Claudie Haigneré
astronaute et femme politique française
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Claudie André, épouse Deshays puis épouse Haigneré, née le à Le Creusot (Saône-et-Loire) est une scientifique, astronaute et femme politique française, présidente d'Universcience à Paris entre 2010 et 2015, puis, jusqu'en 2020, conseillère auprès du directeur général de l'Agence spatiale européenne. Elle est la première femme française et femme européenne non soviétique à être allée dans l'espace.
Le Creusot (France)
Astronaute
Ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies (2002-2004)
Ministre déléguée aux Affaires européennes (2004-2005)
| Claudie Haigneré | |
Portrait de la 7e astronaute française et 1re femme française astronaute : Claudie Haigneré en 2014. | |
| Nationalité | Française |
|---|---|
| Sélection | 2e groupe du CNES, 1985 Corps européen des astronautes (ESA 1999) |
| Naissance | Le Creusot (France) |
| Postes occupés | Médecin, docteur en neurosciences Astronaute Ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies (2002-2004) Ministre déléguée aux Affaires européennes (2004-2005) |
| Occupation actuelle | Ambassadrice et conseillère auprès du directeur de l'Agence spatiale européenne |
| Durée cumulée des missions | 25 j 14 h 22 min |
| Mission(s) |
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| Insigne(s) | |
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Famille et formation
Claudie André naît le au Creusot dans le département de Saône-et-Loire de l'union d'Emmanuel André, ingénieur, et de Simone Despierre[1].
Après des études primaires et secondaires au Creusot, elle intègre la faculté de médecine de Dijon puis Cochin-Port-Royal à Paris. Elle est titulaire d'un doctorat en médecine, de certificats d'études spécialisées en rhumatologie et en médecine aéronautique et spatiales. Elle suit également les cours de l'université Paris V-René Descartes et obtient un doctorat ès sciences dans le domaine des neurosciences[1],[2] sous la direction d'Alain Berthoz en 1992[3].
Elle épouse Paul Deshays, professeur agrégé d'éducation physique et sportive, et prend le nom de « André-Deshays », le couple divorce. Le , elle épouse en secondes noces le général de brigade aérienne et astronaute Jean-Pierre Haigneré et prend le nom de « Haigneré ». Le couple a une fille Carla[1].
Carrière
Travaux scientifiques et médicaux
Au sein de la clinique de rhumatologie du service de réadaptation de l'hôpital Cochin à Paris, Claudie exerce pendant huit ans une activité médicale. Pendant six ans, au Laboratoire de physiologie neuro-sensorielle du CNRS à Paris, elle prépare des expériences scientifiques dans le domaine de la physiologie humaine et effectue des recherches sur l'adaptation des systèmes sensori-moteurs en microgravité.
De 1990 à 1992, elle est responsable des programmes de physiologie et de médecine spatiale à la division « Sciences de la Vie » du CNES à Paris, participe aux orientations de la recherche spatiale dans ce domaine en étroite collaboration avec les laboratoires français et internationaux.
Elle assure, de 1989 à 1992, la coordination scientifique de la mission franco-russe Antarès pour les expériences des sciences de la vie.
Astronaute

Station spatiale russe Mir
Après onze ans de sélection, Claudie décolle le avec Soyouz TM-24 et commence un vol de seize jours à bord de la station orbitale russe Mir dans le cadre de la mission franco-russe Cassiopée pour effectuer de nombreuses expériences médico-physiologiques, techniques et biologiques. Elle atterrit le avec le vaisseau Soyouz TM-23.
En , elle rejoint la cité des étoiles comme astronaute suppléante pour la mission franco-russe Perseus qui débute, en , à bord de Mir. Elle suit un entraînement complet d'ingénieur de bord de la station et de cosmonaute sauveteur de vaisseau Soyouz.
En , elle est intégrée à l'Agence spatiale européenne (ESA) et rejoint le Corps européen des astronautes à Cologne en Allemagne.
Station spatiale internationale
En , elle rejoint à nouveau la cité des étoiles pour un entraînement de neuf mois pour la mission Andromède (de).
