Flocon de Koch
courbe fractale
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La courbe de von Koch ([fɔnˈkɔkː]), ou plus simplement courbe de Koch[1], est l'une des premières courbes fractales autosimilaires à avoir été publiée dans une revue scientifique, bien avant l'invention du terme « fractal » par Benoît Mandelbrot. Elle a été inventée en 1904 par le mathématicien suédois Helge von Koch[2].
Elle est à la base de la courbe du flocon de neige de von Koch, ou plus simplement flocon de Koch, dont l'inventeur semble être le mathématicien Edward Kasner[3].
Courbe originale de von Koch


On peut la créer à partir d'un segment de droite, en modifiant récursivement chaque segment de droite de la façon suivante :
- On divise le segment de droite en trois segments de longueurs égales.
- On construit un triangle équilatéral ayant pour base le segment médian de la première étape.
- On supprime le segment de droite qui était la base du triangle de la deuxième étape.
Au bout de ces trois étapes, l'objet résultant a une forme similaire à une section transversale d'un chapeau de sorcière.
La courbe de Koch est la limite (par exemple pour la distance de Hausdorff) des lignes polygonales obtenues lorsqu'on répète indéfiniment les étapes ci-dessus.
Une extension de la notion de dimension permet d'attribuer à la courbe de Koch une dimension fractale (non entière) dont la valeur est[4],[5],[6]
La courbe de Koch a une longueur infinie. En effet, en supposant que la courbe ait une longueur finie L>0, celle-ci serait supérieure à la longueur de chacune des lignes polygonales obtenues à chaque étape de la construction de la courbe. Or la longueur de ces lignes tend vers l'infini, parce qu'à chaque étape de construction de la courbe, la longueur de la ligne polygonale est multipliée par 4/3>1.
La surface délimitée par la courbe et sa base est cependant d'aire finie, car contenue dans le demi-disque dont le diamètre est le segment initial. Si l'on a choisi l'unité d'aire de telle sorte que le triangle construit à la première itération soit d'aire 1, alors l'aire de chacun des quatre triangles construits lors de la seconde itération est 1/9 : on a donc augmenté l'aire totale de 4/9. Pour l'itération , on ajoute . L'aire totale s'obtient finalement comme somme d'une série géométrique convergente :
- .
La courbe de Koch est un exemple particulièrement simple à construire de courbe de Jordan continue mais qui n'admet de tangente en aucun de ses points.
On peut considérer la courbe de Koch comme l'attracteur d'un système de fonctions itérées, ce qui permet de prouver par exemple que c'est un compact autosimilaire de [7].
Courbe du flocon de neige de von Koch

La courbe du flocon de neige de von Koch, ou courbe du flocon de Koch, s'obtient de la même façon que la courbe précédente, mais en partant d'un triangle équilatéral au lieu d'un segment de droite, et en effectuant les modifications en orientant les triangles vers l'extérieur. Pour un triangle initial (étape 0) de périmètre , le périmètre du flocon à l'étape est .
On peut aussi partir d'un hexagone régulier, et opérer en orientant les triangles vers l'intérieur. Dans les deux cas, après quelques itérations on obtient une forme évoquant un flocon de neige.
Comme la courbe originale, la courbe du flocon de Koch est de longueur infinie, mais elle délimite une surface d'aire finie. Celle-ci est égale aux 8/5 de l'aire du triangle initial ; en effet, à la première étape, on ajoute 3 triangles d'aire égale à , donc d'après la formule vue plus haut, .
Anti-flocon de Koch

Pour construire un anti-flocon de Koch, comme pour le flocon de Koch, on part du triangle équilatéral, mais les trois côtés sont remplacés par trois courbes de Koch pointant vers l'intérieur du triangle au lieu de l'extérieur. Son aire est car il faut soustraire la même quantité que celle ajoutée précédemment.
L'anti-flocon de Koch présente une figure fractale répétée à l'infini, dont les aires diminuent selon une progression géométrique de 1/9[Quoi ?].
Contrairement au flocon de Koch et au siamois de Koch (voir infra), l'anti-flocon de Koch possède une propriété d'autosimilarité : il contient une copie réduite d'un tiers de lui-même (raccourcir d'un tiers les trois bras en partant du centre)[8].
Siamois et anti-siamois de Koch


