Clytemnestre

personnage de la mythologie grecque From Wikipedia, the free encyclopedia

Dans la mythologie grecque[1], Clytemnestre, en grec ancien Κλυταιμήστρα / Klutaimếstra, est la fille de Tyndare (roi de Sparte) et de Léda. Née d'un œuf commun, elle est sœur de Castor, et la demi-sœur d'Hélène et Pollux, qui sont des enfants de Zeus[2].

Sépulture
Tombeau de Clytemnestre et d'Égisthe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
ΚλυταιμνήστραVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Faits en bref Sépulture, Nom dans la langue maternelle ...
Clytemnestre
Biographie
Sépulture
Tombeau de Clytemnestre et d'Égisthe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
ΚλυταιμνήστραVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Fratrie
Pollux (d)
Castor (d)
HélèneVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Agamemnon
Tantalos (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Vénérée par
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Clytemnestre essayant de réveiller les Érinyes tandis que son fils est purifié par Apollon, cratère apulien à figures rouges, 380-370, Louvre (Cp 710).

Elle est l'épouse d'Agamemnon. Dans l'Orestie d'Eschyle, elle assassine Agamemnon — cité par Euripide comme étant son second mari — et la princesse troyenne Cassandre[3].

Dans l'Odyssée d'Homère, son rôle dans la mort d'Agamemnon n'est pas clair. Mais elle est désignée par l’âme même de ce dernier s’adressant à Ulysse, lors de son voyage au royaume de Hadès, comme étant celle qui tua Cassandre.

Étymologie

Son nom grec Klytaimnḗstra est aussi parfois latinisé en Clytaemnestra. Il est communément interprété comme signifiant « célèbre pour ses prétendants ». Cependant, la forme avec « mn » est une erreur de lecture qui n'apparaît pas avant la période moyenne byzantine, motivée par un lien étymologique erroné avec le verbe mnáomai (μνάoμαι, « courtiser, cour »). La poésie homérique montre néanmoins une prise de conscience des deux étymologies[4].

On pense que la forme originale du nom était Klytaimḗstra (Κλυταιμήστρα) sans le -n- et signifiait initialement « célèbre conseillère » ce qui correspond à la Nuit qui porte conseil[5].

Eschyle, dans certains jeux de mots sur son nom, apparaît assumer un lien étymologique avec le verbe μήδoμαι / mếdomai[6]. Ainsi, la dérivation de κλῠτός (klutós « célébré ») et μήδομαι (mḗdomai « planifier, être rusé ») donne une signification de « célèbre comploteur » assez descriptive.

Mythe

Agamemnon, le roi de Mycènes, épousa Clytemnestre après avoir tué son précédent mari Tantale, fils de Thyeste, ainsi que leur enfant. Agamemnon et Clytemnestre ont quatre enfants : Iphigénie, Chrysothémis, Électre et Oreste. Certaines versions ajoutent Laodicé et Iphianassa, qui seront ensuite confondues avec Électre et Iphigénie[2].

Avant son départ pour la guerre de Troie, Agamemnon et ses troupes rassemblées à Aulis, ne peuvent partir. Artémis a lancé des vents contraires au départ pour la guerre et répond à Agamemnon, désireux de partir, qu'il lui faut pour cela sacrifier sa fille Iphigénie. Agamemnon amène ainsi Iphigénie sur l'autel d'Artémis qui remplace la fille d'Agamemnon par une biche pour le sacrifice[1].

Agamemnon, ainsi que Cassandre, la captive et concubine qu'il ramène avec lui, sont tués à leur retour de Troie par Clytemnestre elle-même selon Eschyle. Selon Homère Égisthe (amant de Clytemnestre[1]) tua Agamemnon mais ce fut Clytemnestre qui égorgea Cassandre. Oreste fut sauvé par sa nourrice, ce qui permet de préciser son jeune âge. Plusieurs années après, il revint d'exil pour venger son père, tuant sa mère et son amant Égisthe. Matricide, le fils de Clytemnestre va se purifier au temple d'Apollon à Delphes puis part à Athènes se soumettre à la justice d'Athéna, qui l'acquitte[1],[3].

Représentations artistiques

Littérature

Clytemnestre hésitant avant de frapper Agamemnon endormi, Pierre-Narcisse Guérin, 1817, musée du Louvre (Inv. 5185).

Outre Homère et Eschyle, Sophocle (Électre) puis Euripide (Électre, Oreste, Iphigénie en Tauride, Iphigénie à Aulis) reprennent le rôle de Clytemnestre, le rendant détestable. Seul Eschyle lui attribue grandeur et dignité, considérant le meurtre d'Agamemnon comme une vengeance, plaidoyer que Clytemnestre n'a pu faire entendre, induisant l'aspect tragique du mythe[3].

Comme de nombreux auteurs plus récents, parmi lesquels Goethe (Iphigénie en Tauride), Giraudoux (Électre), Sartre (Les Mouches), Yourcenar (Feux, "Clytemnestre ou le crime"), ou encore Marie Cardinal (Le Passé Empiété), Tiago Rodrigues (Iphigénie Agamemnon Électre), Simone Bertière, dans Apologie pour Clytemnestre, en donne sa vision en se réclamant d'Eschyle, quoique fortement influencée par ses successeurs[7].

Opéra

Hommage

L'astéroïde (179) Clytemnestre découvert le est nommé en l'honneur de Clytemnestre.

Notes et références

Annexes

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