Collège Simon Vinciguerra

From Wikipedia, the free encyclopedia

Fondation
Type Établissement scolaire (d)
Code UAI 7200624R
Étudiants 472 et 481
Collège Simon Vinciguerra
Description de l'image Collège Simon-Jean Vincinguerra, ancien couvent jésuite, Bastia.jpg.
Histoire et statut
Fondation
Type Établissement scolaire (d)
Administration
Code UAI 7200624R
Étudiants 472 et 481
Localisation
Ville Bastia
Pays France
Site web www.college-vinciguerra.fr
Coordonnées 42° 41′ 46″ nord, 9° 26′ 51″ est

Le collège Simon Vinciguerra est un établissement français d'enseignement secondaire, situé au 2, boulevard Paoli, à Bastia, en Corse. Il est le plus vieil établissement d'enseignement secondaire de Corse[1].

Son histoire se confond avec celle de la ville. Il doit sa fondation aux Jésuites en 1601[2]. L'ensemble de l'ancien collège jésuite comprend l'église Saint-Charles, anciennement dédiée à Saint-Ignace de Loyola.

A l'annexion de la Corse par la France, les Jésuites sont expulsés de l'île par le roi Louis XV. Mais le bâtiment conserve sa mission d’enseignement de manière quasi ininterrompue jusqu'à nos jours, ce qui en fait le plus vieil établissement d’enseignement secondaire de Corse.

Ancien lycée de Bastia jusqu'en 1966, il est fréquemment appelé Vieux-Lycée, en corse U Vechju Liceu. Auparavant il fut collège royal, puis lycée impérial à partir de 1852[1].

Depuis 1992 il porte le nom de Simon Vinciguerra (1903-1971), écrivain et résistant, qui fut enseignant dans cet établissement.

Aujourd'hui il accueille environ 450 élèves.

Le collège jésuite et les premiers cours

L'histoire du collège Simon Vinciguerra se confond avec celle de l'arrivée des jésuites en Corse. Cet ordre religieux appelé également Compagnie de Jésus est fondé en 1540 par Ignace de Loyola. Soucieux que les jésuites aient de solides qualités intellectuelles, leur fondateur avait insisté pour qu'ils bénéficient d'une longue formation (dix ans d'études).

Les jésuites ont joué un rôle essentiel dans la Contre-Réforme, dans la diffusion de l'instruction en Europe et dans le monde[3]. Ils ont aussi été un pilier dans la diffusion de l'architecture baroque.

Au XVIe et au XVIIe siècle, les jésuites fondent de nombreuses écoles en Europe, appelées "collèges". C'est en 1548, à Messine (Sicile), que s'ouvre le premier collège jésuite.

Connus pour leurs activités de missionnaires et de pacificateurs, ils arrivent dans une île alors très pauvre où bien souvent les habitants vivent dans l'ignorance et dans l'absence de spiritualité. C'est dans cette optique qu'en 1552-1553, Ignace de Loyola envoie deux Jésuites à Bastia : le père Silvestro Landini et le père Emanuel Gomes[4]. Un emplacement pour le futur collège est identifié.

Les premiers cours sont donnés avant que le collège ne soit construit, dans des habitations situés dans le quartier de Terravechja, rue de la Miséricorde[4], proche de l'emplacement actuel du collège Simon Vinciguerra. Les Jésuites commencent leurs activités dès 1601. Ils enseignent aux garçons les humanités (latin, grec), la grammaire, la rhétorique, la théologie morale et la philosophie[5].

La construction du complexe, comprenant un collège et une église débute en 1612[6]. Elle fut achevée en 1635[7] et on lui attribue le nom de Saint Ignace de Loyola.

En 1635 le premier bâtiment est achevé et il peut enfin ouvrir ses portes.

