Codex Manesse

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Artiste
Plusieurs artistes anonymes
Date
1310 - 1340
Type
Parchemin
Technique
Manuscrit enluminé
Codex Manesse
Planche 249v : Page du seigneur Konrad von Altstetten (de). Au-dessus du couple d'amoureux, l'écusson et le heaume du seigneur.
Artiste
Plusieurs artistes anonymes
Date
1310 - 1340
Type
Parchemin
Technique
Manuscrit enluminé
Dimensions (H × L)
35,5 × 25 cm
Format
426 folios
No d’inventaire
Cod. Pal. Germ. 848Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Bibliothèque de l'université de Heidelberg (Allemagne)
Protection

Le codex Manesse, aussi appelé Manessische Handschrift manuscrit Manesse »), Große Heidelberger Liederhandschrift grand manuscrit de poésie lyrique de Heidelberg ») et parfois aussi Pariser Handschrift manuscrit de Paris ») est un manuscrit de poésie lyrique enluminé ayant la forme d'un codex. Il est le plus grand et somptueux des recueils du Minnesang de langue allemande.

Le codex est composé de 426 folios. Il contient, sur plus de 700 pages (certains folio ne sont remplis que d'un seul côté), les textes de chansons d'amour courtois composés en allemand médiéval (Mittelhochdeutsch) par près de 140 Minnesänger (qui sont, sous certains aspects, les équivalents et les continuateurs allemands des troubadours et trouvères)[1].

Le codex a été compilé et illustré vers 1310, avec des compléments jusqu'en 1340, probablement à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich. Le manuscrit fait maintenant partie des collections de la bibliothèque de l'université de Heidelberg[1].

Les spécialistes du Minnesang font fréquemment référence au codex par l'appellation manuscrit C. Cette abréviation a été introduite par le philologue Karl Lachmann pour le distinguer de la Kleine Heidelberger Liederhandschrift (de), notée manuscrit A et le Chansonnier enluminé de Weingarten (Weingartner Liederhandschrift), notée manuscrit B.

Chaque feuille de parchemin mesure 35,5 × 25 cm. Le manuscrit compte 137 miniatures en pleine page[1], qui forment une série de « portraits » des poètes. Ils sont source de renseignements intéressants sur les costumes, coutumes et armoiries de l'époque. Un grand nombre de nobles y sont représentés dans leur tenue d'apparat, ou équipés en tenue de tournoi. Ils sont reconnaissables grâce à leurs symboles héraldiques quand leur visage est caché par un heaume. Conformément à la tradition, certaines illustrations sont aussi basées sur les paroles d'un poème, ou sur un attribut du personnage : ainsi, Dietmar von Ast (de) est un « voyageur », et est représenté sur une mule.

D'après le témoignage du poète Johannes Hadlaub (en), le conseiller zurichois Rüdiger II Manesse et son fils Johannes commencent à la fin du XIIIe siècle à réunir le recueil de poésies courtoises. Ce manuscrit a été compilé à une époque où certains des poètes étaient morts depuis un siècle : les textes remontent, pour certains d'entre eux, jusqu'à la deuxième moitié du XIIe siècle. Une quelconque ressemblance physique (ni même héraldique) ne peut donc pas être attendue.

Le texte lui-même est un recueil d'environ 6 000 strophes de poésie allemande (chants et maximes) de 140 auteurs. Quatre enlumineurs distincts ont contribué aux miniatures, le maître principal a peint à lui seul 110 miniatures. Dix ou onze scribes distincts ont participé à l'ouvrage[1].

Les textes sont présentés par auteurs. L'ordre des 140 poètes suit le principe médiéval du classement par état et par rang : il débute avec l'empereur du Saint-Empire romain-germanique Henri VI et son petit-fils Conradin ; il est suivi de rois, de ducs, de margraves et comtes, barons seigneurs et chevaliers servants, et enfin de maîtres bourgeois et chantres sans titre et sans extraction sociale, comme Walther von der Vogelweide. La plus volumineuse contribution est celle de Walther von der Vogelweide.

Les noms les plus célèbres des Minnesänger figurant dans le recueil sont Hendrik van Veldeke, Heinrich von Morungen, Reinmar de Haguenau, Friedrich von Hausen, Walther von der Vogelweide, Wolfram von Eschenbach, Ulrich von Liechtenstein ou Godefroid de Strasbourg. Le poète Johannes Hadlaub (en) a également une contribution importante.

Le manuscrit commence par une table des matières, énumérant les auteurs présents. Chaque auteur est introduit par sa miniature, suivie de ses œuvres. La numérotation est un ajout postérieur.

La rédaction a connu plusieurs étapes. Le noyau du manuscrit est formé des œuvres de 110 auteurs dont les textes ont été copiés en 1300 ou dans les années qui suivent. Ce n'est qu'après la mort de Rüdiger II Manesse qu'on a ajouté (jusqu'en 1330-1340, peut-être jusqu'à la révolution de Rodolphe Brun en 1336) les œuvres de trente autres poètes. On ignore qui a mené ce travail complémentaire. En dépit de la complexité de sa genèse, le Codex Manesse a été conçu selon un plan. D'une part, les poètes sont ordonnés hiérarchiquement. D'autre part, les nombreuses pages blanches distribuées dans tout le manuscrit démontrent qu'il avait été conçu comme un recueil devant être constamment complété. Ce concept, nouveau dans les recueils de chansons, se retrouve dans le manuscrit de la charte de Zurich de 1304, le Richtebrief (de), ce qui fait penser à une même origine. L'initiative d'un travail préparatoire daté de 1301-1304 revient sans doute à Rüdiger II Manesse et la main est identique à celle qui a copié dans le Codex Manesse les quelque 240 strophes du corpus de Hadlaub[2].

Histoire du manuscrit

Notes et références

Voir aussi

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