Temple « à mégaron »

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Un temple « à mégaron » est un édifice sacré de la culture nuragique qui présente des affinités architecturales avec le mégaron mycénien.

Temple « à mégaron », temple A de Serra Orrios.

Dans la première moitié du XXe siècle lors de l’exploration de plusieurs villages nuragiques, une typologie particulière d’édifices cultuels, se distinguant par leur organisation planimétrique différente, fut découverte. La première découverte est due à l’archéologue Doro Levi, éminent spécialiste des civilisations égéo-orientales, qui, en mai 1936, entreprit des fouille, sur le territoire de Dorgali. Dans le village nuragique de Serra Orrios, comportant diverses cabanes circulaires dont l’entrée donnait sur une cour, Doro Levi identifie plusieurs bâtiments aux murs rectilignes dont la planimétrie lui rappelait celle des structures préhelléniques de type « mégaron ». Les édifices « à mégaron » de Serra Orrios sont définis par Levi comme de petits temples et décrits avec la terminologie en usage pour les temples grecs car il s’agissait en effet d'édifices alors inconnus dans la préhistoire sarde, pour lesquels aucune terminologie spécifique n’existait[1].

Datation et inventaire

En 1947 et en 1963, Giovanni Lilliu, considère le sacellum « à mégaron » comme « […] le transfert barbare d’une forme grecque, surtout dans la zone retirée des montagnes imprégnée d’archaïsme ». Dans une étude de 1967, Lilliu relie l’édifice à des modèles anatoliens et péloponnésiens du IIe millénaire av. J.-C., tandis qu’en 1980 il le juge « […] dérivé, bien que construit de manière autonome, des modèles de Troie II et VI, de Mycènes, Tirynthe et Pylos », et le situe chronologiquement à la fin de l’âge du Bronze (Helladique récent IIIB : 1340–1210 av. J.‑C.). L’archéologue Ercole Contu, dans un article de 1948 consacré au temple d’Esterzili, rapproche le monument des megara préhelléniques de Troie I‑B et du Péloponnèse et reconnaît dans ce type de temple une influence extérieure arrivée par la présence mycénienne en Sardaigne[2].

Les fouilles récentes ont démontré de manière indubitable que les temples à mégaron constituent une véritable expression architecturale de la période nuragique, sans exclure pour autant des influences directes du monde égéen oriental[3]. Un édifice avec abside et portique édifié à Sa Tumba (Serrenti) au Bronze final, est considéré comme le plus ancien exemple des temples in antis à cella[4]. De nombreux ex-voto, parfois en forme de nuraghe, et un abondant matériel cultuel ont fourni des éléments précieux pour situer chronologiquement les temples « à mégaron » entre le XIIe et IXe siècles av. J.-C.[3]

Le nombre de temple « à mégaron » recensés dans toute la Sardaigne est faible[5]. On connaît actuellement quinze temples partageant les caractéristiques planimétriques des deux petits temples de Serra Orrios‑Dorgali : le temple de Domu de Orgia (Esterzili), les deux temples de S’Arcu ’e is Forros (Villagrande Strisaili), ceux de Romanzesu (Bitti), le temple de Gremanu, celui de Sos Nuratolos (Alà dei Sardi), le temple de Predio Canopoli et celui d’Orconale (Norbello), tous fouillés[6].

La construction de temples « à mégaron » dans des habitats situés à proximité de cols montagneux et dans des zones riches en eau constitue un élément récurrent, commun aux sites de Gremanu-Fonni, Domu de Orgia, Sos Nuratolos-Alà dei Sardi, Romanzesu-Bitti et Sa Carcaredda. Elle révèle un choix stratégique délibéré de lieux dont l’économie, essentiellement pastorale, représentait la véritable richesse de ces territoires[7].

Architecture

Notes et références

Annexes

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