De l'expulsion des jésuites au Premier Empire

Une carte postale ancienne du lycée de Bastia

A l'annexion de la Corse à la France en 1768, le roi Louis XV expulse les jésuites de l’île. L'ordre était banni du royaume de France depuis 1762. Au moment de leur départ, les religieux avaient en charge les études de 90 élèves. Les Français confient alors l'établissement à l'ordre des Doctrinaires.

A la Révolution, les Français ferment les dix couvents que comptait la ville de Bastia, ainsi que le collège. De 1798 à 1804, l'administration départementale rouvre les locaux sous le nom d'Ecole centrale.

Sous le Premier Empire, le collège devient sénatorerie, sur décision de Napoléon. Il devient alors la résidence du sénateur de la Corse, le compte Raphaël de Casabianca.

Le collège redevient un lieu d'enseignement

On distingue l'aile nord, qui a été soufflée lors des bombardements d'octobre 1943

Sous la Restauration, le bâtiment redevient un lieu d'enseignement. Il est alors un collège municipal. Il abrite alors également la mairie, la bibliothèque municipale, le bureau de police et la cour d'appel de la Corse.

En 1838, sous le règne de Louis-Philippe, il devient collège royal. On demande alors à l'entrepreneur bastiais Gabrielli de doter le bâtiment de deux étages supplémentaires pour pouvoir accueillir des étudiants venus de toute la Corse.

Sous Napoléon III, en 1859 l'établissement devient lycée impérial. Une extension du bâtiment est construite en 1879 (l'actuelle école Gaudin) qui permet d'adjoindre un collège. Les travaux s'achèvent en 1884.

La plaque du lycée impérial Napoléon III qui se trouve dans un couloir du collège

Au mois d' l'aile nord du lycée est détruite lors des bombardements américains et anglais. La bibliothèque qui s'y trouvait a été entièrement soufflée. On y répertoriait 8000 livres[5].

En 1966 le lycée est trop petit pour accueillir les élèves. Il est alors transféré dans l'ancien couvent des Missionnaires Lazaristes, l'actuel lycée Jean Nicoli[8]. C'est alors que l'ancien collège jésuite devient "collège du Vieux Lycée", en ccrse "U Vechju Liceu".

Le collège porte depuis 1992 le nom de Simon Vinciguerra (1903-1971) qui fut professeur d'histoire-géographie, auteur (poèmes, comédies, écrits sur l'histoire de la Corse). Il fut aussi un grand résistant.

La distribution des prix

La distribution des prix au lycée de Bastia, vers 1900

La distribution des prix est une cérémonie organisée par la direction de l'établissement. Au cours de celle-ci, les élèves méritants sont récompensés. C'était un évènement important qui concluait l'année scolaire. La distribution des prix aurait commencé du temps des jésuites, en 1715[9]. Elle a perduré jusqu'en 1968[10]. Il faut remonter à l'Ancien Régime pour trouver les traces des premières distributions des prix et on considère les pères jésuites comme les fondateurs de cette récompense[10].

Durant la cérémonie on récompense les enseignants en leur remettant les palmes académiques. On retrouve également des récitations de poèmes, des représentations de pièces de théâtre, des discours.

Toutes les disciplines sont concernées et l'établissement organise un classement des lycéens. Cela démontre l'importance de la hiérarchie dans le système scolaire de l'époque[11]. La distribution des prix est perçue comme un moment fort de la « fabrique des élites »[12]comme l'a été l'école à ce moment-là.

L'établissement aujourd'hui

Aujourd'hui le collège Simon Vinciguerra accueille environ 450 élèves, de la 6e à la 3e. Au sein de l'établissement figure une filière bilingue langue corse[13], une filière CHAM (classe artistique à horaires aménagés)[14] et une filière bilangue chinois[15].

Chaque année une cérémonie en hommage aux morts de la grande guerre est célébrée devant le monument qui se trouve dans le couloir du collège[16],[17],[18].

Plan du collège jésuite et de l'église Saint-Charles en 1629

Personnalités liées au lycée

Éléments d'architecture

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI