Sa plus ancienne œuvre connue est un dessin à la sépia représentant son père, daté de 1769[2]. Recommandé à Jean-Baptiste Greuze, il compléta sa formation à Paris (où il avait de la famille) dans l’atelier de son compatriote bourguignon. Hoin cherchait alors à vivre de son art et, ne pouvant exposer aux Salons du Louvre réservés aux seuls membres de l’Académie royale. Il exposa en 1779, 1782 et 1783 au Salon de la correspondance, plus largement ouvert aux jeunes artistes.
C’est vraisemblablement à cette époque que l’artiste parcourait la campagne, à la place occupée par les actuels faubourgs de Paris, pour y chercher, selon sa propre expression, des «intentions de sites[4],[5]», c’est-à-dire des études nécessaires à ses fonds de gouaches. Hoin se promenait ainsi à Belleville, Pantin, Romainville ou au Pré-Saint-Gervais, mais également au bois de Boulogne, comme l’attestent certains dessins.
«J’ai repris mon ouvrage jusqu’à deux heures; je suis allé dîner et de là me promener. Il faudrait, en ce moment, la plume de Gessner pour te rendre tous les détails de cette promenade. J’ai suivi la barrière du Temple jusqu’à Belleville; de là, je me suis rendu au Pré-Saint-Gervais. Je suis allé jusqu’à Pantin, d’où j’ai gagné le grand bois de Romainville […]», écrit-il à sa femme Amélie[6]. Portalis note que ses paysages exécutés lors de ces promenades autour de Paris, semblent vus «comme dans un léger brouillard».
En 1785, Claude Hoin est nommé peintre de Monsieur frère du roi, le comte de Provence, futur Louis XVIII. Malgré cette fonction, il traverse sans ombrage la Révolution. Privé de sa clientèle parisienne, il retourne en 1802 dans sa ville natale et est nommé professeur de dessin au lycée en 1804 puis conservateur du musée des beaux-arts de Dijon en 1811. Il exerçait toujours cette double fonction à sa mort en 1817[1].
↑Musée des beaux-arts de Dijon, Claude Hoin, Dijon, 1750-1817: peintures, gouaches, miniatures, Dijon, Darantière, , 51p. (lire en ligne), p.6.
↑Ce fait est attesté par la mention portée au bas de plusieurs dessins, dont un d’après Carle van Loo: «Dessiné sous la conduite de M.Hoin de Melingen, professeur à l’École royale militaire, 1779, par Desfossés, cadet gentilhomme» (Portalis 1900, p.12).