Collectif Mwasi
collectif afroféministe français
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Le Collectif Mwasi, créé en 2014, est une association afroféministe basée à Paris visant à créer une critique multiple du système capitaliste[3]. En s'attachant aux principes du féminisme, les membres du collectif souhaitent créer un afroféminisme français tout en s'inspirant des différentes théories et idéologies afroféministes américaines.
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Sharone Omankoy (d) |
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Notamment connu pour l'organisation du festival Nyansapo à Paris en 2017, le choix de la non-mixité raciale ainsi que l'organisation dans des locaux appartenant à une collectivité publique (la mairie de Paris) a soulevé de nombreuses critiques de la part d'organisations antiracistes et de personnalités politiques[4].
Objectifs
Signifiant « femme » en lingala, Mwasi, créé en 2014, est un collectif créé à Paris en réaction aux violences sexuelles en République démocratique du Congo[1]. Constitué de femmes noires, Mwasi a pour but de réaliser une « critique intersectionnelle du système capitaliste, hétéropatriarcal et raciste »[5]. Dans ce cadre, le collectif organise des événements portant à la fois sur les causes politiques et LGBT, des débats liés à l'immigration et à la décolonisation et aux luttes afroféministes contre le sexisme, le patriarcat et le racisme[5].
Prônant une auto-émancipation des femmes issues de l'immigration africaine, le collectif entend proposer un afroféminisme français tout en utilisant des concepts développés à l'étranger tel que le Black feminism américain[5]. S'inspirant des analyses proposées par le féminisme postcolonial, il milite en faveur d'un féminisme antiraciste ou décolonial[6].
Prises de positions
Le collectif Mwasi prône la non-mixité de genre et « de race », ce qui suscite de nombreuses critiques de la part de féministes l'accusant de communautarisme[5]. Selon Fatima Benomar, cependant, les espaces de non-mixité ne sont pas synonyme d’une hostilité envers les hommes, mais doivent permettre aux femmes de s’émanciper[7] et de mettre en avant la vision et les luttes de femmes noires, qui ne se reconnaissent plus dans des organisations telles que Osez le féminisme ! ou Chiennes de garde dont, selon elles, les luttes ne sont pas compatibles et ont d'autres priorités que les femmes issues des minorités ethnico-raciales de France [8].
Le collectif a décidé de ne pas s'allier à des organisations antiracistes telles que la LICRA ou encore SOS Racisme dont - selon lui - l'antiracisme est « affranchi des rapports de domination et de pouvoir »[1].
Controverses
De nombreuses controverses ont été lancées contre l'application de la non-mixité de genre et de race, l'un des principes de base de l'association[5].
Festival Nyansapo
Organisé du 28 au , le festival Nyansapo s'est tenu dans le 11e arrondissement de Paris et réservait certains ateliers aux femmes noires[9],[10]. Une polémique est alors lancé notamment par le site d'extrême droite Fdesouche et des hommes politiques tels que Wallerand de Saint-Just voyant une illustration d'un racisme antiblanc[9],[11]. La maire de Paris Anne Hidalgo a indiqué la saisie de la préfecture de police en raison d'un événement discriminatoire dans des locaux de la ville de Paris, La Générale[4]. La LICRA et SOS Racisme ont également critiqué le festival comme étant un « repli identitaire »[12],[4].
Anne Hidalgo a ensuite indiqué sur son compte twitter qu'une solution avait été trouvée[13],[10]. En effet, les ateliers se faisant dans des locaux privés, l'association a pu continuer l'organisation de son festival.
Diffusion du film Black Panther
Après la sortie en salle de Black Panther, premier film de super-héros Marvel d'origine africaine, l'association a organisé une projection « en non mixité pour les personnes noires quel que soit le genre »[14] le . Face à une nouvelle application de la non-mixité raciale qui pour cette fois-ci se fait dans un cadre récréatif, la LICRA a saisi le Premier ministre, le Défenseur des droits et le réseau MK2 pour annuler cette projection[14]. Annoncée comme annulée, la séance et le débat ont bien eu lieu dans un autre lieu selon un communiqué de l'association[15].
Dans la littérature
Dans Ah Sissi, il faut souffrir pour être française !, l'écrivaine franco-camerounaise Jo Güstin, brocarde, par la voix de sa narratrice Sissi, la considération différente dont sont entourés des mouvements anti-racistes selon la couleur de peau de leurs dirigeants :
« Hey, on est en France, ici ! Pays où les plus grosses associations antiracistes sont gérées par des blancs ! Pays où l’Institut du Monde Arabe est dirigé par un blanc ! Pays où l’on nomme une blanche, aussi béninoise qu’elle se croit, pour décider des conditions de restitution du patrimoine volé au continent africain ! Pays où c’est aux blancs de décider que « bamboula » est un terme affectueux, et « blanc », une insulte ; que la Licra est antiraciste et le collectif Mwasi, raciste[16]. »