Claie (rivière)
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| Claie | |
La Claie au nord de la limite communale entre Colpo et Saint-Jean-Brévelay. | |
Cours de la Claie. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 62 km [1] |
| Bassin | 354 km2 |
| Bassin collecteur | Vilaine |
| Débit moyen | 3,84 m3/s (Saint-Marcel) [2] |
| Nombre de Strahler | 4 |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | près de la Belle Étoile |
| · Localisation | Saint-Allouestre |
| · Altitude | 115 m |
| · Coordonnées | 47° 55′ 11″ N, 2° 42′ 33″ O |
| Confluence | Oust |
| · Localisation | Saint-Congard |
| · Altitude | 7 m |
| · Coordonnées | 47° 45′ 26″ N, 2° 18′ 55″ O |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Ruisseaux de Sainte-Anne, de Kerlen, du Lay, de Callac, de Sérentin, du Moulinet et de Rocaran |
| · Rive droite | Ruisseaux du Guip, de Keriolas, de Kergueurh, de Kerhuel, du Sclunj, du Grand Breuil et du Glouby |
| Pays traversés | |
| Département | Morbihan |
| Régions traversées | Bretagne |
| Principales localités | Saint-Allouestre, Bignan, Saint-Jean-Brévelay, Colpo, Plumelec, Plaudren, Trédion, Sérent, Saint-Guyomard, Bohal, Saint-Marcel, Pleucadeuc, Saint-Congard |
| Sources : SANDRE : « J84-0300 », Géoportail, Banque Hydro, OpenStreetMap | |
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La Claie est une rivière du département du Morbihan, en Bretagne, longue de 62 kilomètres. Elle est un affluent de l'Oust en rive droite[1] et donc un sous-affluent de la Vilaine. Elle prend sa source à Saint-Allouestre à 115 m d'altitude puis traverse d'ouest en est les Landes de Lanvaux, dont le relief appalachien marque fortement son cours, avant de confluer avec l'Oust à Saint-Congard à 7 m d'altitude. Son bassin versant couvre 354 km2 et s'étend sur un substrat granitique et schisteux dans une région où l’agriculture, notamment la production laitière, constitue la principale activité économique. Malgré cette pression agricole, la rivière conserve une qualité d’eau relativement bonne, attestée par la présence notable de la loutre d'Europe, du saumon atlantique et de la lamproie marine. Les Landes de Lanvaux constituent par ailleurs une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
La Claie présente un régime pluvial océanique caractérisé par un débit irrégulier et de fortes crues. Le débit moyen mesuré à la station de Saint‑Marcel est de 3,84 m³/s.
Le nom de la rivière est attesté pour la première fois en 826 sous la forme Cles et deux chartes du Cartulaire de Redon le mentionnent également au Xe siècle. Sa vallée possède un riche patrimoine témoignant d'une occupation ancienne et d’une histoire mouvementée. L’allée couverte de Kerjagu notamment atteste d’une occupation humaine dès le Néolithique. Le cours de la Claie est jalonné de nombreux châteaux et manoirs qui bordent la rivière ou dominent sa vallée, signe d’une forte implantation seigneuriale le long de ses rives durant l’époque médiévale et moderne. Parmi ces domaines, le château de Kerguéhennec est le plus notable. Plus récemment, les Landes de Lanvaux ont servi de refuge à de nombreux chouans durant la Chouannerie, puis de zone d’implantation de maquis lors de la Seconde Guerre Mondiale (maquis de Saint-Marcel).
La Claie marque également le début de la côte de Cadoudal, à Plumelec, célèbre ascension cycliste empruntée à plusieurs reprises par le Tour de France.
La Claie (en breton : Ar C'hlez[3] ou Klez[4]) est attesté pour la première fois en 826 sous la forme Cles[5]. Ensuite, deux chartes du Cartulaire de Redon en font état au Xe siècle[5]. Les formes Cleffs, Cleiffs, Cleix et Cleys sont ensuite mentionnée en 1433, 1445, 1452 et 1461 respectivement[5]. La forme actuelle apparaît en 1826 (Rivière La Claie) puis en 1870 sous la forme simple Claie[5]. Enfin, la même année, elle apparaît sous la forme La Claye[5].
