Contre-discours coranique

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Le contre-discours coranique (nom complet : « Contre Discours Rapporté Direct » (CDRD)) ou « rhétorique polémique » est une modalité rhétorique présente dans le Coran par laquelle la citation de divers opposants permet de défendre un point de vue au moins en partie contraire. L'étude de ces contre-discours permet de mieux cerner le contexte d'origine du Coran.

Plusieurs auteurs médiévaux se sont penchés sur les polémiques coraniques, en particulier al-Gazali, al-Ṭūfī et al Suyūṭī[1]. Les formes polémiques dans le Coran ont aussi été étudiées par A. Neuwirth et N. Robinson[1]. Parmi celles-ci, cette forme du contre-discours a été repérée comme typiquement coranique par Josef Van Ess en 1970[2]. Elle a été étudiée par Rosalind Gwynne Ward en 2004[3] puis par Mehdi Azaiez[4] dans le cadre de sa thèse sous la direction de Claude Gilliot[2].

Ces polémiques montrent une capacité du texte coranique à mobiliser des ressources linguistiques et rhétoriques pour convaincre. Ces éléments ont, en particulier, été étudiés linguistiquement. À l'inverse, la tradition musulmane a développé de nombreux récits à caractère exégétique et hagiographique autour de celles-ci, "qu’une analyse critique issue de l’école orientaliste jugea rapidement fort suspecte"[1]. Cette approche apologétique reste prégnante dans les universités arabes[1].

Schéma littéraire

Cette forme rhétorique expose successivement un discours, appelé "contre-discours", et la réponse qui lui est faite. Elle peut être sous la forme yaqūlūnafa-qul (ils disent… dis-leur)[2]. Créant un antagonisme de discours, ce schéma "s’inscrit dans une question argumentative en vue de rechercher l’assentiment d’une personne que l’on vise à convaincre dans le cadre d’un conflit discursif"[2].

Cette forme rhétorique est présente dans 588 versets du Coran et 37 sourates n'en possèdent aucun[2]. Pour Azaiez, l'importance de ces polémiques augmente au fur et à mesure de la chronologie coranique, "comme si l’accroissement de ce contre-discours était le signe d’une opposition croissante au Coran lui-même"[2]. Il s'agit de l'un des genres les plus importants du Coran[1].

Alfred-Louis de Prémare dégageait cinq grands thèmes dans les polémiques coraniques « le messager n’est qu’un poète ou un devin possédé par son démon, le second déclare que le messager ne fait que transmettre des textes par les Anciens, le troisième réfute des thèmes doctrinaux tels que la résurrection individuelle, le jugement et le châtiment, le quatrième argue de la manipulation des textes de l’Écriture, le cinquième, enfin, souligne le caractère fragmenté et non unifié du texte ». Néanmoins, les réponses se ressemblent et sont généralement basées sur un argument d'autorité ou ad hominem[1].

Les passages coraniques utilisant cette forme rhétorique peuvent être divisés en trois groupes, ce qui évoque le temps passé ; le temps présent de Mahomet et le temps eschatologique. Ils représentent respectivement 37.5, 46 et 16.5%[1].

Approche du contexte d'émergence du Coran

La construction de l'opposant

Notes et références

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