Château de Nantouillet
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| château de Nantouillet (XVIe siècle) | ||||
Façade du château, côté jardin, en 1841. | ||||
| Période ou style | Renaissance | |||
|---|---|---|---|---|
| Type | Louis XII | |||
| Début construction | 1519-1920 | |||
| Propriétaire initial | Antoine Duprat | |||
| Destination initiale | Résidence | |||
| Propriétaire actuel | Privé | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 49° 00′ 09″ nord, 2° 42′ 17″ est | |||
| Pays | ||||
| Région historique | Île-de-France | |||
| Département | Seine-et-Marne | |||
| Commune | Nantouillet | |||
| Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
Géolocalisation sur la carte : Seine-et-Marne
Géolocalisation sur la carte : France
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Le château de Nantouillet est un château de type Renaissance, édifié dans les années 1520 sur Nantouillet en Seine-et-Marne.
Son commanditaire est Antoine Duprat, le seigneur du lieu, grand chancelier du roi François Ier.
Le château est intégré dans une enceinte aux tours massives, entourée de larges fossés.
Un portail monumental, avec un pont levis aujourd'hui disparu, permet l'accès à la cour d'honneur où se trouvent le corps de logis et, plus loin, le jardin.
La construction subsiste encore de nos jours. L'édifice a été classé monument historique dans la seconde moitié du XIXe siècle. Malgré cela, son état général est assez dégradé ; il mériterait une restauration conséquente.
Le château est situé à Nantouillet, au nord-ouest du département de Seine-et-Marne, en Ile de France.

Ce petit coin de l'ancien pays de France est riche en lieux chargés d'histoire :
Nantouillet est situé au nord-ouest de Meaux, à 8 km au nord de Claye-Souilly (non représenté sur la carte ci-dessus).
Dans l'environnement immédiat du village, à moins de 3 km se trouvent :
- Thieux, à l'ouest, qui a subi les affres des guerres de religion, comme Nantouillet, à la fin du XVIe siècle ;
- Juilly, au nord, avec son abbaye où des seigneurs de Nantouillet ont été enterrés.
Plus loin, vers le nord :
- Dammartin-en-Goële, comté des de Chavannes avec lesquels les Duprat firent alliance familiale ;
- le Plessis-Belleville célèbre pour son ancien château et ses illustres résidents.
Au nord-est, Oissery, seigneurie de la branche ainée de la maison des Barres avec laquelle les Duprat firent aussi alliance familiale[N 1].
À Nantouillet, le château est situé au cœur du village, sur un petit promontoire naturel[N 2].

