Clair de terre (André Breton)

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PaysFrance
PréfaceAlain Jouffroy pour la réédition de 1966
Genrepoésie
Clair de terre
Auteur André Breton
Pays France
Préface Alain Jouffroy pour la réédition de 1966
Genre poésie
Éditeur Sans nom d'éditeur
Lieu de parution Paris
Date de parution 15 novembre 1923
ISBN 2-07-011138-5
Chronologie

Clair de terre est un recueil de poèmes d'André Breton (1896-1966) publié le .

Ce recueil regroupe des textes écrits en 1921 et 1922, parus séparément dans diverses revues, textes dadas comme Pièce fausse ou PSTT, cinq récits de rêves dont les trois premiers parurent dans Littérature, illustrés par la reproduction du tableau de Giorgio De Chirico, Le Cerveau et l'enfant, et des poèmes comme Le Buvard de cendre ou Tournesol, écrits durant l'été de 1923.

L'ouvrage original, édité à ses frais à 240 exemplaires, contenait la reproduction d'une eau-forte de Pablo Picasso : un portrait de l'auteur à « l'œil terrible »[1].

Les circonstances de l'écriture

Depuis le début de 1923, André Breton est frappé par une crise de confiance. Il interrompt les expériences de sommeils hypnotiques[2], commencés depuis le mois de , craignant pour la santé mentale des « dormeurs ».

Le , le Journal du peuple publie un entretien avec Roger Vitrac, dans lequel Breton confie son intention de ne plus écrire « d'ici très peu de temps. » Tenant la « partie comme absolument perdue, » il est désespéré de la situation faite à la littérature et n'envisage plus aucune activité littéraire, à commencer par la revue Littérature qui cesse de paraitre[3].

En 1924, dans la Revue européenne, Philippe Soupault témoigne de « cette lugubre éclipse » pendant laquelle des poètes gardaient « un affreux silence, » ou publiaient des romans, ou faisaient annoncer qu'ils n'écriraient plus[4].

Mais cette attitude est ambivalente. Si le , dans une lettre à Francis Picabia, André Breton exprime sa résignation à se composer « un semblant d'existence avec n'importe quoi, » la veille, il écrivait à Saint-Pol-Roux pour lui proposer de « défendre de tout cœur ses intérêts moraux » afin de réparer l'injuste oubli dans lequel est tenu le poète de Camaret[5].

En juillet, à Paris puis en août, à Lorient où il séjourne chez ses parents avec Simone, Breton écrit près d'une vingtaine de poèmes comme il appelle lui-même ces textes qui procèdent pourtant de l'écriture automatique[6].

À la fin août, il annonce à Jacques Doucet son intention de faire paraitre un recueil de poèmes en même temps qu'un recueil de textes : Les Pas perdus (devant être édité par la La Nouvelle Revue française (NRF)), pour ne pas « passer pour un essayiste ou un critique. »[7]. Il confirme à Maurice Martin du Gard la publication de Clair de terre, sans éditeur, avec des dessins de Giorgio De Chirico. Le , André Breton ajoute sur épreuves, un cinquième récit de rêve[8].

L'ouvrage

Le titre indique le renversement d'éclairage auquel André Breton entend soumettre l'acte poétique. Cette inversion est également suggérée par la typographie de la couverture : des lettres carrées et blanches supportées par un fond carré noir. Breton s'est inspiré d'une publicité dont une coupure a été retrouvée dans l'exemplaire de sa femme Simone[9].

L'origine de l'épigraphe « la terre brille dans le ciel comme un astre énorme au milieu des étoiles. Notre globe projette sur la lune un intense clair de terre » (attribué à un manuel d'Astronomie dont on n'a trouvé aucune trace à ce jour à la Bibliothèque nationale de France (BNF)) n'a pas été, à ce jour, retrouvé : peut-être le souvenir du poème de Stéphane Mallarmé Tout va bien ? Quant à la dédicace à Saint-Pol-Roux, elle fait suite à la visite que Breton lui a rendu à Camaret le [10].

Si la publication de Clair de terre paraît être un démenti au « magnifique plaisir de se faire oublier »[11], une contradiction qu'il s'inflige à lui-même, le livre témoigne du ressaisissement d'André Breton par cette même poésie, celle des Champs magnétiques, qui s'impose des refus, notamment celui de la narration. Et s'il n'importe guère à Breton de revenir « à l'innocence première par le chemin des mots, »[12] elle pose toutefois la question insoluble : peut-on refuser la « littérature », l'« œuvre d'art », et cependant écrire [13]?

Comme Les Champs magnétiques, le livre se termine par une dédicace à Marcel Duchamp, à travers son personnage et pseudonyme Rrose Sélavy, dédicace dans laquelle André Breton insère le titre de l'entretien paru dans Le Journal du peuple : « André Breton n'écrira plus. »

Il n'existe pas un manuscrit unique du recueil, mais un manuscrit pour chaque texte[14] répartis entre plusieurs fonds : Youki Desnos, Elsa Triolet-Aragon, Tristan Tzara, Simone Collinet et la bibliothèque Jacques Doucet.

Extraits

Bibliographie

Notes et références

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