Géographie
Cours de la rivière

La Claie prend sa source à Saint-Allouestre à 115 m d'altitude. Son cours est intégralement situé dans les Landes de Lanvaux. Ceux-ci présentent un relief appalachien (Armorique appalachienne) et se caractérise par des alignements de crêtes peu élevées constituées de roches dures séparées par des sillons creusés dans les roches tendres suivant une direction est-ouest parallèle à la côte[6]. Ainsi, la Claie s'oriente d'abord en direction du sud sur une dizaine de kilomètres[7] entre Bignan et Saint-Jean-Brévelay en franchissant une barre de relief constitué de grès et de granite et en y creusant son lit formant ainsi ce qu'on appelle une cluse[6]. Puis, son cours s'incline vers l'est suivant le sillon constituant le rebord septentrional des Monts de Lanvaux avant de confluer avec l'Oust à Saint-Congard à 7 m d'altitude dans ce même sillon, après un parcours de 61,6 kilomètres. Prise dans un relief escarpé à l'amont de la rivière, la vallée de la Claie s'élargit progressivement vers l'aval pour atteindre une largeur de 9 kilomètres dans la dernière partie du cours[8].

Au début de son parcours, la Claie alimente également les étangs du domaine du château de Kerguéhennec sur la commune de Bignan.
Malgré ses 62 kilomètres de longueur, la Claie ne traverse aucun centre-ville ou bourg si ce n'est Saint-Allouestre au tout début de son parcours lorsque ce n'est encore qu'un ruisseau et le petit village de Cadoudal sur la commune de Plumelec.
Communes et cantons traversées
La Claie arrose les communes de Saint-Allouestre, Bignan, Saint-Jean-Brévelay, Colpo, Plaudren, Plumelec, Trédion, Sérent, Saint-Guyomard, Bohal, Saint-Marcel, Pleucadeuc et Saint-Congard, toutes situées dans le département du Morbihan. Soit en termes de cantons, la Claie traverse les cantons de Moréac, de Grand-Champ et de Questembert le tout dans les arrondissements de Pontivy et de Vannes.
Hydrographie

Le bassin versant de la Claie, situé au centre-est du Morbihan, couvre une superficie de 354 km2 pour un total de 640 km de cours d'eau. Il présente une forme très étirée selon une direction ouest-est comme le bassin voisin de l'Arz, un autre affluent de l'Oust, et compte 19 600 habitants[9]. Il est constitué essentiellement de granite, de schiste[9] et de roches métamorphiques (gneiss)[10].
La rivière reçoit de nombreux affluents mais il s'agit seulement de ruisseaux de faible longueur, le plus important étant le Lay dont le cours n'excède pas 9 kilomètres[11].
Organisme gestionnaire
L'organisme gestionnaire de la Claie est le syndicat mixte du Grand bassin de l'Oust dont l'action se concentre sur l'amélioration de la qualité des eaux de l'Oust et de ses affluents. Ce syndicat est une fédération de huit différents sous-bassins, à savoir ceux de l'Arz, de l'Aff-est, de l'Aff-ouest, de la Claie, du Ninian - Leverin, de l'Oust-aval, de l'Oust-moyen, de l'Yvel - Hyvet[12].
Affluents
Les affluents de la Claie sont, de sa source à sa confluence avec l'Oust :
- Ruisseau le Guip (rd[note 1]) : 1,9 km
- Ruisseau de Sainte-Anne (rg) : 6,8 km
- Le Keriolas (rd) : 8,3 km
- Ruisseau de Kerlen (rg) : 2,5 km
- Le Lay (rg) : 8,8 km
- Le Kergueurh (rd) : 5,3 km
- Ruisseau de Kerhuel (rd) : 3,5 km
- Le Sclunj (rd) : 4,2 km
- Le Callac (rg) : 8,3 km
- Le Grand Breuil (rd) : 4,9 km
- Le Sérentin (rg) : 7,5 km
- Le Glouby (rd) : 5,3 km
- Ruisseau le Moulinet (rg) : 1,6 km
- Ruisseau de Rocaran (rg) : 3 km
Rang de Strahler
La Claie atteint un rang de Strahler 4[13] à partir de sa confluence avec le Keriolas qui est de rang 3[14].