Première astronaute française à voler à bord de la Station spatiale internationale (ISS) lors de la mission Soyouz TM-33 lancée le , Claudie Haigneré, ingénieur de bord no 1, réalise un programme expérimental dans les domaines de l'observation de la Terre, de l'étude de l'ionosphère, des sciences de la vie ainsi que des sciences de la matière. Elle atterrit le avec le vaisseau Soyouz TM-32 après un vol de 11 jours.
Ministre (2002-2005)

Le , Claudie Haigneré intègre le deuxième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin au poste de ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies (rattachée au ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche Luc Ferry).
Du au , dans le troisième gouvernement Raffarin, elle est ministre déléguée aux Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères Michel Barnier.
Présidente d'Universcience (2010-2015)

Le , Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, nomment Claudie Haigneré administratrice provisoire du nouvel établissement public issu du rapprochement entre le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l'industrie appelé « Universcience »[4],[2].
Elle est ensuite conseillère auprès du directeur général de l'ESA[2], puis, afin de prendre son poste à la tête d'Universcience, en , elle est mise à disposition par l'ESA.
Un article du Canard enchaîné mentionne son salaire de 21 000 €/mois, ainsi que des rémunérations complémentaires liées à ses mandats d’administratrice de fondations : « elle a pu conserver son statut international dérogatoire, et donc échapper au régime fiscal français. Selon les calculs de Bercy, le manque à gagner pour le fisc s'élèverait à près de 50 000 euros annuels », indique Le Canard[5]. De plus, « Claudie Haigneré cumule cette fonction publique avec des postes d'administratrice (rémunérée) à France Télécom, Sanofi et dans de nombreuses fondations comme Lacoste et L'Oréal… au motif que toutes ces entités font la promotion de la science auprès des jeunes »[6].
En 2015, elle retourne à l'ESA comme conseillère du directeur général[7].
Mandats sociaux
- Administratrice du groupe pharmaceutique Sanofi entre 2008 et 2016 (terme du mandat)[8]
- Administratrice de la Fondation L'Oréal[9]
- Administratrice de la Fondation CGénial[8]
- Ancienne administratrice de La Géode, France Télécom, la Fondation de France, la Fondation Lacoste, l'École normale supérieure, le Campus Condorcet et le PRES Hautes-Études-Sorbonne-Arts-et-Métiers.
- Marraine de Des Ailes pour la Science[10],[11]
- Marraine de SpaceBus France
- Marraine de la Fondation Van Allen
- Membre d'honneur de l'Académie de l'air et de l'espace (1997)[12]
- Membre du comité d'honneur de La Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA)[13]
- 2010-2015 : présidente d'Universcience[8],[14]
- : conseillère auprès du directeur général de l'Agence spatiale européenne.
- 2016 : présidente de l'Association Solidarité Défense.
Distinctions et hommages
Décorations
Distinctions
Claudie Haigneré a été faite docteur honoris causa de plusieurs institutions :
- école polytechnique fédérale de Lausanne (2003) ;
- faculté polytechnique de Mons () ;
- université Beihang à Pékin ;
- université catholique de Louvain (2019)[21].
Elle est membre de l'Académie des technologies depuis 2002, du conseil scientifique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), de l'Académie des sports, membre libre de l'Académie des sciences d'outre-mer[22], membre de l'Académie de l'air et de l'espace[8] et depuis 1996, marraine de la Cité de l'espace à Toulouse[23].
Hommages
Le nom de Claudie Haigneré a été donné à la promotion 2003 de l'INSA Strasbourg[24], à la promotion 2018 de l'ENSTA Bretagne[25], à la promotion 2019 de l'École nationale supérieure de cognitique et à la promotion 2026 des inspecteurs et personnels de direction de l'Education nationale lors d'un vote à l'IH2EF.
