Corruption au Brésil

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La corruption au Brésil nuit directement aux citoyens en réduisant les investissements dans des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation et la sécurité, aggravant ainsi les inégalités. Elle se manifeste souvent par le détournement de fonds publics vers des intérêts privés ou politiques. En , Transparency International a signalé un affaiblissement des institutions de lutte contre la corruption et des reculs dans ce domaine[1],[2].

Une forme courante de corruption au Brésil est le détournement de fonds publics par le biais de la surfacturation, souvent lié aux contrats avec des entreprises privées. La corruption touche aussi les forces de l’ordre, avec des cas fréquents de pots-de-vin et de subornation[3].

Des études menés par la Fundação Getúlio Vargas (FGV) estiment que la corruption coûte chaque année au Brésil entre 1 % et 4 % du PIB, soit plus de 30 milliards de reais. En 2010, une analyse de la Fiesp a évalué ce coût entre 1,38 % et 2,3 % du PIB. En 2013, une étude de la CNI a révélé que chaque real détourné entraîne une perte économique et sociale trois fois supérieure[4]. En 2013, une étude de la Confédération nationale de l'industrie (CNI) a montré que chaque real détourné par la corruption représente une perte de trois reals pour l'économie et la société[5].

L'opération Lava Jato est considérée par la police fédérale comme la plus grande enquête sur la corruption de l’histoire du Brésil[6]. Le département de la Justice des États-Unis a qualifié le scandale du groupe Odebrecht comme le plus grand paiement de pots-de-vin jamais enregistré dans le monde[7].

Cette enquête a révélé une corruption systémique intégrée au fonctionnement du pays. En 2015, un sondage Datafolha a identifié la corruption comme le principal problème du Brésil. En 2017, les pertes dues aux détournements depuis 2013 étaient estimées à près de 123 milliards de reais[8],[9],[10],[11].

Selon Fernando Filgueiras, la tolérance à la corruption au Brésil ne découle pas d’un défaut moral ou d’un culte de l’immoralité, mais d’une stratégie de survie dans un contexte de besoins matériels[12]. Le népotisme aurait existé dès l’arrivée des Portugais, comme en témoigne la lettre de Pero Vaz de Caminha au roi Manuel Ier, demandant une faveur pour son gendre. Face aux défis de la gestion d’un territoire éloigné, la couronne portugaise a relâché sa vigilance, créant un climat propice à la corruption. Dès le XVIIe siècle, le père Antônio Vieira dénonçait déjà ces abus dans son Sermão do Bom Ladrão[13],[14],[15].

Périodes

Index et statistiques

Notes et références

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