Le consensus de Jackson Hole est un consensus qui a émergé au cours des colloques de Jackson Hole[1]. Ces colloques, qui réunissent les dirigeants des banques centrales du monde entier, sont l'occasion de débats doctrinaux au sujet des politiques monétaires et des comportements qui doivent être adoptés par les autorités monétaires. L'expression de « consensus de Jackson Hole » semble apparaître pour la première fois dans un article d'Issing, en 2008[2],[3].
Le consensus de Jackson Hole repose sur la position défendue par Ben Bernanke et Mark Gertler dans un article paru en 1999. Selon eux, la politique monétaire n'a pas vocation à s'intéresser à la stabilité financière, dans la mesure où la banque centrale ne saurait juger si l'évolution du prix des actifs est le fait d'une déviation de la valeur fondamentale des actifs. En revanche, la banque centrale doit répondre à une évolution du prix des actifs si cette évolution laisse présager une modification des anticipations d'inflation de la part des agents économiques, car le maintien de l'inflation à un niveau stable et faible fait partie du mandat des banques centrales. Par conséquent, concluent-ils, « la politique [monétaire] ne doit pas répondre aux changements dans le niveau du prix des actifs, sauf dans la mesure où ces changements signalent un changement dans les anticipations d'inflation »[3].
Cette opinion partagée été argumentée par l'incapacité des taux directeurs dont la banque centrale a la maîtrise pour lutter contre les bulles financières, notamment eu égard aux dangers qu'une intervention intempestive peut poser sur la stabilité financière (volatilité exacerbée, endettement non maîtrisé, etc.)[4]