Château de la Punta
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| Château de la Punta | ||
Le château de la Punta en 2007. | ||
| Architecte | Albert Franklin Vincent | |
|---|---|---|
| Début construction | XIXe siècle | |
| Propriétaire initial | Jérôme Pozzo di Borgo | |
| Propriétaire actuel | Collectivité de Corse | |
| Protection | ||
| Coordonnées | 41° 57′ 24″ nord, 8° 42′ 30″ est[1] | |
| Pays | ||
| Département | Corse-du-Sud | |
| Commune | Alata | |
| Géolocalisation sur la carte : Corse
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Le château de la Punta est un château situé à Alata (Corse-du-Sud), classé au titre des monuments historiques depuis 1977. Construit à la fin du XIXe siècle, il est touché par un incendie en 1978 et subit ensuite de fortes dégradations. Il est en cours de réhabilitation depuis 2020[2].
Projet et construction
Afin de perpétuer en Corse le souvenir de ses ancêtres, Charles-Jérôme Pozzo di Borgo († 1879), fait duc par le roi de Naples en 1852 en remerciement des services rendus aux Bourbon, avait demandé à ses neveux et héritiers de reconstruire le village de Pozzo di Borgo, le berceau familial détruit en 1594 par les Barbaresques, les habitants fuyant dans la commune voisine d'Alata[3].
Du fait de la grande aridité des terres cela ne fut pas possible, mais afin de remplir cette obligation morale, ils firent néanmoins édifier cette demeure de 1883 à 1891.
Le château correspond à la reconstruction, avec ses pierres d’origine, de l’un des pavillons Renaissance du palais des Tuileries (Paris), incendié sous la Commune[4]. Après la décision de sa démolition intégrale par la Chambre des députés, l'entrepreneur Achille Picard avait fait l'acquisition, en 1882, des ruines du palais, au terme d'une vente aux enchères, pour 33 000 francs[4]. Il les revend au détail ; le lot le plus important revient au duc Jérôme Pozzo di Borgo (1832-1910) et à son fils, le comte Charles (1858-1902)[4],[5],[3],[6].
Les pierres démontées et relevées par l'architecte Albert-Franklin Vincent furent mises en caisse puis acheminées par voie ferrée jusqu'à Marseille, puis convoyées par bateau pour Ajaccio ; la fortune de cet oncle permit de financer une entreprise qui nécessita, afin d'acheminer les matériaux jusqu'au lieu choisi, le creusement dans le roc d'une route de sept kilomètres[3].
Cette difficile et coûteuse entreprise n'empêcha pas le duc Pozzo di Borgo de renouveler l'expérience de 1896 à 1899 en faisant déposer, transporter et réédifier (en l'agrandissant) par l'architecte Louis Dauvergne le château XVIIIe de Montretout, à Saint-Cloud, sur le domaine normand de Dangu, acquis en 1884[3], et d'en faire aménager le parc par Achille Duchêne.
Le groupe sculpté Les Quatre saisons de la terrasse devant le château provient de l'escalier d'honneur de l'hôtel de Ville de Paris, incendié comme le palais des Tuileries lors de la Commune.
La grille du parc est récupérée du château de Saint-Cloud, détruit lors de la guerre franco-allemande de 1870[3].
- Façade nord.
- Les Quatre saisons.
Construit sur des plans de l'architecte Albert Franklin Vincent, le château de La Punta est situé à 600 mètres d'altitude.
Une plaque de marbre rouge indique :
« Jérôme, duc Pozzo di Borgo, et Charles, son fils, ont fait construire cet édifice avec des pierres provenant du palais des Tuileries, incendié à Paris en 1871, pour conserver à la Patrie Corse un précieux souvenir de la Patrie française[3]. L’an du Seigneur 1891. »
Le château est inspiré du « pavillon Bullant » de l'ex-palais des Tuileries, dont il reprend une partie des façades, tout en intégrant d'autres parties provenant des divers pavillons qui composaient le palais. Chacune des façades est différente, ce qui permet d'avoir une bonne illustration de l'aspect que présentait le palais disparu. Il s'agit toutefois plus d'une recréation que d'une copie[3].
Le panorama est spectaculaire mais exposé à tous les vents. Son emplacement est jugé inhabitable du fait de son isolement (l'épouse du comte Charles a fait plusieurs fausses couches en voulant rejoindre Ajaccio depuis le château), si bien qu'il ne sert plus que de musée familial, ne retrouvant une fréquentation que durant les années 1970, lorsque la Corse devient une destination touristique prisée. Entretemps, l'air marin chargé en sel a cependant commencé à ronger la pierre[3].
Depuis les années 1970
Le , un incendie du maquis environnant gagna le château et détruisit sa charpente et sa toiture, ce qui entraîna sa fermeture[3]. Lors de cet incendie, un véhicule léger de l'UISC7 Brignoles détaché à Ajaccio fut dépêché avec deux personnels afin de sécuriser d'éventuels résidents ou visiteurs se trouvant au château de la Punta. Ce véhicule fut coincé sur la route par les flammes et l'un des occupants, le sapeur Patrick Amico, 19 ans, y perdit la vie. Une stèle à sa mémoire a été érigée sur la commune d'Alata.
En 1991, le château ainsi endommagé et son parc de 40 hectares sont acquis par le conseil général de Corse-du-Sud pour la somme de 10 millions de francs (sans le mobilier, qui est transféré à Paris et au musée Fesch d'Ajaccio)[3] ; en 1996 la charpente en bois détruite est remplacée par une charpente métallique, des poteaux masquant des lucarnes qui, dépourvues de menuiseries, furent closes de plexiglas[7], et une toiture neuve est posée.
La destruction de la toiture pendant dix-huit ans et les infiltrations d'eau qui en ont résulté, le climat méditerranéen, le temps qui passe, ont entraîné une importante dégradation du bâtiment, qui nécessite aujourd'hui de très importants travaux de réhabilitation.
La grande terrasse a été inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le , puis les façades, le vestibule, l'escalier, le petit salon, le grand salon, la salle à manger et la bibliothèque ont été classées monument historique le [8].
Plusieurs projets de réhabilitation ont été évoqués (hôtel, salle de spectacle, musée, etc.)[3], mais c'est la collectivité de Corse qui en est désormais propriétaire et qui évoque la création d'un jardin botanique sur les terres qui jouxtent l'édifice, actuellement en cours de restauration. Les services travaillent à un projet qui tient compte de la spécificité du lieu, de son histoire comme de son écrin naturel.