Complexe nuragique de Malchittu
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| Complexe nuragique de Malchittu | |
Temple « à mégaron ». | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Sardaigne |
| Province | Province de Gallura-Sardaigne Nord-Est |
| Commune | Arzachena |
| Coordonnées | 41° 04′ 45″ nord, 9° 24′ 39″ est |
| Altitude | 130 m |
| modifier |
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Le complexe nuragique de Malchittu est un site archéologique situé à Arzachena, dans la Province de Gallura-Sardaigne Nord-Est en Sardaigne. Le site correspond à un petit complexe nuragique constitué d'un nuraghe, d'une grande cabane circulaire et d'un temple « à mégaron ».
La cabane
Le petit complexe nuragique est situé à 130 m d’altitude, dans un bref creux qui s’insère entre deux sommets granitiques hauts respectivement de 149 m et 140 m, en bordure d’une petite vallée parallèle au cours du Riu Bucchilalgu qui débouche dans la plaine entourant au sud le golfe d’Arzachena. On accède au site, et l’on devait déjà y accéder ainsi à l'époque nuragique, en suivant un étroit sentier, qui suit une gorge étroite et assez escarpée, et débouche sur un col. Sur la gauche apparaissent alors les vestiges d’un nuraghe adossé à la pointe rocheuse, et sur la droite, le petit temple. La cabane est située nettement en contrebas du site à la base de l’éperon rocheux. Le site comprend aussi une série de nombreux taffoni funéraires[1].
C'est une grande cabane circulaire, encore très bien conservée par endroits (hauteur maximale 2 m sur l’effondrement ; diamètre 5,90 m), construite, à l’endroit où le versant septentrional du mont s’interrompt pour former un petit terrassement. Les dimensions des pierres des premiers assises sont remarquables, avec une tendance à diminuer progressivement de volume à mesure que la maçonnerie s’élève. Il n’existe aucune trace apparente de l’entrée, même si son emplacement semble pouvoir être identifié vers le sud‑ouest, c’est‑à‑dire en direction des autres constructions du complexe, opposant ainsi à quiconque arrivait depuis la vallée un mur compact, dissimulé par les hautes roches contre lesquelles la cabane a été édifiée[1].
La progression des murs en saillie vers le haut, bien visible au point de hauteur maximale de la construction, pourrait faire penser à une couverture en fausse voûte mais cette hypothèse est contredite par le faible épaisseur du mur (0,90 m) au regard du diamètre important de la pièce, ainsi que par la présence d’un éboulis très réduit, insuffisant pour être attribué à une voûte effondrée. Le complexe étant situé dans une zone très reculée, il est peu probable qu'elle ait été soumise à des opérations de récupération de pierres. Une couverture en bois (troncs et branchages) est certainement plus probable[1].
Aucun aménagement spécifique de type niches n’est visible à l’intérieur[1].
Le nuraghe
Le nuraghe est aujourd’hui complètement enseveli sous un énorme amas d’éboulis qui dissimule totalement les maçonneries conservées et ne permet aucune hypothèse sur l’ampleur des structures encore en place. On distingue çà et là quelques tronçons de mur, mais dans l’état actuel, il est impossible d'en comprendre le plan. Il est probable que l'utilisation de pierres de dimensions relativement modestes ait été la cause principale de l’effondrement du nuraghe. En continuant vers le bord oriental du col, on peut observer les restes d’une muraille défensive au tracé rectiligne, dont il ne subsiste par endroits que quelques assises[1].
Temple « à mégaron »
Le temple fut fouillé en 1967 et son très bon état de conservation de l’édifice permet d’en comprendre aisément l’aspect originel. C'est une construction au plan sub‑rectangulaire, dont la maçonnerie du fond adopte un tracé arrondi, presque en abside. Il est divisé en deux parties nettement distinctes : un atrium et un corps principal renfermant une unique grande chambre[2].
L’atrium présente un plan irrégulièrement quadrangulaire : le mur de gauche en entrant est presque parfaitement rectiligne et perpendiculaire à la façade mais celui de droite suit un tracé curviligne, conditionné par la morphologie du terrain, et subissant la pression exercée par l’effondrement du nuraghe voisin, provoquant une dégradation des assises supérieures. À l’origine, les parois latérales de l’atrium devaient avoir la même hauteur que le corps principal de l’édifice ; on peut donc raisonnablement supposer qu’il était couvert par une structure en bois à double pente[2].