Hydrologie
Le régime hydrologique de la Claie est dit pluvial océanique donc son bassin versant est affecté par un climat océanique[15]. C'est une rivière très irrégulière, à l'instar de ses voisines de la région du centre du massif armoricain.
Débit de la Claie à Saint-Marcel
Son débit a été observé durant une période de 15 ans (2010-2025), à Saint-Marcel, localité du département du Morbihan située à environ 9 km de sa confluence avec l'Oust. La surface ainsi étudiée y est de 290 km2, soit environ 82 % du bassin versant de la rivière qui s'étend sur 354 km2[2].
Le module de la rivière à Saint-Marcel est de 3,84 m3/s[2].
La Claie présente des fluctuations saisonnières de débit fort marquées, comme très souvent en Bretagne. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 7,06 m3/s à 5,93 m3/s, de décembre à mars inclus, avec un maximum en janvier (9,75 m3/s) puis en février (9,1 m3/s). Les basses eaux d'été ont lieu de début juillet à fin septembre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen allant jusqu'aux planchers de 0,521 m3/s au mois d'août et de 0,461 m3/s au mois de septembre[2]. Mais ces moyennes mensuelles occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou selon les années.
Étiage ou basses eaux
Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,174 m3/s (174 litres), en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère[2].
Crues
Les crues peuvent être très importantes puisque les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 26,4 et 42,6 m3/s. Le QIX 10 est de 53,3 m3/s et le QIX 20 de 63,5 m3/s.
Le débit instantané maximal enregistré à Saint-Marcel a été de 62 m3/s le , tandis que la valeur journalière maximale était de 55,2 m3/s le même jour[2]. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, on constate que cette crue de était un peu moins que vicennale, et donc pas très exceptionnelle, car destinée à se répéter environ tous les 19 ans en moyenne.
Lame d'eau et débit spécifique
La Claie est bien alimenté par les fortes précipitations de son bassin. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 426 millimètres annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (environ 300 mm), ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Vilaine (225 mm) ou de l'Oust (297 mm). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 13,5 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin[2].
Débit des cours d'eau du bassin de la Claie
| Cours d'eau | Localité | Débits en m3/s | Côte
max(m) |
Max.
instant. |
Max.
journ. |
Lame
d'eau (mm) |
Surface
(km²) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Module | VCN3
(étiage) |
QIX 2 | QIX 5 | QIX 10 | QIX 20 | |||||||
| Claie | Saint-Jean-Brévelay | 1,75 | 0,091 | 13,2 | 20,7 | 25,6 | 30,3 | 3,03 | 45 | 36 | 410 | 135 |
| Claie | Saint-Marcel | 3,84 | 0,174 | 26,4 | 42,6 | 53,3 | 63,5 | 2,49 | 62 | 55,2 | 426 | 290 |
Histoire et patrimoine
Les Landes de Lanvaux, délimité par la Claie au nord, sont un territoire riche en monuments mégalithiques. Ainsi, l'occupation humaine le long de la rivière est attesté depuis le Néolithique à travers plusieurs mégalithes tels les allées couvertes de Kerjagu à Colpo et de Trébiguet à Bohal, la Roche de Migourdy à Plumelec ainsi que le dolmen du Stade et le menhir de la Grand-Villeneuve à Trédion[16].
De plus, trois anciennes voies romaines qui franchissaient le cours de la Claie (deux près de Callac et une vers Saint-Jean-Brévelay) attestent de la présence humaine pendant l'Antiquité[17].
