et un corps de logis étaient habités par le capitaine (second du châtelain), l'officier forestier (dès le XIIIe siècle), et le fermier du marquisat (XVIe siècle).
À l'ouest, se dressait une grosse tour carrée à 3 étages, dite "des Lombards", en raison des usuriers juifs et des italiens qui y pratiquaient leur activité jusqu'à la fin du XIIIe siècle. Les prisons jouxtaient cette dernière.
Entre ces tours, se trouvaient, insérées dans les murailles, les granges où étaient entreposées les dîmes seigneuriales.
Au centre de cet ensemble, se dressait le donjon, où résidait les châtelains, et d'où ils exerçaient leur administration[2].
Il existait enfin, une chapelle, dédiée à la Sainte-Vierge, mais dont l'emplacement exact demeure inconnu (château ou basse-cour)[3].
Parc
Le parc, d'environ 3 hectares, se situait à l'arrière des deux ensembles précédents. Il abritait des jardins, un verger, ainsi qu'une tuilerie[4].
Selon les anciens, un souterrain passait dessous pour ressortir à l'angle formé par le Chemin derrière le parc et la Rue des Juifs.
Afin de vérifier ces propos, des villageois décident, dans la première moitié du XXe siècle, d'explorer une galerie, qui existe effectivement à cet endroit et dont l'accès est aujourd'hui condamnée par des grosses pierres, sans toutefois aller jusqu'au bout, par peur d'éventuels éboulements.
À ce jour, aucune autre tentative de vérification n'a été menée, et le doute d'une correspondance entre la galerie et le château demeure plane toujours.
Fonctions du château de Laperrière
Protéger
Comme en témoignent ses douves, ses murailles et ses tours, le château de Laperrière était d'abord un bâtiment militaire.
Équipé d'arbalètes et d'espingoles[5], et régulièrement gardé[6], il permettait aux villageois de venir se réfugier en cas de guerre, de surveiller l'activité des seigneurs comtois, ou encore d'assurer la sécurité des routes des foires de Chalon-sur-Saône et de Saint-Jean-de-Losne[7].
Entre 1513 et 1789, ce sont les remparts d'Auxonne qui protégeaient les villageois[8], le château de brique étant sans doute jugé trop vulnérable face aux nouvelles machines de guerre.
Symboliser le pouvoir seigneurial
Outre son utilité militaire, le château de Laperrière permettait par sa grande taille (env. 2400 m2) et l'accueil des structures nécessaires à l'administration du territoire qui en dépendait (auditoire, prisons, office du châtelain, du capitaine, du garde forestier, granges à dîmes, marché, banalités, de montrer les pouvoirs militaire, politique, judiciaire, économique et financier du seigneur, non seulement aux villageois, pour imposer son autorité, mais aussi aux ennemis de ce dernier, afin de les dissuader d'attaquer.
Loger
Enfin, outre la protection et la matérialisation du pouvoir, le château de Laperrière servait à loger (dans les tours) les principaux officiers de la châtellenie que sont le châtelain, le capitaine et le garde forestier, puis à partir du XVIe siècle, le marquis, le fermier du marquisat, en même à la fin du XVIIe siècle, un chapelier (Au RDC), des ouvriers agricoles et des essarteurs (dans les communs).
Après la Révolution française, le château est habité par son acquéreur, Pierre Coste, bourgeois et maire de Saint-Jean-de-Losne[3].
Propriétaires du château
- Ducs de Bourgogne, d’Hugues IV à Charles le Téméraire.
- Jeanne de Boulogne, comtesse d’Auvergne et de Boulogne, comtesse d’Artois, régente de Bourgogne (1349-1353), et reine de France (1350-1360). Propriétaire du château de 1349 à 1353.
- Jean de France, duc de Normandie, comte d'Anjou, du Maine et de Poitiers, seigneur des conquêtes de Languedoc et de Saintonge, roi de France (1350-1364), et régent de Bourgogne (1353-1361). Propriétaire de 1353 à 1361.
- Marguerite de Bavière, duchesse de Bourgogne (1404-1423). Propriétaire de 1420 à 1423.
- Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne (1430-1471). Propriétaire de 1430 à 1471.
- Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne (1468-1503). Propriétaire de 1477 à 1503.
- Marguerite d'Autriche, archiduchesse d'Autriche, successivement princesse de Bourgogne, fille de France, infante d'Espagne, duchesse de Savoie, et gouvernante des Pays-Bas. Propriétaire de 1503 à 1516.
- Jeanne de Hochberg, vicomtesse d’Abberville, comtesse de Neuchâtel, comtesse de Montgommery, comtesse de Tancarville, marquise de Rothelin, duchesse de Longueville, et princesse du Châlet-Aillon. Propriétaire de 1516 à 1543.
- Charlotte d’Orléans, comtesse de Genève, duchesse de Nemours. Propriétaire de 1543 à 1549.
- Jacques de Savoie-Nemours, duc de Nemours. Propriétaire v 1550.
- Jeanne de Savoie-Nemours, comtesse de Vaudémont, duchesse de Lorraine et de Bar. Propriétaire v. 1555.
- Philippe-Emmanuel de Lorraine, baron d’Anceny, marquis de Nomeny, duc de Mercœur et de Penthièvre, pair de France, prince du Saint-Empire et de Martigues. Propriétaire de 1565 à 1602.
- Françoise de Lorraine, duchesse de Vandôme, d’Etampes et de Beaufort. Propriétaire de 1602 à 1620.
- Roger II de Saint-Lary, baron de Termes, marquis de Versoy, duc de Bellegarde, et gouverneur de Bourgogne, grand écuyer de France, et pair de France. Propriétaire de 1620 à 1646.
- Henri II de Bourbon-Condé, comte de Sancerre, duc de Montmorency, duc d'Albret, duc d'Enghien, duc de Bellegarde, prince de Condé, et gouverneur de Bourgogne, pair de France, grand veneur de France, grand louvetier de France, et premier prince du sang. Propriétaire en 1646.
- Louis II de Bourbon-Condé, comte de Sancerre et de Charolais, duc de Bourbon, Montmorency, d’Enghien, de Châteauroux, de Fronsac et de Bellegarde, prince de Condé, pair de France et premier prince du sang. Propriétaire de 1646 à 1661.
- Nicolas René de Goureault du Mont, propriétaire de 1661 à 1681.
- Catherine de Hautoy, son épouse, copropriétaire de 1681 à 1691.
- Louis de Goureault du Mont, son fils, copropritaire de 1681 et 1691.
- Anne-Antoinette de Goureault du Mont, sœur du précédent, et François de Bonenfant, seigneur de Magny-le-Freule, de la Brette, de la Morinière, de Hauville, d’Ouésy, de Biéville, de Quétiéville, et en partie de Mesnil-Villers. Propriétaire jusqu'en 1714.
- Edme Lamy, procureur à la Chambre des comptes de Dijon, receveur des épices, receveur général du taillon de Bourgogne, et secrétaire du roi. Propriétaire de 1714 à 1734.
- Claude Lamy, copropriétaire de 1734 à 1752
- Philiberte Lamy, copropriétaire jusqu'en 1757
- Jean Armand Barbin de Broyes, comte de Broyes, baron d’Autry, et ses enfants, propriétaires de 1757 à la Révolution.
- Pierre Coste, maire de Saint-Jean-de-Losne, propriétaire à partir de 1796[3].