Historique
Aux origines
Nantouillet est mentionné dans les archives dès la fin du XIe siècle. La seigneurie relevait du comté de Dammartin. Parmi les seigneurs, on peut citer :
- un sire de Nantouillet, qui participe à la première croisade (1096-1099)[2];
- Gérard de Nantouillet, qui donne, vers 1188, le champart de Nogeon (sur Réez-Fosse-Martin) au prieuré de Fontaines-les-Nonnes[3].
- Jean de Nantouillet (1205, 1207) et Guillaume (1265), probables chevaliers et seigneurs du lieu[N 3] ;
- de 1269, il subsiste une charte appendue d'un fragment de sceau marqué « MARIE = FAM = » Sur le parchemin il est indiqué le nom de « Marie, dame de Nantouillet, épouse de Jean de Nantouillet » ;
- en 1392, au célèbre bal des ardents, donné en l'honneur du roi Charles VI, quatre seigneurs périssent brûlés vifs ; seuls, le roi et Ogier de Nantouillet seront sauvés[4].
La base numérique des sceaux conservés en France comporte sept sceaux pour « Nantouillet »[5] dont celui de Marie cité plus haut. On y apprend par exemple que les armes de Henri de Nantouillet (1270) sont « Un losangé au franc canton dextre, le tout brisé d'un lambel de cinq pendants. », et aussi, qu'en 1381, « messire Jehan de Nantouillet, [est] chevalier et seigneur de Juilly[N 4]. » etc.
- Armes des sires de Nantouillet.
- Armes de la maison de Melun.
Plus tard, vers 1430, Nantouillet reviendra, par alliance, à la maison de Melun. À l'origine, Philippe de Melun, seigneur de la Borde-le-Vicomte, épouse Nicole (ou Jeanne), Dame de Nantouillet[6]. Ils auront trois fils :
- Charles, héritier de Nantouillet. Décapité pour mauvaise conduite sous Louis XI, ses biens, après confiscation, reviendront, après restitution familiale, à son frère Antoine ;
- Louis de Melun, est évêque de Meaux en 1474-1475. Il meurt en 1483 à Germigny-l'Évêque ;
- Antoine sera donc seigneur de Nantouillet ; il est enterré dans l'église du village[7],[8].
Il est pratiquement certain que la maison de Melun ait été propriétaire d'un château fort sur Nantouillet.
Mais de cette demeure seigneuriale, pas de trace au sol ou de vestiges dans les environs du futur château. Il est donc supposé que cette bâtisse ait été rasée pour construire, en superposition partielle, la résidence d'Antoine Duprat, dans les années 1520.
Le château du XVIe siècle
C'est Antoine Duprat (1463-1535) qui fait construire le château, au début du XVIe siècle, dans le style de l'époque. Les bâtiments principaux sont encore visibles aujourd'hui.
Antoine Duprat
À l'époque de la construction du château, vers 1520, Duprat est le personnage le plus important du royaume après le roi François Ier.
- Antoine Duprat, grand chancelier du roi.
- François Ier, roi de France en 1515.
- Louise de Savoie, mère de François Ier.
Né en 1463, d'une riche famille commerçante d'Auvergne, il devient lieutenant-général de bailliage sous Charles VIII, puis maître des requêtes… et pour finir premier président du Parlement de Paris en 1508.
Sous Louis XII, en 1510, le roi lui demande de s'occuper de l'éducation du fils de Louise de Savoie, le futur François Ier qui n'est encore que duc de Valois.
Après la mort de Louis XII, le , le jeune roi, François Ier, âgé de vingt ans, conseillé par sa mère, nomme Duprat principal ministre et chancelier de France.
Cette même année, Duprat accompagne François Ier en Italie. Après la célèbre bataille de Marignan, il est nommé par le roi, chancelier du duché de Milan.
Veuf depuis 1507, il décide d'embrasser l'état ecclésiastique en 1517 ; il deviendra cardinal en 1527[9].
Dès avant 1520, Antoine Duprat réside déjà à Nantouillet. On en a plusieurs témoignages :
- c'est probablement en 1516-1517 qu'il acquiert en partie la terre et la seigneurie de Nantouillet[10],[N 5],[11].
- il fait allégeance aux comtes de Dammartin en 1517 et entreprend le terrier de la seigneurie en 1518.
- des lettres de François Ier datant de cette époque lui sont adressées. En 1521, elles autorisent le fait que deux foires annuelles et un marché hebdomadaire puissent se tenir sur la paroisse[12].

Le château au temps de Duprat (1520-1535)
La nouvelle construction est probablement réalisée sur les vestiges de l'ancienne forteresse médiévale.
Lors de son séjour en Italie, Antoine Duprat s'est imprégné de l'architecture de la Renaissance italienne. Il va la restituer dans la réalisation de sa nouvelle résidence. Le château, de style Louis XII tardif, qui allie architecture féodale et Renaissance, est un des seuls châteaux de ce type dans la région Île-de-France[13].