Le cours de la Claie est également jalonné de châteaux et de manoirs qui bordent la rivière ou dominent sa vallée, témoignant d’une forte occupation humaine au Moyen-Âge et à l'Époque Moderne ainsi que de la présence de nombreuses seigneuries le long de son parcours. Les châteaux de Callac à Plumelec[18], de Brignac à Saint-Guyomard[19] ainsi que de la Morinais, de la Prévostais[20] et de la Grouais[21] à Pleucadeuc, et les manoirs de Cadoudal à Plumelec[22], de Quesnouët à Colpo[23], de Rocarant à Bohal[24], de la Georgelais à Saint-Marcel[25] et de la Rivière à Sérent[26] en sont des exemples. Le plus célèbre est le château de Kerguéhennec qui est situé au début de son cours[27].
- Le château de Brignac vers 1910.
- Le château de la Morinais au XXe siècle.
- Le château de la Prévostais vers 1910.
L'histoire de la Claie se confond en partie avec l'histoire des Landes de Lanvaux. Paysages de landes dominées par les genêts et les bruyères, parsemées de multiples blocs granitiques et de nombreux espaces boisés mais offrant aussi en raison de leur altitude des perspectives visuelles très dégagées, les Landes de Lanvaux sont un milieu propice à des actions de guérilla. Ce sera le cas lors de la Chouannerie, où les landes seront le repaire de nombreux chouans puis lors de la Seconde Guerre Mondiale où ce fut le site principal de la Résistance morbihannaise, qui y implanta des maquis, des caches d’armes et des zones de parachutage[28]. Ainsi, a la suite de la dislocation du maquis de Saint-Marcel, le dimanche , les parachutistes se regroupent au château de Callac du Comte François de La Lignière. Le capitaine Marienne, qui reçoit le l’ensemble du commandement de l’Action Combinée, décide de fragmenter le bataillon parachutiste en groupes mobiles qui doivent, en attendant les ordres, se fondre dans la vallée de la Claie et la région de l’Oust. Continuellement pourchassés par les forces allemandes maintenues dans la région, les parachutistes sont condamnés à vivre en parfaite autarcie jusqu’au , le jour de la libération du Morbihan[29].
Économie et qualité de l'eau
L’activité agricole représente la principale activité économique du bassin qui compte environ 500 exploitations agricoles. La production laitière y est dominante tandis que la production de volailles est en baisse. Une augmentation des cultures est observée en parallèle[9].
Malgré la forte présence de l'activité agricole sur le bassin, la qualité de l'eau y est assez bonne puisque la concentration maximale est de 30 mg/l pour les nitrates et les flux d'azote descendent sous les 20 kg/ha/an à l'exutoire de la rivière lors de l’année hydrologique 2016/2017, ce qui respecte les objectifs fixés par le SAGE Vilaine. En revanche, la partie amont du bassin versant, caractérisée par la présence de pôles agro-alimentaires à Bignan et Locminé, affichent des concentrations en azote et en nitrates assez forte (supérieures à la limite réglementaire de 50 mg/l sur certains affluents). De plus, il existe sur le cours de la rivière de nombreux ouvrages liés aux moulins qui entrainent des ruptures de continuité écologique[30].
En ce qui concerne les pesticides, en 2016/2017, 17 substances actives ont été quantifiées dont 4 présentent des concentrations supérieures à 0.1μg/l (limite réglementaire pour l'eau potable). Il s’agit de l’AMPA, du bentazone, du diméthénamide et du s-métolachlore. La concentration cumulée maximale a été de 1.397 μg/l en . Il faut toutefois rester prudent sur l’évolution de la qualité de l’eau sur les pesticides, étant donné les changements de protocole de prélèvements sur l’ensemble de la période de suivi, et l’impact des conditions météorologiques[30].
Enfin, plusieurs captage d’eau potable sont présentes sur le bassin de la Claie : le captage d’eau superficielle de Bellée situé à l’exutoire de la Claie sur la commune de Saint-Congard, le captage d’eau souterraine de Kerdaniel situé sur la commune de Saint-Jean-Brévelay, identifié comme captage prioritaire dans le projet de SDAGE et le captage d’eau souterraine de Bréman à Sérent[9].