Le nom de Claudie Haigneré a été donné à plusieurs lieux :
- à l'école élémentaire de la commune de Sainte-Catherine-lez-Arras (Pas-de-Calais) lors de son inauguration en sa présence le ;
- au groupe scolaire de la ville de Châtellerault (Vienne inauguré le également en sa présence ;
- au collège de Freyming-Merlebach (Moselle), ouvert le [26] ;
- au collège de Rouillac (Charente) ;
- au collège de Rochefort-du-Gard (Gard) ;
- au groupe scolaire du quartier du Bois à Hérouville Saint-Clair (Calvados), le ;
- au lycée professionnel de Blanzy (Saône-et-Loire) ;
- au groupe scolaire de Cugnaux (Haute-Garonne), inauguré en ;
- au bâtiment de direction de l'École nationale supérieure de techniques avancées Bretagne, inauguré le par Emmanuel Chiva, délégué général pour l'armement.
- au groupe scolaire de la ville Brétigny-sur-Orge (Essonne), le
- à l'un des campus de l'École nationale supérieure des mines d'Alès, inauguré le par Assia Tria, directrice[27] ;
- à une résidence universitaire à Lyon, inaugurée en 2022[28] ;
- à un groupe scolaire de la ville d'Asnières-sur-Seine inauguré le .
Son nom a également été attribué à plusieurs rues et voies :
- une rue à Claira (Pyrénées-Orientales), Châteaubernard (Charente), Franqueville-Saint-Pierre (Seine-Maritime) et Hennebont (Morbihan), Mexy (Meurthe-et-Moselle), Biganos (Gironde), Autun (Saône-et-Loire)
- une allée à Lardy (Essonne) et Villejuif (Val-de-Marne)
Publications
- En collaboration avec Yolaine de La Bigne, Une Française dans l'espace, Plon, 1996, 2001.
- Andromède / carnet de bord, Publications de l’École Moderne Française, 2002.
- Lettre à tous ceux qui aiment l'école : pour expliquer les réformes en cours / Luc Ferry. Où voulons-nous aller ? / Xavier Darcos. Demain, la science / Claudie Haigneré, O. Jacob : SCÉREN-CNDP, Paris, 2003.
- Plaidoyer pour réconcilier les sciences et la culture, Éd. le Pommier, Universcience éd., Paris, 2010.
Préfaces
Sophie Adenot de la Terre aux étoiles, avec Marc Dana aux Éditions du Rocher, Paris,
- Martine Gay, Michel Poirieux, La liberté d'être au féminin, Librairie de Médicis, Paris, 2002.
- Association francophone des utilisateurs du Net, de l'e-business et de la société en réseau, E-transformation / AFNET, coll. « Les fondamentaux de la société de l'information » no 1, AFNET, Paris, 2002.
- Stéphane Nicolaou, Élizabeth Mismes-Thomas, Aviatrices / un siècle d'aviation féminine française, Altipresse ; Musée de l’air et de l’espace, 2004.
- Maryse Barbance, De l'école polytechnique féminine à l'EPF, école d'ingénieures / le témoignage d'ingénieures pionnières : 1925-2005, 80 ans d'histoire, Eyrolles, Paris, 2005.
- Philippe Collot, 50 ans d'aventure spatiale / CNES, Centre national d'études spatiales, éd. M. Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2007.
- Collectif, Objectifs Terre [Texte imprimé] : la révolution des satellites, Éd. le Pommier, Cité des sciences et de l'industrie, Paris, 2009.
- Collectif, Sciences & science fiction, Universcience : Éditions de la Martinière, Paris, 2010.
- Jean-Claude Seys, Gagnants et perdants ou Les challenges de la réussite, Presses universitaires de France, Paris, 2011.
- Arlène Ammar-Israël et Jean-Louis Fellous, L'exploration spatiale / au carrefour de la science et de la politique, CNRS éd., Paris, 2011.
- Guellen et François Taris, De la Terre aux étoiles. Le soleil et ses planètes, Le sablier jeunesse, Forcalquier, 2012.
- Pierre-François Mouriaux, Philippe Varnoteaux, Alexandre Ananoff, l'astronaute méconnu, Ed2A, Vendres, 2013.
- Claire Lauzol, Anne-Marie Jonquiere, Les expert(e)s dans l'entreprise, Maxima, 2015.