Sur le plan du cadastre napoléonien de 1808, on devine parfaitement l'implantation du château.
Elle est constituée d'une enceinte ayant quatre grosses tours d'angle et, deux autres, secondaires (et postérieures ?), vers les jardins.
Cette enceinte est entourée de larges fossés de protection. La surface au sol, fossés compris, est de l'ordre de 15 000 m2.
Le corps de logis, de proportions restreintes pour un homme de son rang, enveloppe la cour d'honneur. Sa plus belle façade, orientée, donne sur les jardins.
Le début des travaux date vraisemblablement de 1519-1520 : sur l'embrasement sculpté d'une fenêtre, côté jardin, on y lisait, en 1867 et encore aujourd'hui[14], le millésime « 1521 » étayant cette hypothèse[N 6].
« Cette maison des champs », comme le dit Claude Sauvageot[15], est rapidement habitable. Elle reçoit « Le jeune roi François Ier, [qui] ne dédaigne pas d’y venir souvent conférer avec son ministre, des affaires de I’État. »
En 1532, le roi et son chancelier y signent même une « ordonnance réglant le cours des monnaies dans le royaume »[16]. En cette occasion, le souverain et sa Cour ont passé plusieurs jours au château[17].

C'est à Nantouillet qu'Antoine Duprat meurt en 1535. La « fin des travaux » du château n'interviendra que bien plus tard, si tant est qu'on puisse dire que ces travaux ont été terminés.
Après Antoine Duprat
Nantouillet restera dans la famille des Duprat jusqu'aux années 1775-1777[18], soit environ deux-cent-cinquante ans après la fin de la construction du château du cardinal-chancelier Antoine II[N 7] Duprat.
Les travaux du château se poursuivent sous le fils du chancelier, dit Antoine III († 1557) puis sous Antoine IV († 1589) : en 1548, un contrat est signé pour les « couronnements » ; en 1562, des ardoises remplacent les tuiles provisoires qui couvraient les toitures ; en 1566 et 1588, sont notés des travaux de reprise de maçonnerie»[19].
Durant cette période, Nantouillet et dans une moindre mesure son château ont à subir les affres des guerres de Religion.
Dès 1565, les « Bourguignons s'espendirent en divers lieux dont Nantouillet et y firent plusieurs exploits. »
Antoine IV Duprat — petit-fils du cardinal —, charge alors un capitaine-gouverneur de défendre la place.
En 1590, en l'absence de ce dernier en mission à l'étranger, les Ligueurs prennent le château et pillent le village. Le capitaine-gouverneur du moment n'était autre que Jacques Auguste de Thou, membre de la famille Duprat par alliance, connu pour sa préparation de l'Édit de Nantes en 1598. Homme de lettres et historien, plutôt qu'homme de guerre, il écrira de nombreux ouvrages dont une biographie de Montaigne (1533-1592). La présence de ce dernier est attestée, dans ces années-là (1588), chez les Duprat, à Nantouillet.
En ce qui concerne le château, Henri IV, fera renforcer les fortifications qui n'avaient pu contenir les envahisseurs du moment[20].
Le château de Nantouillet est alors considéré comme une place sûre.
Sous Louis XIV, pendant la Fronde, un conseiller du Roi et valet de chambre de la Reine, Jacques de Laval, s'y réfugie et y meurt[21].
Après avoir appartenu à la famille Duprat, la seigneurie est vendue, en 1753, à un dénommé Lallement qui prend le titre de comte de Nantouillet. Le château, tombant en vétusté, le corps de logis est alors utilisé comme bâtiment de ferme. Des travaux y sont entrepris visant à améliorer la fonctionnalité agricole[22].
À la Révolution, la seigneurie est confisquée et passe entre différentes mains ; elle sera vendue en 1807 à Jacques-Robert Delalande. Le château restera chez ses héritiers au moins jusqu'en 1898[23].
En 1816, d'après Claude Sauvageot[24], une aile du château est en partie démolie pour en tirer des matériaux nécessaires à la construction d'un manoir du nouveau marquis de Nantouillet.
En 1867, le château, qui appartient toujours aux héritiers Delalande, est à usage de ferme et d'exploitation agricole. C'est son propriétaire, Brière Valigny qui donne à Sauvageot l'autorisation de dessiner et publier sur le château de Nantouillet, sa propriété.
En 1898, le château appartient à Mme Roussel, née Brière-Valigny[25].