Pour obtenir le siamois de Koch, une variante du flocon de Koch, on part de deux triangles équilatéraux ayant un côté commun que l'on élimine, obtenant ainsi un losange. On remplace ensuite les côtés par des courbes de Koch orientées vers l'extérieur. Cette figure a la forme d'un flocon de neige allongé, correspondant à la fusion de deux flocons en un seul, d'où l'appellation flocon siamois de Koch.
Le périmètre de cette figure, étant composé de courbes de Koch, est infini. Son aire est en revanche : . En fait, à l'aire du losange, égale à celle de deux triangles équilatéraux, il faut ajouter, pour chacun des quatre côtés, l'aire excédentaire, qui, comme vu précédemment, est de pour chaque côté.
En partant de ce même losange et en entrelaçant les quatre côtés intérieurement, on obtient l'anti-siamois de Koch. La même figure fractale que dans l'anti-flocon de Koch est répétée trois fois dans les trois branches, pivotées de 120 degrés et se rejoignant au centre. Le périmètre est infini et l'aire est
Si, en revanche, on entrelace les quatre côtés du losange, à la fois intérieurement et extérieurement, on obtient un siamois contenant son anti-siamois ; une figure qui illustre la propriété de siamois de pouvoir se décomposer en une infinité de copies de lui-même[8].
Pavages
Il est possible de paver le plan uniquement en utilisant des copies du flocon de Koch de deux tailles différentes. Le flocon de Koch est un reptuile d'ordre 7 : il peut se décomposer en sept copies semblables à lui-même, dont l'une a une surface trois fois plus grande que les six autres[9],[10],[11],[12].
- Pavage du plan par des flocons de Koch.
- Animation montrant la décomposition en 7 flocons
Bonhomme de neige
Pour obtenir le bonhomme de neige, on part d'un losange dont un angle aigu mesure 60 degrés et un angle obtus 120 degrés. Les huit moitiés des quatre côtés sont remplacées par des courbes de Koch: les moitiés adjacentes à l'angle aigu sont externes, tandis que les autres sont internes. La figure résultante est le bonhomme de neige, qui a la même aire que le losange initial et toutes les transformations suivantes. En fait, les quatre substitutions externes ajoutent la même aire que les substitutions internes. Le bonhomme de neige pave le plan de figures identiques, de la même manière que le losange. Le bonhomme de neige de Koch peut être décomposé en trois flocons : deux petits et un grand. Cela s'explique par le fait que le losange peut être décomposé en un hexagone régulier avec deux triangles équilatéraux adjacents à deux côtés parallèles opposés. En reliant les triangles extérieurement, on obtient les deux petits flocons ; en reliant l'hexagone intérieurement, on obtient le grand flocon[8].
- Le bonhomme de neige,
- cassé en trois flocon,
- brisé en neuf flocon,
- brisé en siamois en nombre infini.
Pavage de bonhommes de neige et de flocons
Si vous remplacez les éléments d'un bonhomme de neige par des flocons dans un pavage de bonhommes de neige du plan, vous obtenez des pavages avec des flocons de différentes tailles.
- Pavage avec des bonhommes de neige
- Des bonhommes de neige aux flocons
- Flocons de deux tailles
- Flocons animés
Pavage siamois
On peut les obtenir de différentes manières, mais les dimensions des pavages siamois sont infinies et décroissent selon une progression géométrique[8].
Variantes de la courbe de von Koch
Variantes utilisant un rapport égal à racine de trois
Un algorithme non conventionnel de génération de la courbe de Koch met en évidence le lien étroit entre celle-ci et d'autres courbes plus ou moins connues[13].

En remplaçant récursivement un segment par deux segments formant un angle de 120 degrés, comme illustré, on obtient trois courbes. Dans les dernières cases de chaque ligne, les courbes se répètent de part et d'autre du même segment de deux manières possibles. Sur la première ligne, on obtient la courbe de Koch et, verticalement, l'anti-siamois. Sur la deuxième, la courbe du terdragon et le terdragon. Sur la troisième, on obtient la courbe du lépidoptère, puis le terpapillon, dont les propriétés sont très similaires à celles du terdragon, et le papillon de nuit[13].
Autres variantes
Suivant la méthode de von Koch, plusieurs variantes ont été conçues, en considérant des angles droits (quadratique), d'autres angles (fractale de Cesàro) ou des extensions dans les dimensions supérieures (sphereflake, surface de von Koch).
| Variante | Illustration | Construction |
|---|---|---|
| 1D & angle = 85° | La fractale Cesàro est une généralisation de la courbe de Koch avec un angle compris entre 60° et 90° (ici 85°). | |
| 1D & 90° | ||
| 1D & 90° | ||
| 2D & triangles | ||
| 2D & 90° | Les trois premières étapes. | |
| 2D & 90° | Les trois premières étapes. | |
| 2D & sphères | Eric Haines a développé la fractale sphereflake (litt. flocon de sphère), extension du flocon de Koch, construite à base de sphères. |
Image par une inversion
Lorsque l'on applique une inversion à un flocon de Koch dont le centre d'inversion est le barycentre du flocon, on obtient des figures semblables aux suivantes :
- Image du flocon de Koch centré en O par une inversion de centre O.
- Détails de l'image ci-contre.









