Couronnement de Roger II de Sicile
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Le couronnement de Roger II de Sicile est une cérémonie d'investiture qui eut lieu le pour marquer la fondation du royaume de Sicile. Après s'être vu reconnaitre un titre royal par l'antipape Anaclet II, le nouveau roi décide d'organiser plusieurs cérémonies d'acclamation et un couronnement, le tout afin d'assurer la légitimation de son pouvoir.
La cérémonie fut perpétuée par les successeurs de Roger II.
Contexte
Sur les conseils de ses proches, et notamment de son oncle Henri del Vasto[1], le comte de Sicile et duc d'Apulie Roger II assemble ses vassaux et les ecclésiastiques de son territoire pour que lui soit reconnu un titre royal. Avec un appui unanime, il se revendique roi de Sicile (rex en latin, ῥὴξ en grec, et malik en arabe)[2]
Le , il profite de la lutte intestine entre le pape Innocent II et l'antipape Anaclet II pour obtenir la reconnaissance de ce titre et ainsi asseoir sa légitimé sur les territoires qu'il contrôle[3]. Bien que cet acte contredise les vieilles traditions de la diplomatie vaticane (en défaveur de la présence normande dans le sud de la péninsule)[4], Anaclet II accepte de reconnaitre le titre royal dans un privilège du [5]. En échange, Roger II devait l'aider à s'établir durablement sur le trône de Saint-Pierre, verser un tribut annuel de 600 schifati et jurer hommage et fidélité à la papauté[6].
Révisant le privilège accordé par Anaclet[7], la paix de Mignano et le traité de Bénévent obtenus après plusieurs décennies de luttes, reconnaissent le titre de "roi de Sicile, du duché d'Apulie et de la principauté de Capoue"[8].
Cérémonie
L'ordo de la cérémonie suivait les grandes lignes des couronnements impériaux, mais moyennant quelques aménagements d'inspiration byzantines[9] ou autres[10]. Nous ne savons cependant pas si le couronnement de Roger II suivit ce programme[11].
Tout commençait par une procession du roi accompagné de tous les personnes importantes du royaume[12] jusqu'à la cathédrale de Palerme. Une fois installé, un évêque implore Dieu pour que Son serviteur, à savoir le roi, préserve l'intérêt général. Celui-ci se dépouille alors de ses insignes royaux et, aux environs de l'autel, s'allonge en formant une croix sur le sol avec d'autres prêtres. Après s'être relevé et avoir juré d'effectuer ses tâches de protecteur de l'Église et des libertés, le roi est oint[13] (privilège réservé à très peu de souverains) et les dignitaires lui remettent le sceptre et l'orbe, emblèmes de souveraineté de la Sicile normande[14]. Le roi est ensuite couronné par un archevêque avant que ne soit jouée la messe du couronnement et un Te Deum.
Dans le cas de Roger II, l'onction et la consécration furent réalisées par Cosme, cardinal de Saint-Sabine et envoyé d'Anaclet II[15], tandis que la couronne fut supportée par le prince de Capoue Robert II[16]. Certaines sources évoquent aussi un autocouronnement, mais il est peu probable que ce fut le cas [17]. Le privilège d'Anaclet permettait toutefois aux successeurs de Roger II de choisir parmi tous les archevêques de Sicile pour la réalisation de leurs futurs couronnements[7].
Couronnements ultérieurs
La cérémonie de couronnement se perpétua pour les rois de Sicile. Ils étaient d'ailleurs les seuls, avec ceux de Jérusalem, de France et d'Angleterre, à être couronnés[18].
- Mosaïque du couronnement de Guillaume II de Sicile, le 17 mai 1166
- Miniature du couronnement de Manfred Ier, en 1258
- Eluminure du couronnement de Charles Ier, en 1266