L’entrée est surmontée d’un long et mince linteau, lui‑même couronné par une large fenêtre de décharge. Au cas particulier, la maçonnerie ne devait pas atteindre une grande hauteur, probablement pas plus d’un mètre au centre de la façade et cette fenêtre de décharge, outre sa fonction architectonique, devait aussi servir d'aération et de source d’éclairage lorsque la porte était fermée. En franchissant l’entrée, on pénètre dans un très court passage formé par l’épaisseur des deux linteaux. Juste sous ces linteaux, dans les parois latérales, se trouvent deux petites niches rectangulaires semblables à celles observées à Albucciu, destinées à la fermeture de la porte en bois[2].

L’atrium et le couloir d’entrée sont dallés avec des blocs de granite soigneusement ajustés. Dans l’angle gauche de l’atrium, la roche naturelle affleure sur une certaine hauteur. Il est possible qu'elle fut volontairement laissée en place pour constituer une sorte de banquette, après nivellement des irrégularités de la pierre[2].
La grande chambre, qui occupe les deux tiers de la largeur de l’édifice, présente un plan sub‑rectangulaire aux angles arrondis. Une banquette assez haute est adossée au mur du fond, rectifiant sa concavité ; elle fut probablement construite pour accueillir des ex‑voto ou le symbole du culte. C’est à proximité de cette banquette que fut retrouvé le plus grand nombre d’éléments céramiques, parfois entiers mais le plus souvent complètement broyés par les racines d’un grand chêne‑vert ayant poussé à sa base. Le long du côté droit de la chambre, deux marches occupent la partie centrale du volume : il s’agissait peut‑être d’un siège pour l’officiant, tandis que les personnes admises à assister aux rites devaient prendre place sur les côtés, le long d’une marche plus basse. Une marche haute se trouve, près de la banquette, sur le côté opposé. Un foyer circulaire, constitué d’une série de petites dalles bien jointives liées par un mortier d’argile, est visible en position décalée par rapport au centre de la pièce. Quatre petites niches, deux sur le côté gauche et deux sur le côté droit, sont aménagées dans les parois de la chambre ; deux d’entre elles sont disposées symétriquement de part et d’autre de la banquette, peut‑être pour accueillir les objets du culte[2].
La couverture de la chambre, comme celle de l’atrium, était à double pente, avec une poutre faîtière sur laquelle s’appuyaient transversalement des petites poutres soutenant des branchages. Le sol le plus ancien est constitué d’un pavage de galets très régulier ; le plus récent, d’un sol en terre battue[2].
La fouille du temple mis en évidence, à l’intérieur de la chambre, deux couches archéologiques bien distinctes, séparées par une couche stérile, indice d’une restructuration partielle de l’édifice. Elles correspondent à deux phases de fréquentation : une phase plus ancienne, certainement liée au culte et une phase plus récente, témoignant d’une fréquentation sporadique de l’édifice. Le temple ne dut pas avoir une longue durée de vie, comme le montre la faible épaisseur des couches. Son utilisation dut être interrompue par l’abandon du site plutôt que par des événements destructeurs : aucune trace d’incendie ou de dévastation ne fut observée lors des fouilles ; de plus, les objets en bronze étaient totalement absents, probablement emportés au moment de l’abandon. La céramique retrouvée dans les deux couches archéologiques présente des caractéristiques communes. Elle correspond à des plats bas, des écuelles carénées et des vases biconiques. L'ensemble conduit à dater le monument du Bronze moyen[2].
Taffoni
Six sépultures en taffoni furent découvertes le long du versant oriental du mont, à demi dissimulées par la végétation dense. Il est probable que d’autres tombes soient encore cachées sur le versant escarpé de la montagne[2].
Notes et références
Annexes
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Bibliographie
- (it) Angela Antona Ruju et Maria Luisa Ferrarese Ceruti, Il nuraghe Albucciu e i monumenti di Arzachena, Sassari, Carlo Delfino Editore, coll. « Guide e Itinerari », , 107 p. (ISBN 88-7138-055-X), p. 60-66